par Cynthia 3000, le 6th January 2010
par Cynthia 3000, le 30th December 2009
Voici une galerie d’images présentant notre dernière publication : les Registres de l’hypnopompe I.
par Cynthia 3000, le 22nd December 2009

Sorties le 23 décembre 2009 :
5 cartes postales de la C.A.P.UT. (premier tirage de 25 ex.)
& les Registres de l’hypnopompe I
par Cynthia 3000, le 27th October 2009
Et hop, un nouveau titre sur www.myspace.com/radiocynthia3000 ! Toujours avec Nako, et l’ami Yann qui était de passage.
N’ayant dans nos poches qu’un des remarquables cahiers de Clément Maraud, ce sont Francis Jammes et ses ânes qui durent subir l’épreuve du chant. L’improvisation étant ce qu’elle est, le poème n’est chanté qu’à moitié, tant pis/mieux !
Musique : Yann, Ben et Grégory
Paroles : Francis Jammes
Voix : Grégory
Guitare : Yann
Effets électroniques, basse, voix : Ben
AVEC LES ÂNES
Lorsqu’il faudra aller vers Vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j’irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
car il n’y a pas d’enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai : Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui, d’un brusque mouvement d’oreille,
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles…Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
que j’aime tant, parce qu’elles baissent la tête
doucement, et s’arrêtent en joignant leurs petits pieds
d’une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J’arriverai suivi de leurs milliers d’oreilles,
suivi de ceux qui portèrent au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l’on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s’y groupent en ronds.
Mon Dieu, faites qu’avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l’amour éternel.
par Cynthia 3000, le 26th October 2009
Récemment, nous avons déniché un important lot de Détective — « l’hebdomadaire des secrets du monde » — des années 50. L’un des intérêts du journal en ces années est qu’en quatrième de couverture était souvent présenté un personnage singulier, entre autres par le couple Robert Giraud / Robert Doisneau. Nous comptions partager la page du n°521 (25 juin 1956) consacrée à Frédéric Séron quand, concordance !, nous nous apercevons avant-hier que Louis Watt-Owen, en sa Main de singe, offrait via l’I.N.A. un reportage sur cet artiste. Double coïncidence, hier, Le Sciapode mettait en ligne un article très documenté sur Séron.
par Cynthia 3000, le 22nd October 2009

Alechinsky, Tous les sept ans changeait de peau, 1967
« C’est à Milan que tu avais rencontré Asger Jorn ?
C’est ça, en 1956. C’est Baj qui me l’a présenté. Il m’a chargé de traduire son texte sur le Bauhaus imaginiste. J’ai eu la coquinerie que personne n’a remarquée de traduire Bauhaus imaginiste par Bauhaus imaginaire. Même Asger n’avait rien vu avant que je lui dise. Ca l’a fait éclater de rire parce que c’était juste dans un sens, mais un peu méchant. Je suis anti-expressionniste mais j’aimais beaucoup la peinture d’Asger. Je trouve qu’il possédait une sorte de génie d’invention qui manquait complètement à Appel, Corneille, Alechinsky et aux autres, que je considérais comme des cons.
Alechinsky est arrivé à la toute fin de Cobra.
Pratiquement deux jours avant la fin de Cobra. Je l’ai entendu plusieurs fois récemment sur France-Culture parce qu’il y avait une exposition à Paris et que c’était médiatisé à outrance. il se présentait pratiquement comme le fondateur de Cobra. Enfin il ne le disait pas, mais c’était comme s’il l’avait créé. Alechinsky a un style, une approche, un ton mais c’est toujours le même. C’est quelqu’un qui a trouvé un truc qui a bien marché et au lieu d’innover, il l’a répété comme un multiple. Il n’y a jamais de changement dans la production de l’oeuvre, dans l’approche, dans la conception, dans la couleur. Quand j’ai amené Asger à Londres, nous sommes allés à une exposition d’Alechinsky ou Appel peut-être, ça revient au même. il y avait une coquille dans le catalogue de l’exposition, une fausse date. Il était écrit qu’Alechinsky avait commencé à peindre en 1752 ou 1533, quelque chose comme ça. Asger s’est tué de rire. Il a dit : C’est vraiment lui ! Il a arrêté de peindre l’année d’après. Alechinsky, c’est de la lithographie répétée à l’infini. C’est ça que nous appelons l’artisme.
Alors parlons de l’artisme.
Le terme est de Michel Guet je crois. C’est dans ses écrits que je l’ai trouvé : un type découvre une idée-gadget, ça fonctionne dans le marché, et ça se répète à l’infini. C’est ainsi que je le conçois. Je trouve qu’il est tout à fait adapté et utile pour décrire ce que je vois de faux dans le marché de l’art. Quand on a trouvé une idée, au lieu de l’exploiter à outrance, il faut au moins en trouver une autre. Ce que Michel Guet a compris, c’est que dans le système spectaculaire et réducteur des marchands d’art dont les artistes sont complices, il fallait persévérer dans cette idée, être connu à travers elle et avoir une reconnaissance internationale à travers cette unique image. Un travail d’approche, de marketing comme on dit aujourd’hui, était indispensable pour se positionner dans le marché de l’art. Le mérite de Michel Guet est d’avoir trouvé le mot juste, d’en être le taxinomiste. »
« (…) L’opposition conséquente, dont nous avions dû reconnaître la nécessité à propos du néo-Bauhaus d’Ulm, s’est étendue durant ces années [1953-57] à l’ensemble du front culturel. Le compromis est partout impossible avec les éléments installés, parmi lesquels il faut ranger ceux qui considèrent qu’une seule nouveauté suffit dans la vie d’un homme et que, dès lors que l’on a eu quelque rôle dans son apparition, on peut vieillir avec. Ainsi l’espoir d’un regroupement de certaines personnes précédemment engagées dans une même recherche a été démenti par l’événement ; ce qui explique que des noms que nous rejetons aujourd’hui définitivement aient pu être cités avec confiance à tel moment de ces écrits. Des forces nouvelles surviennent toujours, qui nous justifient et nous aident à aller plus loin. Tant que l’on veut marcher, on n’est pas seul. (…) »

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