Eugène Thiébault, Henri Robin et son spectre, 1863.
Parmi les articles de Laurent Tailhade non repris en volume, nous découvrons celui-ci, paru dans Le Petit Niçois, le 14 janvier 1916 :
Le Carnaval de l’au-delà
« Se peut-il, en vérité, monsieur, que l’on soit manichéen ? » demande avec politesse, dans je ne sais quel dialogue de Voltaire, un précurseur du divin Jérôme Coignard.
« Se peut-il que l’on soit manichéen » ? Certes et, tout de même, cathare, hussite, iconomaque ou patarin. Paris fourmille d’anabaptistes. La province abonde en disciples de Jansénius et Joris-Karl Huysmans (qui fut, de son vivant, un surprenant imbécile par la grâce de Dieu), croyait dur comme fer aux prêtresses lucifériennes. Il faisait même, dans ses jours d’expansion, voir à ses intimes des poils arrachés à l’Esprit des Ténèbres… On cite des ferblantiers préadamites et des concierges qui, non contents de donner le cordon, prolongent au vingtième siècle les erreurs de Nestorius. Les Eglises en chambre foisonnent comme les hannetons au mois de mai. Le boudhiste du cinquième a pour voisin le raskolnik d’en face. et, quand M. Jules Bois, de la Scandinavie à l’Equateur, ne commivoyage plus, représentant la littérature française, il condense, résume et centralise chez soi les cultes mineurs, les dogmes itinérants, les mystères de troisième classe, et généralement tout le divin que les « five o’clock » ésotériques ont, depuis quelques ans, mis à la hauteur des pêcheresses très mûres.
Ce quidam, assis près de vous, dans le métro, assume à bon droit le nom d’epopte. Il reçoit directement l’influx, tantôt de l’erdgeist, tantôt du Paraclet. Car il est — sauf respect — camarade comme cochon, avec la Troisième Personne et les Puissances Elémentaires.
Cet autre, que vous bousculez près de l’ascenseur, vit dans la lumière du Troisième Appartement, comme un poisson dans l’eau. Tel employé du gaz entretient le double de Jeanne d’Arc ou l’esprit d’Ezechiel, habitués l’un à l’autre de sa chaise percée : item, de Spinoza, de Marc Aurèle, d’Offenbach, de Cora Pearl, d’Ossian et de Schopenhauer, qui préfèrent quant à eux, discourir dans la porte du buffet.
Il y a quinze ans, M. Fabre des Essarts, en religion Synésius, évêque de Monségur, primat des Gaules, pontife de la Gnose, vêtu d’andrinople et mitré de calicot, célébrait, avec beaucoup de dignité, au cinquième étage, les offices albigeois, comme à la belle époque des comtes Raymond, du roi en Peyre et de la vigoureuse Toulousaine qui « descluqua » [?] Montfort.
Depuis le culte du père Loyson, situé rue d’Arras, dans un rez-de-chaussée, au fond de la cour, à gauche, et faisant face au petit endroit, jamais religion excentrique ne fit paraître autant de dignité. Monsieur Henry Austruy, directeur de la Nouvelle Revue, garde souvenance, peut-être, des messes albigeoises, de la dalmatique et du surplis que jadis il revêtait […] de prendre part, en qualité de diacre ou d’acolyte, l’hérésie en chambre du vénérable Synésius. Nul ne portait, avec plus de sérieux qu’Henry Austruy, le harnais du carnaval mystique, toute galéjade ayant pour condiment essentiel une parfaite gravité.
Voilà, certes, de belles choses. Mais, direz-vous, pour accéder moi chétif, à la « science maudite », pour entrer dans le sanctuaire et prendre place à l’Orient, il me faudrait recommencer la vie et travailler comme un boeuf sur des choses ardues. « Ad augusta, per angusta ». L’Art est long, le Temps est court. Et j’en suis encore, hélas ! en fait d’occultisme, à Mathieu de la Drôme. Ah ! bonne gens ! ne prenez cure de ces bagatelles. A part quelques faquins qui s’amusent à étudier, les adeptes font profession d’une aimable ignorance. Voltaire les eût qualifiés d’ « apédeutes ». Exception faite de quelques rares esprits tels Eliphas Lévy, Barlet, Guaita, Papus, quelques autres vivants, dont les noms viennent aux lèvres, telles aussi les aimables femmes, que Nice a faites siennes et dont le cénacle très amène, reste avant tout un salon, combien, parmi les mages, les prophètes, les théosophes contemporains savent lire couramment ou mettre l’orthographe ? Tel qui, le soir venu, apprend aux vieilles demoiselles, en mal de spiritisme, « un frisson nouveau », et des pamoisons inédites n’aurait pas la culture suffisante pour vendre au « Bon Marché », des gants ou des voilettes. Celle-ci rendrait, pour la bêtise, des points à un ténor ! Celui-là s’informe avec ingénuité, de ce que fut Jean Tritême. L’un insiste pour qu’on le présente à Paracelse ou tout au moins au baron Dupotet.
L’autre, pourvu de toupet sinon de jugeotte, palabre, touchant les visions de Ruysbroek et autres idiots mystiques. Il cite Maeterlinck, le Shakespeare de Gand, tout pêle-mêle avec les « Centuries de Nostradamus », le « Marteau des Sorcières », et tout ce qui s’en suit. Il « dissout et coagule ». Mais il prononce « ormoire », et fait en parlant, des cuirs susceptibles de chausser toute une armée.
Les vieilles biques, sous l’influence de la Lune, les demoiselles romanesques dont la jeunesse remonte au Septennant, les riches étrangères copieuses en roubles, en dollars et en mois de nourrice, demandent aux arrivistes du Plan-Astral quelques émotions fortes. Aux fantômes quels qu’ils soient, eoliens ou sataniques, elles préfèrent le plus massif des muletiers. Leur « professeur d’énergie », s’il prétend réussir, est tenu d’enseigner sous la courtine, de développer, en tête à tête, le mérite de sa vertu. A parler franc, l’état de mystagogue n’a d’intellectuel que la façade : le domino spiritualiste habille communément un robuste garçon, lequel deviendra, pour ces biques en amour, un secrétaire compliqué de masseur, un homme de compagnie, hélas ! dont la tâche nocturne comprend quelques besognes plus harassantes que l’évocation des esprits.
L’ignorance de la confrérie occulte prend quelque fois une tournure drôlatique.
Un jour, peu de temps avant la guerre, dans la salle de travail, à la Bibliothèque, un personnage m’aborde, comme je me levais, pour consulter le Brunet :
— Monsieur, je vous vois souvent ici. Permettez à un travailleur aussi, de vous demander une précision et, peut-être, un conseil.
— Monsieur, je vous écoute.
— Voilà. Dans un ouvrage cabalistique, je viens de lire ce que l’auteur nomme « La Vision d’Ezechiel ». Des os blanchis sur une plaine morte. Le silence. Le froid. Le néant. Soudain, un ouragan s’élève. La plaine reverdit. Les os morts se reforment en squelettes humains, bientôt revêtus de chair et vivifiés par la roua’h des Elhoïm. Pourriez-vous me dire où se trouve l’original de cette vision d’Ezechiel ?
— Mais dans le livre d’Ezechiel, n’en doutez pas un seul instant.
— Et le livre d’Ezechiel lui-même ?
— Dans la Bible, mon cher Monsieur. Vous en avez une traduction juive de Cahen, une autre huguenote d’Osterwald ; celle de Lemaître de Sacy est janseniste, celle de Ledrain, scientifique.
— Monsieur, vous possédez une érudition énorme.
— Ceci est un madrigal. Mais, érudit ou non, ce n’est pas en vous disant ceci que je vous baille le moindre gage de savoir. Cependant, puisque vous êtes embarrassé, je crois que la « Bible » de Sacy, à la portée du public, étanchera votre soif de connaître. Voici le casier G. Voici l’in-folio. Et, tenez ! lisez vous-même le chapitre VI. Vous y trouverez votre vision.
— Je suis confus de vos bontés. Pourrai-je, monsieur, connaître votre nom ?
— Laurent Tailhade, pour vous servir.
— Laurent Tailhade !!!! Le révolutionnaire !
— Révolutionnaire, je ne sais, mais fort à votre service, en tout cas.
Je remarquais, tandis qu’il me parlait, que le quidam, noir de peau, noir de cheveux et d’habit, l’était pareillement de crasse, qu’il avait l’ongle en deuil, la chemise obscure, le faux-col isabelle, posé directement sur la chair, l’allure minable et délibérée en même temps, comme il sied à un prophète qui couche dans les asiles de nuit.
— Quoi qu’il en soit, monsieur, je vous suis infiniment obligé. Pour moi, je viens des ducs de Montebello. Cependant ma famille m’a coupé les vivres ; c’est pourquoi je ne suis pas heureux. Je tiens, néanmoins, à reconnaître votre courtoisie. Avant une semaine, je vous enverrai un esprit.
— Voilà certes, une bonne idée, et vous m’en voyez tout à fait ravi. Un esprit ! Je compte, dès sa première visite, lui emprunter de l’argent ».
Depuis ce dialogue, je n’ai pas eu la moindre nouvelle de mon apprenti sorcier. Il ne m’aura pas trouvé sérieux.
La première exposition de la C.A.P.U.T., Les Immatures, se tiendra chez Cynthia 3000 du 4 septembre au 20 octobre et présentera une trentaine d’oeuvres issues de la collection : représentations de l’enfance, oeuvres à la manière enfantine, oeuvres d’enfants.
Vernissage le 4 septembre à 18h30 avec lectures, récitations, chaises musicales, guignols, (caram)bar (bouteilles bienvenues), chez Cynthia 3000 - 5, rue du Bauchet - 51470 Saint-Memmie.
Puis visite sur rendez-vous jusqu’au 20 octobre (contactez-nous par téléphone au 09.52.49.79.81 ou par mail: cynthiatroismille@yahoo.fr).
N° HM-05. Oeuvre découverte le 19 juillet 2009 à Louette-Saint-Denis.
Peinture sur bois fixée sur une maison.
Il y a un peu plus d’un an, nous faisions, dans les Ardennes, une petite excursion dont certains arrêts furent inspirés par les apparitions artistiques des bords de routes :
La journée du 19 juillet 2009 devait se conclure par la découverte d’une nouvelle oeuvre, à Louette-Saint-Denis, alors que nous nous rendions à Louette-Saint-Pierre pour y passer la nuit (au très bon hôtel La Tomberelle) : une sirène boulotte, en amazone sur un hippocampe, ornant la façade d’une maison.
N° HM-06. Oeuvre découverte le 20 juillet 2009 à Givet.
Panneaux de clôture peints.
Nous quittâmes, le lendemain, les environs de Gedinne pour nous diriger vers Dinant. A l’entrée de Givet nous repérâmes, délimitant un très petit jardin, deux panneaux de clôture décorés. Le premier dépeignait, dans un style naïf, une scène de pêche, clair obscur et coucher de soleil chatoyant. Le deuxième, sylvestre, montrait deux cerfs au bord d’un étang.
Exposées en plein air depuis longtemps, les oeuvres étaient dégradées - particulièrement la deuxième, délavée, à la limite de l’effacement.
L’effet produit par l’usure est assez curieux. La disparition de certaines teintes produit des motifs singuliers, accentue des découpes, dérange la perspective et tire finalement la scène vers l’irréalité, voire le fantastique.
Attirée hors de chez elle par notre présence, l’habitante des lieux vint nous parler. Surprise et visiblement touchée par notre intérêt, elle répondit très gentiment à nos questions : l’auteur de ces peintures était un ami de la famille, qui travaillait également la ferronnerie. Aussi nous montra-t-elle un ouvrage en fer forgé qu’il avait également réalisé pour eux, et qui décorait la porte de sa maison.
Depuis quelques semaines, nos activités éditoriales et blogesques sont mises entre parenthèses : c’est que Cynthia 3000 déménage. Mais l’été devrait apporter quelques nouveautés…
Voici notre nouvelle adresse :
N° 155. Pièce acquise le 21 mai 2009 à Aÿ.
Huile sur carton.
Signée Francine.
1982.
46 x 55 cm.
Posé négligemment dans une grande caisse où se côtoyaient pièces de mécanique, revues techniques automobiles, articles de plage et de pharmacie, cet attendrissant portrait ne pouvait que rejoindre la C.A.P.U.T. Signé Francine, il nous fut vendu pour trois fois rien par la fille de l’artiste, qui tenait à se justifier de cette séparation par le manque de place et l’abondance de la production picturale de sa mère. Elle nous raconta que les toiles, dont elle s’était décidée à se défaire – essentiellement des nus, des portraits de proches ou de leur chien Zizou et, curieusement, quelques pièces abstraites (« faut aimer, hein » précisa-t-elle) –, ne trouvant nul acheteur en salle des ventes et n’intéressant pas les galeristes, partirent finalement pour de modiques sommes sur Ebay, à l’exception de celle-ci.
La profondeur de ces regards conjugués nous rappelle chaque jour que, décidément, entre l’art populaire, tel que celui que nous trouvons en brocantes, et le grand art muséifié, la frontière est inframince.
Voici un nouvel enregistrement d’une séance musicale avec Ben, dit Nako, et Yann.
Une improvisation de près de trente minutes sur un même rythme programmé. Cela commence par le chant d’un poème de Paul Eluard, « Les suites d’un crime », tiré du recueil Cours naturel (1938), avant de dériver vers des ambiances différentes (voir notamment aux alentours de 8′30", 12′30", 17′30", et enfin à 22′ où commence l’hymne pop de l’été).
N° 274. Pièce acquise le 26 juillet 2009 à Moslins.
Aquarelle sur papier.
Signée E. Charpentier.
50 x 32,5 cm.
Sur la petite place d’un petit village de la campagne sparnacienne, un petit manège diffuse un son horrible. Nous nous précipitons vers les derniers sandwiches merguez puis, en les consommant, nous commençons à inspecter les stands. Une peinture dans un beau cadre, sous verre, attire notre attention malgré son sujet rebattu : la C.A.P.U.T. a déjà plusieurs cerfs… Mais lui trouvant un certain charme, nous demandons à tout hasard son prix : 10 €, c’est malheureusement trop.
Plus tard, après avoir achevé le tour de la brocante et pendant que nous rejoignons notre voiture, nous décidons de faire demi-tour pour réexaminer cette peinture. C’est ainsi que nous remarquons que le cadre renferme, dépassant d’un demi-centimètre sous la peinture des cerfs, une autre aquarelle, détail qui nous incite finalement à l’achat, après petit marchandage.
Nous découvrirons avec ravissement que les cerfs cachent une biche d’une toute autre nature :
N° 275. Pièce acquise le 26 juillet 2009 à Moslins.
Aquarelle sur papier.
Signée E. Charpentier.
50 x 32,5 cm.
Moderne odalisque, cette jeune femme ne porte que les attributs de la beauté, de la lascivité et d’une condition qu’on imagine. L’épure et la linéarité de son corps tranchent avec l’aspect ornemental, saturé, du canapé, et son attitude apparaît aussi abandonnée, mais bien moins innocente, que celle de son charmant petit chien.
L’artiste est très certainement Eugène Charpentier, coloriste de profession qui utilisait la technique du pochoir (aujourd’hui délaissée, elle consistait en la mise en couleur manuelle à l’aquarelle, en série et à l’aide de caches, d’estampes destinées notamment à l’illustration de livres). A ce titre il a collaboré à de nombreux ouvrages, d’une manière souvent remarquable, avec des artistes tels que Joseph Hémard, Umberto Brunelleschi, ou Albert Dubout. On verra par exemple, sur le blog « Du livre considéré comme un des beaux-arts », son travail sur les belles illustrations de Gustave-Adolphe Mossa pour le Zadig de Voltaire.
Tentative de bibliographie des ouvrages
auxquels a collaboré Eugène Charpentier :
– Robert Bonfils, La Manière Française. Vingt images ou culs-de-lampe de l’auteur. Librairie Lutecia, 1916.
– Lover, Au moins soyez discret ! G. Crès, 1919. Dessins de Robert Bonfils.
– Voltaire, Zadig ou la destinée. Librairie des Amateurs A. et F. Ferroud, 1924. Illustrations de Gustave-Adolphe Mossa.
– Théophile Gautier, Le Capitaine Fracasse. Impr. Coulouma, 1927. Illustrations de Joseph Hémard.
– Emile Zola, Nana. Henri Jonquières, 1929. Illustrations de Chas-Laborde.
– Maurice Larrouy, Le Révolté. René Kieffer, 1929. Illustrations de Charles Fouqueray.
– Bret Harte, The Wild West, stories. Harrison of Paris, 1930. Illustrations de Pierre Falké. – Le Livre d’or de la Légion Etrangère. Marseille, 1931. Illustrations de Benigni.
– François Villon, Oeuvres. Gibert Jeune, collection Librairie d’amateurs, 1933. Illustrations de Dubout.
– Voltaire, Candide ou l’Optimisme. Gibert Jeune, collection Librairie d’amateurs, 1933. Illustrations d’Umberto Brunelleschi.
– Boccace, Le Decameron. 2 volumes. Gibert Jeune, collection Librairie d’amateurs, 1934. Illustrations d’Umberto Brunelleschi.
– Abbé Prévost, Histoire de Manon Lescaut et du Chevalier des Grieux. La Méridienne, 1934. Illustrations de Charles Martin.
– Joseph Hémard, Galerie des Belles Amours. René Kieffer, 1935. Illustrations de Joseph Hémard.
– François Rabelais, Gargantua. Gibert Jeune, collection Librairie d’amateurs, 1935. Illustrations de Dubout.
– François Rabelais, Pantagruel. Gibert Jeune, collection Librairie d’amateurs, 1936. Illustrations de Dubout. – Aucassin et Nicolette, chantefable du XIIIe siècle. Librairie Lutetia, 1936. Illustrations de Joseph Hémard.
– Maurice Tahon, Physiologie du contribuable. Kieffer, 1936. Illustrations de Dugo.
– La Fontaine, Contes et Nouvelles. Gibert Jeune, collection Librairie d’amateurs, 1938. Illustrations d’Umberto Brunelleschi.
– Honoré de Balzac, Les Contes Drolatiques. Gibert Jeune, collection Librairie d’amateurs, 1939. Illustrations de Dubout.
– Nicolas Boileau-Despréaux, Satire contre les femmes. Gibert Jeune, collection Librairie d’amateurs, 1939. Illustrations de Dubout.
– Willy et Colette, Claudine à l’école. Editions de Cluny, 1939. Illustrations de Mariette Lydis. – Les Petites Fleurs de Saint François d’Assise. Gibert Jeune, collection Librairie d’amateurs, 1942. Illustrations d’Umberto Brunelleschi. – Code général des impôts directs et taxes assimilées. Editions Littéraires, 1944. Illustrations de Joseph Hémard.
– Regnard, Satire contre les maris et Charles Perrault, Apologie des femmes. Gibert Jeune, collection Librairie d’amateurs, 1947. Illustrations de Clauss.
– Voltaire, L’Ingénu. Gibert Jeune, collection Librairie d’amateurs, 1948. Illustrations d’Umberto Brunelleschi.
– Casanova, Mémoires. Gibert Jeune, collection Librairie d’amateurs, 1955. Illustrations d’Umberto Brunelleschi.
Le texte ci-dessous rend compte d’une expérience que j’ai vécue, comme auteur, avec les directeurs d’une revue et d’une petite maison d’édition. Nous en témoignons ici car elle nous semble édifiante.
J – 28 (10/02/2010) :
Appel téléphonique de Samuel Lequette et Delphine Le Vergos, responsables des éditions Hapax et amis, qui me disent avoir découvert mon article avec d’autant plus d’intérêt qu’il touche à un sujet auquel est consacrée en partie leur prochaine publication : la polémique qu’a suscité l’article de Jacques Roubaud paru dans le Monde diplomatique. Ils aimeraient intégrer mon article à leur livre, avec, parmi d’autres signatures qui forment l’ensemble aujourd’hui publié, les articles de Christian Prigent, Jacques Roubaud et Sébastien Smirou (qu’ils n’arriveront pas à avoir pour des raisons diverses). Ils me demandent de retravailler mon introduction qui, évoquant des circonstances liées au réseau social Facebook, risque, selon eux, d’être peu compréhensible par tout le monde. J’accepte. Je leur propose d’ajouter quelques développements à l’article, mais leur délai n’étant que de trois jours (et de notre côté, avec Cynthia 3000, nous sommes en pleine préparation d’un nouvel ouvrage), je précise que je n’en aurai peut-être pas le temps mais qu’ils peuvent compter, au moins, sur la version avec introduction modifiée.
Aussitôt cet appel, ils m’envoient par mail les textes déjà rassemblés pour ce projet.
J – 25 (13/02/2010) :
La veille de leur rendre mon article avec les changements demandés, n’ayant pu m’y mettre suffisamment à cause de nos propres éditions, je téléphone pour leur demander si, à tout hasard, le délai ne pourrait pas être prolongé. Mais pas de réponse ni rappel jusqu’à
J – 23 (15/02/2010) :
Samuel Lequette me donne jusqu’au 17/02. Tant mieux, je pourrai sans doute développer certains points. Je ne suis pas le dernier : ils attendent encore un autre article.
J – 22 (16/02/2010) :
Manquant de temps, j’envoie la version minimale promise, avec en note finale la liste des points, ébauches de réflexions, qui auraient pu être développés.
Ce même jour, Hapax m’envoie un ajout de François Vaucluse à son propre article. Il comprend une reprise de la plupart des citations que je donnais de Bernard Heidsieck et de Jean-Pierre Bobillot, dont il tire quelques réflexions. Certes ce ne sont que quelques citations, qui ne m’appartiennent pas, mais je les ai choisies en lisant les Notes convergentes d’Heidsieck et l’étude de Bobillot sur Heidsieck. On met beaucoup de soi dans le choix. Je signale aux éditeurs d’Hapax que la moindre des choses, de la part de Vaucluse, serait de mentionner d’où il tire ces extraits : non des livres, mais de mon article. Je propose qu’au pire, si Vaucluse ne peut/veut l’indiquer, il faudrait placer, dans Disputatio XXI, son article après le mien, afin que ce ne soient pas mes citations qui aient l’air redondantes par rapport à celles de Vaucluse. Je ne reçois aucune réponse.
J – 20 (18/02/2010) :
Les éditeurs d’Hapax m’ont relu et proposent ce qu’ils appellent des « réglages » : ils trouvent à présent que mon texte est « assez peu immédiatement compréhensible pour qui débarque » et que « sa tonalité et son genre tiennent davantage du billet d’humeur que de l’article ». Ils invoquent, pour Disputatio XXI, la prise de distance, parlent de « cesser les chamailleries pour aller vers la critique ». M’est alors proposé d’en rester à l’essentiel (?) et suggéré de retirer « les attaques les plus directes contre Prigent », qui nuiraient à la portée de ma réflexion. Car, finalement, mon article, sorti « du contexte « sur le vif » du net reste trop proche du post » (?).
Je leur réponds que « sans les textes de Smirou et Roubaud, évidemment, la compréhension est moins facile (mais on s’aperçoit, de toute façon, que pour beaucoup – dont ceux qu’on pourrait croire les plus avertis – elle ne l’est pas plus avec les textes) » et que s’ils n’ont pas l’autorisation de les reproduire, c’est à eux de présenter le contexte de cette polémique. J’ajoute : « Je ne suis pas d’accord avec la différence que vous faites entre billet d’humeur et article. De quel genre relève le texte de Prigent, par exemple ?
Il est vexant que, finalement, malgré l’argumentation, la critique, l’interrogation, la mise en perspective, etc. de mon article – ceci dit sans grande prétention : on peut aller plus loin, évidemment, comme pour chacune des interventions, d’ailleurs –, vous n’y voyiez que « billet d’humeur » et « chamailleries » […] Si c’est vraiment ça, cela était visible à la première lecture et alors vous auriez dû me proposer autre chose – ou rien – plutôt que de reprendre tel quel mon texte avec simple changement d’introduction…
Bref, faudrait savoir !
Et faudrait savoir aussi ce que voulez faire avec Disputatio… […] Car outre le mien, vous avez aussi demandé le texte de Quintane et de Prigent. Leur auriez-vous finalement aussi demandé, comme pour le mien, de revoir leur copie ?
Votre projet que je ne comprends plus trop m’apparaît maintenant singulièrement paradoxal : rendre compte de polémiques – en y ajoutant, et c’est très bien, des réflexions plus distanciées ou neutres, dans un certain retrait –, permettre qu’elles continuent, mais vouloir en gommer l’une de ces fortes caractéristiques : l’humeur, le rentre-dedans, les « attaques directes », etc.
Suis-je « à côté de la plaque » ?
Malgré votre dédit, j’ai du mal à ne pas y voir un désir d’ « arrondir les angles ». S’agit-il de faire un objet qui ait une « tonalité » d’ensemble ? Dans ce cas, pourquoi m’avoir demandé ? Pourquoi avoir voulu les articles de Prigent et Quintane qui auraient dénoté aussi ? Le problème n’est-il pas plutôt que de cette polémique « smiroubaldigente » il ne resterait plus que mon texte, faisant à votre ensemble courir le risque d’une prise de position ? Quel objet lissé, loin des polémiques originelles, concevez-vous finalement ?
Quant au contexte « sur le vif », non seulement il y a des chances que dans la perspective d’une publication papier j’eusse écrit un texte sensiblement similaire (façon « post » ?), mais pourquoi « sorti du contexte » quand votre projet relevait aussi de la présentation de documents (de polémiques qui ont eu lieu sur le net) ? »
J – 19 (19/02/2010) :
Réponse d’Hapax :
Ils explicitent la différence qu’ils font entre billet d’humeur et article (le premier est « circonstanciel et animé », le second « dépasse l’anecdote pour se situer par rapport à l’histoire de la littérature ») et affirment que mon texte répond à une personne (sachant que j’avais entrepris sa rédaction suite à une discussion que j’avais eue, sur Facebook, avec Charles Pennequin) et que mes « attaques » peuvent « parasiter le propos ». Précisent que « les textes de Prigent […] et Quintane […] étaient à l’origine des polémiques et auraient été intégrés à l’ensemble en tant que documents témoins. Il n’y avait donc pas lieu de les réécrire, au contraire. », que Disputatio « n’est pas un projet polémiste » et que mes « attaques directes » sont « finalement les plus biaisées ». Enfin, à ma grande surprise, ils disent m’avoir, dès le départ, averti « d’un nécessaire remaniement du texte publié sur Cynthia 3000 ».
Ma réponse : « Vous m’avez proposé de reprendre mon article (ou disiez-vous déjà « post » ? je ne crois pas) avec des modifications sur ce qui concernait, dans son introduction, Facebook et Pennequin. Il n’a été question de rien d’autre, et certainement pas de le réécrire. Je vous aurais alors dit non : pas envie, ce que j’ai fait me suffit, et pas le temps de m’y consacrer (d’autant plus avec vos délais de quelques jours).
Mon texte n’est pas qu’une réponse à Pennequin, qui n’est qu’un prétexte, ou un élément très secondaire. Si j’avais voulu ne répondre qu’à lui, je l’aurais fait en privé ou, à la rigueur, sur son « mur » facebook. Croyez-vous que la lettre ouverte à Untel ne s’adresse qu’à Untel ? C’est ridicule. Et ça l’est d’autant plus si l’on considère vers quoi va mon texte dans sa seconde partie, loin de la réponse circonstanciée. Et ça l’est encore plus si on lit la version que je vous ai envoyée : il n’y a plus aucune mention de Pennequin ; le « lecteur qui débarque » sent-il que je m’adresse précisément à quelqu’un ? Cela m’étonnerait.
Mon article est circonstanciel (implication dans une polémique plus que réponse à Pennequin), animé (à la trappe les convenances ! surtout avec ce malotrou de Prigent), ET – bigre !, qu’en faire quand on est si systémique ? l’ignorer ? – se situe par rapport à l’histoire de la littérature. Votre catégorisation binaire ne tient pas la route.
Vous me dites maintenant que le ton de l’article peut « parasiter le propos », pourtant cela n’avait pas l’air de vous déranger quand on en parlait au téléphone… Et vous ne m’avez certainement pas demandé de corriger cela. Si vous m’aviez vraiment demandé de développer certains points, et que j’avais accepté, je l’aurais d’ailleurs fait sans rompre avec la tonalité qui vous gêne aujourd’hui.
Mais au fait, ces « attaques directes », quelles sont-elles ? A part, si l’on veut, deux formulations fortes comme « à côté de la plaque », « se vautrer »– toujours justifiées – et l’ironie de la dernière phrase, quoi d’autre ? Et quoi de biaisé ?
La teneur du projet telle que je l’entendais au téléphone la semaine dernière était un ensemble critique ouvert à la forme polémique. Ce que montraient autant la volonté d’insérer les autres articles polémiques que votre intérêt pour mon texte.
Décidément je ne comprends pas ce changement entre la demande originelle que mon texte fasse partie de l’aventure et les bémols que vous mettez maintenant, renversement qui fait passer votre demande pour une commande. »
Mon mail en croise un autre dans lequel Hapax me demande simplement : « Es-tu d’accord pour remanier ton texte en lui donnant une forme plus analytique ? »
Puis nouveau message de Samuel Lequette, précisant qu’ils ne remettent pas en cause la qualité de mon article, justifiant leur inconstance par manque de temps et concluant par une petit leçon d’éditeur, que j’ai depuis épinglée au-dessus de mon bureau : « Par ailleurs, j’en ai une petite expérience, il est fréquent et assez sain qu’un éditeur ose demander des corrections, des ajustements, des précisions, des coupes à ses auteurs, surtout dans le cas d’articles critiques. Il faut parfois écouter l’œil de l’éditeur, qui prend le temps de lire et d’apprécier ».
Aussi perplexe qu’agacé, je ne réponds pas.
J – 17 (21/02/2010) :
Retour d’Hapax : les éditeurs ont l’air de tenir à ma participation puisqu’ils renvoient mon article avec des suggestions de modifications, ajoutant « Si tu ne souhaites pas en tenir compte, libre à toi. »
J – 14 (24/02/2010) :
La plupart des suggestions de modifications portant sur des questions stylistiques ou lexicales, je décide de leur envoyer une version remaniée dans ce sens. Aussi, parce que, l’air de rien, je me suis impliqué pendant une dizaine de jours dans leur projet, au détriment d’activités importantes, et que cela m’ennuierait de l’avoir fait en vain. Cependant, je ne prends pas en compte les suggestions visant à adoucir quelques formules.
J – 10 (28/02/2010) :
Les éditions Hapax accusent bonne réception de la nouvelle version de mon article.
Les éditeurs communiquent autour de la publication à venir : le site Libr-critique annonce l’ouvrage, avec le sommaire, où mon nom apparaît.
J – 4 (06/03/2010) :
Les éditions Hapax me demandent, pour une bibliographie de fin d’ouvrage, les références des textes évoqués dans mon article, ainsi que ma bio-bibliographie.
Ils m’envoient aussi le bon à tirer, « pour ultime révision. »
J – 2 (08/03/2010) :
Le bon à tirer étant arrivé alors que nous fabriquions les exemplaires de notre dernier titre, j’ai un peu tardé à répondre.
Et puis les éditeurs d’Hapax n’ont pas pris en compte mon refus d’adoucir certaines formules. Il faudrait à nouveau s’expliquer là-dessus mais, basta !, finissons-en. Je propose tout de même encore quelques améliorations et un nouvel item à ma liste des réflexions qu’il serait intéressant de creuser.
J – 1 (09/03/2010) :
Hapax : « Nous prenons en compte tes corrections, et maintenons tes formules culottées. »
Jour J (10/03/2010) :
Publication, sur le site des éditions Hapax, de la version électronique de Disputatio XXI. Les éditeurs annoncent cette sortie par newsletter.
Je leur signale aussitôt un problème : en prenant en compte l’une de mes modifications, ils ont maintenu, dans le même paragraphe, l’ancienne version, ce qui crée une grosse répétition. Ils m’annoncent, dans les dix minutes, que c’est corrigé.
Je note aussi que, contrairement à ce qu’ils affirmaient la veille, ils n’ont pas maintenu mes « formules culottées »… Je n’en dis rien, tant pis.
J + 1 (11/03/2010) :
Le lendemain de la publication électronique, Fabrice Thumerel, participant au projet, annonce la publication de Disputatio XXI sur son espace Facebook et donne la liste des contributeurs : mon nom y est absent. Pensant à un oubli, je ne me formalise pas.
J + 2 (12/03/2010) :
Retournant sur le site d’Hapax, je remarque que, sur la page présentant le projet, mon nom est également absent. Surpris, je commence à parcourir Disputatio XXI et constate que j’ai disparu du sommaire, et mon texte de l’ensemble.
Je laisse un message sur leur espace Facebook : « Tiens, j’ai soudainement disparu du sommaire ?! » Message rapidement supprimé par les éditeurs, réédité par ma pomme, re-supprimé par les mêmes. Visiblement, ils ne veulent pas que ce problème soit soulevé en public…
Concomitamment, je leur adresse la même question par mail.
J + 3 (13/03/2010) :
Deux jours après mon éviction de Disputatio XXI, elle-même survenue le lendemain de sa parution électronique, je reçois une réponse, intitulée « Décision du comité de rédaction », qui m’annonce que « le comité de lecture a finalement décidé de ne pas publier ton texte dans Disputatio XXI. Une fois l’ensemble monté, il est apparu clairement que ton article entrait en contradiction avec notre projet : refléter la polémique tout en prenant du recul. Chose qui demande du temps (lequel t’a manqué) et du sang froid.
De toute façon, ton texte reste consultable sur Cynthia 3000 et Disputatio XXI y renvoie. »
Dans la foulée, je leur expédie : Quelques questions auxquelles j’aimerais que vous répondiez : – Quelles (nouvelles) personnes composent le comité de lecture pour Disputatio XXI ? – Comment expliquez-vous - éditorialement, éthiquement - que deux jours après publication électronique de Disputatio XXI avec mon texte, et annonce de sa sortie (entre autres par newsletter à diffusion forcément massive), une nouvelle version, privée de ma contribution (qui avait été demandée), remplace la précédente ? –« Une fois l’ensemble monté, il est apparu clairement… » : pourtant, le jour même de la première publication, c’est-à-dire après montage, vous preniez encore en compte des corrections que je vous soumettais. Est-ce à dire que vous avez publié un ensemble, et annoncé sa publication, sans le recul dont, d’autre part, vous vous réclamez ? – Comment expliquez-vous que mon texte, que vous dites en contradiction avec votre projet, ait pu pendant quasi un mois faire partie du projet - avec lecture, relecture, rerelecture, etc. et aménagements divers et concertés, jusqu’au BAT ? Comment se fait-il que la contradiction dont vous parlez n’ait pas été évidente avant publication ? – Comment justifiez-vous que je n’ai pas été prévenu du changement et que je m’en sois rendu compte tout seul ? – Comment se fait-il que votre réponse, que vous appelez « décision du comité de rédaction », à ma demande d’explication ne comporte aucune excuse ? – Pouvez-vous réaliser que le véritable temps manqué, perdu, c’est celui – non négligeable alors que vous saviez que j’étais pris par d’autres affaires – que vous m’avez pris, finalement pour rien ? – Où, à part dans le texte de Thumerel, est-il fait référence à mon texte, dont je ne vois aucune évocation ni dans le « Contexte » préliminaire ni dans la bibliographie ? – Quelle idée de l’édition, qui soit compatible avec de telles pratiques, vous faites-vous ? – Quelle idée de l’amitié, qui soit compatible avec de telles pratiques, vous faites-vous ?
Je m’aperçois que, dans leur précipitation, les éditeurs ont laissé quelques traces de ma présence dans leur projet :
– la page de Calaméo (site de partage qui leur permet de créer leurs livres électroniques) présentant l’ouvrage me nomme encore dans sa description.
– la bibliographie générale de fin d’ouvrage comprend encore les références de mon article disparu…
J + 4 (14/03/2010) :
Les réponses d’Hapax à mes questions n’ont aucun intérêt si ce n’est, par leur nature expéditive et leurs dérobades, ce qu’elles dénotent de foutage de gueule et d’hypocrisie. En effet, rien n’est expliqué du retrait de mon texte, après la mise en ligne de l’ensemble et l’annonce de sa parution ; rien sur le fait que je n’ai pas été prévenu ; rien sur l’absence d’excuses ; rien non plus d’une défense de l’édition qui intègrerait de telles pratiques ; quant à l’amitié, n’en parlons plus.
Au lieu de cela, m’est répondu :
– que le retrait aurait eu lieu plus tôt (le soir même de la mise en ligne) et que les lecteurs d’Hapax n’en auraient rien su (pourtant, j’imagine que je n’ai pas été le seul à cliquer sur le lien de leur newsletter) ;
– que c’était une décision difficile à prendre (j’ajoute : et à assumer, de toute évidence) ;
– que le fait que je m’en sois rendu compte deux jours plus tard « témoigne du manque d’intérêt que [je] porte à ce projet » (si je ne m’en suis pas rendu compte plus tôt, c’est que le lendemain de la publication, je suis allé lire d’autres contributions, et non la mienne, que je connaissais déjà) ;
– que je n’ai pas dû perdre beaucoup de temps puisque mes modifications à l’article initial sont minimes (est ignoré (intentionnellement ?) que j’avais proposé des développements et que si je n’ai pas eu le temps de les rédiger, j’y ai travaillé ; ne sont pas pris en compte tous les échanges décrits ci-dessus, prenants…).
Seule information intéressante de leurs réponses : le comité de lecture est composé « d’amis, d’écrivains et d’universitaires ». Je serais très curieux de savoir quelles personnes exactement composent ce « comité de lecture » et pourquoi il a surgi soudainement après bon à tirer et première mise en ligne, alors que je pensais n’avoir affaire qu’à Samuel Lequette et Delphine Le Vergos. On peut tout imaginer des commentaires qui ont conduit les éditeurs à se rétracter…
N° 165. Pièce acquise le 19 avril 2009 à Bezanne.
Huille sur toile.
Signée A. Vadorin.
1983.
41 x 31 cm.
Tout ce qui, à Châlons, se veut dynamique et dans le vent passe — à un moment ou à un autre — par le Sulky. Jus de fruit 2 F, Whisky 4 F, Champagne 25 F. Soirées dansantes (consommation comprise) : 8 F.
Lionel Chouchon, Guide de l’homme seul en province.
Tchou, 1970, p. 134.