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Viennent de paraître :

image de Quelques lettres à Lord Jim - Dominique Meens - editions Cynthia 3000
Quelques lettres à Lord Jim
de Dominique Meens
18 €. 202 pages.
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image d'Au pays du mufle - Laurent Tailhade - editions Cynthia 3000
Au pays du mufle
de Laurent Tailhade
20 €. 146 pages.
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Également disponibles :

Triling - Jean-René Lassalle - editions Cynthia 3000
Triling
de Jean-René Lassalle
9 €. Portefolio, 9 dépliants. [ lire la présentation ]


image du Moulin à parôles nostalgiques - Mickaël-Pierre - editions Cynthia 3000
Le Moulin à parôles nostalgiques
de Mickaël-Pierre
10 €. 80 pages.
[ lire la présentation ]

image d'Omajajari - Collectif - editions Cynthia 3000
Omajajari
Collectif
25 €. 338 pages.
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image de Carnets d'un basedowien - Jean-Marc Baillieu - editions Cynthia 3000
Carnets d'un basedowien
de Jean-Marc Baillieu
12 €. 92 pages.
[ lire la présentation ]

image de Troublant trou noir - Grégory Haleux - editions Cynthia 3000
Troublant trou noir
de Grégory Haleux
7 €. 65 pages.
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image de IL*** - Léo d'Arkaï - editions Cynthia 3000
IL***
de Léo d'Arkaï - suivi de
Pillard d’Arkaï, bandit des terres
, par Gilles Picq .
6 €. 60 pages.
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Etant donnes - editions Cynthia 3000
Étant Donnés
de Céline Brun-Picard
& Grégory Haleux
9 €. 104 pages.
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Erotica, deuxieme exposition de la C.A.P.U.T. 
par Cynthia 3000, le 30th March 2011

 

Le vernissage de la deuxième exposition de la Collection de l’Art Populaire et de l’Underground Tacite aura lieu le 22 avril 2011, à partir de 18h30, chez Cynthia 3000 - 5, rue du Bauchet - 51470 Saint-Memmie.
Venez découvrir le versant érotique de la C.A.P.U.T. !
C’est l’occasion d’approcher le Nu sur divan d’Eugène Charpentier, la Sirène de Pat, les Trois Grâces et de découvrir une trentaine d’autres oeuvres.

Après le 22 avril et jusqu’au 22 juillet, les visites se font sur rendez-vous en nous contactant par téléphone au 09 52 49 79 81 ou par mail: cynthiatroismille@yahoo.fr.
 


Le travesti décoiffé (3) 
par Gregory Haleux, le 19th March 2011

 

à C.P.A.

 

un cerveau en commencement de siècle appelle
comme on parle la langue pâteuse
le revers des idées au travers des questions frontales
qui nous débordent en trompe-l’œil hors-champ
dans l’innommé : clôture littéraire, critique,
en recourant
ou pas, jamais autre chose qu’un ultime déboulonnage :
ce qu’il transcrirait, elle? l’a
récusé ou plus modestement figé
en mensonge de ces temps de pré-pensé ;
et l’invention qui s’en contente —
se contente d’une réduction et de techniques
d’épaississement — nonobstant le relégué vidé
à l’aube lactée, l’afflux
oblique, renâclant à la gestuelle,
désincruste le poète.


Les suites d’un crime 
par Cynthia 3000, le 29th March 2010

 

Voici un nouvel enregistrement d’une séance musicale avec Ben, dit Nako, et Yann.
Une improvisation de près de trente minutes sur un même rythme programmé. Cela commence par le chant d’un poème de Paul Eluard, « Les suites d’un crime », tiré du recueil Cours naturel (1938), avant de dériver vers des ambiances différentes (voir notamment aux alentours de 8′30", 12′30", 17′30", et enfin à 22′ où commence l’hymne pop de l’été).

 

 

Musique : Yann, Ben, Grégory et Céline
Paroles : Paul Eluard
Voix : Grégory, Céline et Ben
Guitare : Yann
Basse, programmation : Ben

 

LES SUITES D’UN CRIME

 

Un revolver une mort d’or
Un coup en pleine tête et je le croyais mort
Il n’était qu’étourdi

All right cria-t-il ouvrez la fenêtre

Je n’ai rien à apprendre
De la germination ni de la fin
Les fruits de mon jardin sont perpétuels
Et immangeables

Les mots la commune mesure
Entre les hommes les mots la vie

A la demande d’une Américaine de Paris

Je vous parlerai du mensonge
Qui interroge

Il est toute douceur et permanent
Il a un museau de singe servile
Des oreilles de renard

Un cadavre sur le trottoir
Montre du doigt le policier
L’ennemi définitif
Derrière la vitre des aveux

Derrière des diamants qui brûlent.

 


Disputatio XXI : comment j’ai perdu mon temps avec les éditions Hapax 
par Gregory Haleux, le 15th March 2010

Le texte ci-dessous rend compte d’une expérience que j’ai vécue, comme auteur, avec les directeurs d’une revue et d’une petite maison d’édition. Nous en témoignons ici car elle nous semble édifiante.

J – 29 (09/02/2010) :
Publication, sur ce blog, de l’article « La poésie, en petits carrés mangée aux mythes – ou les fictions de la modernité ».

J – 28 (10/02/2010) :
Appel téléphonique de Sibor et Bora, responsables des éditions Hapax et amis, qui me disent avoir découvert mon article avec d’autant plus d’intérêt qu’il touche à un sujet auquel est consacrée en partie leur prochaine publication : la polémique qu’a suscité l’article de Jacques Roubaud paru dans le Monde diplomatique. Ils aimeraient intégrer mon article à leur livre, avec, parmi d’autres signatures qui forment l’ensemble aujourd’hui publié, les articles de Christian Prigent, Jacques Roubaud et Sébastien Smirou (qu’ils n’arriveront pas à avoir pour des raisons diverses). Ils me demandent de retravailler mon introduction qui, évoquant des circonstances liées au réseau social Facebook, risque, selon eux, d’être peu compréhensible par tout le monde. J’accepte. Je leur propose d’ajouter quelques développements à l’article, mais leur délai n’étant que de trois jours (et de notre côté, avec Cynthia 3000, nous sommes en pleine préparation d’un nouvel ouvrage), je précise que je n’en aurai peut-être pas le temps mais qu’ils peuvent compter, au moins, sur la version avec introduction modifiée.
Aussitôt cet appel, ils m’envoient par mail les textes déjà rassemblés pour ce projet.

J – 25 (13/02/2010) :
La veille de leur rendre mon article avec les changements demandés, n’ayant pu m’y mettre suffisamment à cause de nos propres éditions, je téléphone pour leur demander si, à tout hasard, le délai ne pourrait pas être prolongé. Mais pas de réponse ni rappel jusqu’à

J – 23 (15/02/2010) :
Sibor me donne jusqu’au 17/02. Tant mieux, je pourrai sans doute développer certains points. Je ne suis pas le dernier : ils attendent encore un autre article.

J – 22 (16/02/2010) :
Manquant de temps, j’envoie la version minimale promise, avec en note finale la liste des points, ébauches de réflexions, qui auraient pu être développés.
Ce même jour, Hapax m’envoie un ajout de François Vaucluse à son propre article. Il comprend une reprise de la plupart des citations que je donnais de Bernard Heidsieck et de Jean-Pierre Bobillot, dont il tire quelques réflexions. Certes ce ne sont que quelques citations, qui ne m’appartiennent pas, mais je les ai choisies en lisant les Notes convergentes d’Heidsieck et l’étude de Bobillot sur Heidsieck. On met beaucoup de soi dans le choix. Je signale aux éditeurs d’Hapax que la moindre des choses, de la part de Vaucluse, serait de mentionner d’où il tire ces extraits : non des livres, mais de mon article. Je propose qu’au pire, si Vaucluse ne peut/veut l’indiquer, il faudrait placer, dans Disputatio XXI, son article après le mien, afin que ce ne soient pas mes citations qui aient l’air redondantes par rapport à celles de Vaucluse. Je ne reçois aucune réponse.

J – 20 (18/02/2010) :
Les éditeurs d’Hapax m’ont relu et proposent ce qu’ils appellent des « réglages » : ils trouvent à présent que mon texte est « assez peu immédiatement compréhensible pour qui débarque » et que « sa tonalité et son genre tiennent davantage du billet d’humeur que de l’article ». Ils invoquent, pour Disputatio XXI, la prise de distance, parlent de « cesser les chamailleries pour aller vers la critique ». M’est alors proposé d’en rester à l’essentiel (?) et suggéré de retirer « les attaques les plus directes contre Prigent », qui nuiraient à la portée de ma réflexion. Car, finalement, mon article, sorti « du contexte « sur le vif » du net reste trop proche du post » (?).
Je leur réponds que « sans les textes de Smirou et Roubaud, évidemment, la compréhension est moins facile (mais on s’aperçoit, de toute façon, que pour beaucoup dont ceux qu’on pourrait croire les plus avertis elle ne l’est pas plus avec les textes) » et que s’ils n’ont pas l’autorisation de les reproduire, c’est à eux de présenter le contexte de cette polémique. J’ajoute :
« Je ne suis pas d’accord avec la différence que vous faites entre billet d’humeur et article. De quel genre relève le texte de Prigent, par exemple ?
Il est vexant que, finalement, malgré l’argumentation, la critique, l’interrogation, la mise en perspective, etc. de mon article – ceci dit sans grande prétention : on peut aller plus loin, évidemment, comme pour chacune des interventions, d’ailleurs –, vous n’y voyiez que
« billet d’humeur » et « chamailleries » […] Si c’est vraiment ça, cela était visible à la première lecture et alors vous auriez dû me proposer autre chose – ou rien – plutôt que de reprendre tel quel mon texte avec simple changement d’introduction…
Bref, faudrait savoir !
Et faudrait savoir aussi ce que voulez faire avec Disputatio… […] Car outre le mien, vous avez aussi demandé le texte de Quintane et de Prigent. Leur auriez-vous finalement aussi demandé, comme pour le mien, de revoir leur copie ?
Votre projet que je ne comprends plus trop m’apparaît maintenant singulièrement paradoxal : rendre compte de polémiques – en y ajoutant, et c’est très bien, des réflexions plus distanciées ou neutres, dans un certain retrait –, permettre qu’elles continuent, mais vouloir en gommer l’une de ces fortes caractéristiques : l’humeur, le rentre-dedans, les « attaques directes », etc.
Suis-je « à côté de la plaque » ?
Malgré votre dédit, j’ai du mal à ne pas y voir un désir d’ « arrondir les angles ». S’agit-il de faire un objet qui ait une « tonalité » d’ensemble ? Dans ce cas, pourquoi m’avoir demandé ? Pourquoi avoir voulu les articles de Prigent et Quintane qui auraient dénoté aussi ? Le problème n’est-il pas plutôt que de cette polémique « smiroubaldigente » il ne resterait plus que mon texte, faisant à votre ensemble courir le risque d’une prise de position  ? Quel objet lissé, loin des polémiques originelles, concevez-vous finalement ?
Quant au contexte « sur le vif », non seulement il y a des chances que dans la perspective d’une publication papier j’eusse écrit un texte sensiblement similaire (façon « post » ?), mais pourquoi « sorti du contexte » quand votre projet relevait aussi de la présentation de documents (de polémiques qui ont eu lieu sur le net) ? »

J – 19 (19/02/2010) :
Réponse d’Hapax :
Ils explicitent la différence qu’ils font entre billet d’humeur et article (le premier est « circonstanciel et animé », le second « dépasse l’anecdote pour se situer par rapport à l’histoire de la littérature ») et affirment que mon texte répond à une personne (sachant que j’avais entrepris sa rédaction suite à une discussion que j’avais eue, sur Facebook, avec Charles Pennequin) et que mes « attaques » peuvent « parasiter le propos ». Précisent que « les textes de Prigent […] et Quintane […] étaient à l’origine des polémiques et auraient été intégrés à l’ensemble en tant que documents témoins. Il n’y avait donc pas lieu de les réécrire, au contraire. », que Disputatio « n’est pas un projet polémiste » et que mes « attaques directes » sont « finalement les plus biaisées ». Enfin, à ma grande surprise, ils disent m’avoir, dès le départ, averti « d’un nécessaire remaniement du texte publié sur Cynthia 3000 ».

Ma réponse :
« Vous m’avez proposé de reprendre mon article (ou disiez-vous déjà « post » ? je ne crois pas) avec des modifications sur ce qui concernait, dans son introduction, Facebook et Pennequin. Il n’a été question de rien d’autre, et certainement pas de le réécrire. Je vous aurais alors dit non : pas envie, ce que j’ai fait me suffit, et pas le temps de m’y consacrer (d’autant plus avec vos délais de quelques jours).
Mon texte n’est pas qu’une réponse à Pennequin, qui n’est qu’un prétexte, ou un élément très secondaire. Si j’avais voulu ne répondre qu’à lui, je l’aurais fait en privé ou, à la rigueur, sur son
« mur » facebook. Croyez-vous que la lettre ouverte à Untel ne s’adresse qu’à Untel ? C’est ridicule. Et ça l’est d’autant plus si l’on considère vers quoi va mon texte dans sa seconde partie, loin de la réponse circonstanciée. Et ça l’est encore plus si on lit la version que je vous ai envoyée : il n’y a plus aucune mention de Pennequin ; le « lecteur qui débarque » sent-il que je m’adresse précisément à quelqu’un ? Cela m’étonnerait.
Mon article est circonstanciel (implication dans une polémique plus que réponse à Pennequin), animé (à la trappe les convenances ! surtout avec ce malotrou de Prigent), ET
bigre !, qu’en faire quand on est si systémique ? l’ignorer ? se situe par rapport à l’histoire de la littérature. Votre catégorisation binaire ne tient pas la route.
Vous me dites maintenant que le ton de l’article peut
« parasiter le propos », pourtant cela n’avait pas l’air de vous déranger quand on en parlait au téléphone… Et vous ne m’avez certainement pas demandé de corriger cela. Si vous m’aviez vraiment demandé de développer certains points, et que j’avais accepté, je l’aurais d’ailleurs fait sans rompre avec la tonalité qui vous gêne aujourd’hui.
Mais au fait, ces
« attaques directes », quelles sont-elles ? A part, si l’on veut, deux formulations fortes comme « à côté de la plaque », « se vautrer » toujours justifiées et l’ironie de la dernière phrase, quoi d’autre ? Et quoi de biaisé ?
La teneur du projet telle que je l’entendais au téléphone la semaine dernière était un ensemble critique ouvert à la forme polémique. Ce que montraient autant la volonté d’insérer les autres articles polémiques que votre intérêt pour mon texte.
Décidément je ne comprends pas ce changement entre la demande originelle que mon texte fasse partie de l’aventure et les bémols que vous mettez maintenant, renversement qui fait passer votre demande pour une commande.
»
Mon mail en croise un autre dans lequel Hapax me demande simplement : « Es-tu d’accord pour remanier ton texte en lui donnant une forme plus analytique ? »
Puis nouveau message de Sibor, précisant qu’ils ne remettent pas en cause la qualité de mon article, justifiant leur inconstance par manque de temps et concluant par une petit leçon d’éditeur, que j’ai depuis épinglée au-dessus de mon bureau : « Par ailleurs, j’en ai une petite expérience, il est fréquent et assez sain qu’un éditeur ose demander des corrections, des ajustements, des précisions, des coupes à ses auteurs, surtout dans le cas d’articles critiques. Il faut parfois écouter l’œil de l’éditeur, qui prend le temps de lire et d’apprécier ».
Aussi perplexe qu’agacé, je ne réponds pas.

J – 17 (21/02/2010) :
Retour d’Hapax : les éditeurs ont l’air de tenir à ma participation puisqu’ils renvoient mon article avec des suggestions de modifications, ajoutant « Si tu ne souhaites pas en tenir compte, libre à toi. »

J – 14 (24/02/2010) :
La plupart des suggestions de modifications portant sur des questions stylistiques ou lexicales, je décide de leur envoyer une version remaniée dans ce sens. Aussi, parce que, l’air de rien, je me suis impliqué pendant une dizaine de jours dans leur projet, au détriment d’activités importantes, et que cela m’ennuierait de l’avoir fait en vain. Cependant, je ne prends pas en compte les suggestions visant à adoucir quelques formules.

J – 10 (28/02/2010) :
Les éditions Hapax accusent bonne réception de la nouvelle version de mon article.
Les éditeurs communiquent autour de la publication à venir : le site Libr-critique annonce l’ouvrage, avec le sommaire, où mon nom apparaît.

J – 4 (06/03/2010) :
Les éditions Hapax me demandent, pour une bibliographie de fin d’ouvrage, les références des textes évoqués dans mon article, ainsi que ma bio-bibliographie.
Ils m’envoient aussi le bon à tirer, « pour ultime révision. »

J – 2 (08/03/2010) :
Le bon à tirer étant arrivé alors que nous fabriquions les exemplaires de notre dernier titre, j’ai un peu tardé à répondre.
Et puis les éditeurs d’Hapax n’ont pas pris en compte mon refus d’adoucir certaines formules. Il faudrait à nouveau s’expliquer là-dessus mais, basta !, finissons-en. Je propose tout de même encore quelques améliorations et un nouvel item à ma liste des réflexions qu’il serait intéressant de creuser.

J – 1 (09/03/2010) :
Hapax : « Nous prenons en compte tes corrections, et maintenons tes formules culottées. »

Jour J (10/03/2010) :
Publication, sur le site des éditions Hapax, de la version électronique de Disputatio XXI. Les éditeurs annoncent cette sortie par newsletter.
Je leur signale aussitôt un problème : en prenant en compte l’une de mes modifications, ils ont maintenu, dans le même paragraphe, l’ancienne version, ce qui crée une grosse répétition. Ils m’annoncent, dans les dix minutes, que c’est corrigé.
Je note aussi que, contrairement à ce qu’ils affirmaient la veille, ils n’ont pas maintenu mes « formules culottées »… Je n’en dis rien, tant pis.

J + 1 (11/03/2010) :
Le lendemain de la publication électronique, Fabrice Thumerel, participant au projet, annonce la publication de Disputatio XXI sur son espace Facebook et donne la liste des contributeurs : mon nom y est absent. Pensant à un oubli, je ne me formalise pas.

J + 2 (12/03/2010) :
Retournant sur le site d’Hapax, je remarque que, sur la page présentant le projet, mon nom est également absent. Surpris, je commence à parcourir Disputatio XXI et constate que j’ai disparu du sommaire, et mon texte de l’ensemble.
Je laisse un message sur leur espace Facebook : « Tiens, j’ai soudainement disparu du sommaire ?! » Message rapidement supprimé par les éditeurs, réédité par ma pomme, re-supprimé par les mêmes. Visiblement, ils ne veulent pas que ce problème soit soulevé en public…
Concomitamment, je leur adresse la même question par mail.

J + 3 (13/03/2010) :
Deux jours après mon éviction de Disputatio XXI, elle-même survenue le lendemain de sa parution électronique, je reçois une réponse, intitulée « Décision du comité de rédaction », qui m’annonce que « le comité de lecture a finalement décidé de ne pas publier ton texte dans Disputatio XXI. Une fois l’ensemble monté, il est apparu clairement que ton article entrait en contradiction avec notre projet : refléter la polémique tout en prenant du recul. Chose qui demande du temps (lequel t’a manqué) et du sang froid.
De toute façon, ton texte reste consultable sur Cynthia 3000 et Disputatio XXI y renvoie.
»

Dans la foulée, je leur expédie :
Quelques questions auxquelles j’aimerais que vous répondiez :
Quelles (nouvelles) personnes composent le comité de lecture pour Disputatio XXI ?
Comment expliquez-vous - éditorialement, éthiquement - que deux jours après publication électronique de Disputatio XXI avec mon texte, et annonce de sa sortie (entre autres par newsletter à diffusion forcément massive), une nouvelle version, privée de ma contribution (qui avait été demandée), remplace la précédente ?
« Une fois l’ensemble monté, il est apparu clairement… » : pourtant, le jour même de la première publication, c’est-à-dire après montage, vous preniez encore en compte des corrections que je vous soumettais. Est-ce à dire que vous avez publié un ensemble, et annoncé sa publication, sans le recul dont, d’autre part, vous vous réclamez ?
Comment expliquez-vous que mon texte, que vous dites en contradiction avec votre projet, ait pu pendant quasi un mois faire partie du projet - avec lecture, relecture, rerelecture, etc. et aménagements divers et concertés, jusqu’au BAT ? Comment se fait-il que la contradiction dont vous parlez n’ait pas été évidente avant publication ?
Comment justifiez-vous que je n’ai pas été prévenu du changement et que je m’en sois rendu compte tout seul ?
Comment se fait-il que votre réponse, que vous appelez « décision du comité de rédaction », à ma demande d’explication ne comporte aucune excuse ?
Pouvez-vous réaliser que le véritable temps manqué, perdu, c’est celui non négligeable alors que vous saviez que j’étais pris par d’autres affaires que vous m’avez pris, finalement pour rien ?
Où, à part dans le texte de Thumerel, est-il fait référence à mon texte, dont je ne vois aucune évocation ni dans le « Contexte » préliminaire ni dans la bibliographie ?
Quelle idée de l’édition, qui soit compatible avec de telles pratiques, vous faites-vous ?
Quelle idée de l’amitié, qui soit compatible avec de telles pratiques, vous faites-vous ?

Je m’aperçois que, dans leur précipitation, les éditeurs ont laissé quelques traces de ma présence dans leur projet :
– la page de Calaméo (site de partage qui leur permet de créer leurs livres électroniques) présentant l’ouvrage me nomme encore dans sa description.
– la bibliographie générale de fin d’ouvrage comprend encore les références de mon article disparu…

J + 4 (14/03/2010) :
Les réponses d’Hapax à mes questions n’ont aucun intérêt si ce n’est, par leur nature expéditive et leurs dérobades, ce qu’elles dénotent de foutage de gueule et d’hypocrisie. En effet, rien n’est expliqué du retrait de mon texte, après la mise en ligne de l’ensemble et l’annonce de sa parution ; rien sur le fait que je n’ai pas été prévenu ; rien sur l’absence d’excuses ; rien non plus d’une défense de l’édition qui intègrerait de telles pratiques ; quant à l’amitié, n’en parlons plus.
Au lieu de cela, m’est répondu :
– que le retrait aurait eu lieu plus tôt (le soir même de la mise en ligne) et que les lecteurs d’Hapax n’en auraient rien su (pourtant, j’imagine que je n’ai pas été le seul à cliquer sur le lien de leur newsletter) ;
– que c’était une décision difficile à prendre (j’ajoute : et à assumer, de toute évidence) ;
– que le fait que je m’en sois rendu compte deux jours plus tard « témoigne du manque d’intérêt que [je] porte à ce projet » (si je ne m’en suis pas rendu compte plus tôt, c’est que le lendemain de la publication, je suis allé lire d’autres contributions, et non la mienne, que je connaissais déjà) ;
– que je n’ai pas dû perdre beaucoup de temps puisque mes modifications à l’article initial sont minimes (est ignoré (intentionnellement ?) que j’avais proposé des développements et que si je n’ai pas eu le temps de les rédiger, j’y ai travaillé ; ne sont pas pris en compte tous les échanges décrits ci-dessus, prenants…).
Seule information intéressante de leurs réponses : le comité de lecture est composé « d’amis, d’écrivains et d’universitaires ». Je serais très curieux de savoir quelles personnes exactement composent ce « comité de lecture » et pourquoi il a surgi soudainement après bon à tirer et première mise en ligne, alors que je pensais n’avoir affaire qu’à Sibor et Bora. On peut tout imaginer des commentaires qui ont conduit les éditeurs à se rétracter…


Imprimal Scream (Song for an Old Guillotine) 
par Cynthia 3000, le 6th January 2010


Sur radio cynthia 3000 :
Imprimal Scream (Song for an Old Guillotine)

Registres de l’hypnopompe I 
par Cynthia 3000, le 30th December 2009

Voici une galerie d’images présentant notre dernière publication : les Registres de l’hypnopompe I.
 





Cynthia 3000 fête Noël 
par Cynthia 3000, le 22nd December 2009


Sorties le 23 décembre 2009 :
5 cartes postales de la C.A.P.UT. (premier tirage de 25 ex.)
& les Registres de l’hypnopompe I

Et si… ? 
par Cynthia 3000, le 20th December 2009


Et si… 
par Cynthia 3000, le 17th December 2009


Interportrait autotextuel 
par Cynthia 3000, le 31st October 2009


Prière pour aller au paradis avec les ânes 
par Cynthia 3000, le 27th October 2009

 

Et hop, un nouveau titre sur www.myspace.com/radiocynthia3000 ! Toujours avec Nako, et l’ami Yann qui était de passage.
N’ayant dans nos poches qu’un des remarquables cahiers de Clément Maraud, ce sont Francis Jammes et ses ânes qui durent subir l’épreuve du chant. L’improvisation étant ce qu’elle est, le poème n’est chanté qu’à moitié, tant pis/mieux !

 

Musique : Yann, Ben et Grégory
Paroles : Francis Jammes
Voix : Grégory
Guitare : Yann
Effets électroniques, basse, voix : Ben

 

PRIERE POUR ALLER AU PARADIS
AVEC LES ÂNES

 

Lorsqu’il faudra aller vers Vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j’irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
car il n’y a pas d’enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai : Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui, d’un brusque mouvement d’oreille,
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles…

Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
que j’aime tant, parce qu’elles baissent la tête
doucement, et s’arrêtent en joignant leurs petits pieds
d’une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J’arriverai suivi de leurs milliers d’oreilles,
suivi de ceux qui portèrent au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l’on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s’y groupent en ronds.
Mon Dieu, faites qu’avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l’amour éternel.

 

 


Mon violon d’Ingres ? c’est le ciment armé ! 
par Cynthia 3000, le 26th October 2009

Récemment, nous avons déniché un important lot de Détective — « l’hebdomadaire des secrets du monde » — des années 50. L’un des intérêts du journal en ces années est qu’en quatrième de couverture était souvent présenté un personnage singulier, entre autres par le couple Robert Giraud / Robert Doisneau. Nous comptions partager la page du n°521 (25 juin 1956) consacrée à Frédéric Séron quand, concordance !, nous nous apercevons avant-hier que Louis Watt-Owen, en sa Main de singe, offrait via l’I.N.A. un reportage sur cet artiste. Double coïncidence, hier, Le Sciapode mettait en ligne un article très documenté sur Séron.

 


Ah ! si c’était un tandem… 
par Cynthia 3000, le 24th October 2009

in Radar n°614, 11 novembre 1960

Artisme 
par Cynthia 3000, le 22nd October 2009

Alechinsky, Tous les sept ans changeait de peau, 1967
Alechinsky, Tous les sept ans changeait de peau, 1967

 

« C’est à Milan que tu avais rencontré Asger Jorn ?

C’est ça, en 1956. C’est Baj qui me l’a présenté. Il m’a chargé de traduire son texte sur le Bauhaus imaginiste. J’ai eu la coquinerie que personne n’a remarquée de traduire Bauhaus imaginiste par Bauhaus imaginaire. Même Asger n’avait rien vu avant que je lui dise. Ca l’a fait éclater de rire parce que c’était juste dans un sens, mais un peu méchant. Je suis anti-expressionniste mais j’aimais beaucoup la peinture d’Asger. Je trouve qu’il possédait une sorte de génie d’invention qui manquait complètement à Appel, Corneille, Alechinsky et aux autres, que je considérais comme des cons.

Alechinsky est arrivé à la toute fin de Cobra.

Pratiquement deux jours avant la fin de Cobra. Je l’ai entendu plusieurs fois récemment sur France-Culture parce qu’il y avait une exposition à Paris et que c’était médiatisé à outrance. il se présentait pratiquement comme le fondateur de Cobra. Enfin il ne le disait pas, mais c’était comme s’il l’avait créé. Alechinsky a un style, une approche, un ton mais c’est toujours le même. C’est quelqu’un qui a trouvé un truc qui a bien marché et au lieu d’innover, il l’a répété comme un multiple. Il n’y a jamais de changement dans la production de l’oeuvre, dans l’approche, dans la conception, dans la couleur. Quand j’ai amené Asger à Londres, nous sommes allés à une exposition d’Alechinsky ou Appel peut-être, ça revient au même. il y avait une coquille dans le catalogue de l’exposition, une fausse date. Il était écrit qu’Alechinsky avait commencé à peindre en 1752 ou 1533, quelque chose comme ça. Asger s’est tué de rire. Il a dit : C’est vraiment lui ! Il a arrêté de peindre l’année d’après. Alechinsky, c’est de la lithographie répétée à l’infini. C’est ça que nous appelons l’artisme.

Alors parlons de l’artisme.

Le terme est de Michel Guet je crois. C’est dans ses écrits que je l’ai trouvé : un type découvre une idée-gadget, ça fonctionne dans le marché, et ça se répète à l’infini. C’est ainsi que je le conçois. Je trouve qu’il est tout à fait adapté et utile pour décrire ce que je vois de faux dans le marché de l’art. Quand on a trouvé une idée, au lieu de l’exploiter à outrance, il faut au moins en trouver une autre. Ce que Michel Guet a compris, c’est que dans le système spectaculaire et réducteur des marchands d’art dont les artistes sont complices, il fallait persévérer dans cette idée, être connu à travers elle et avoir une reconnaissance internationale à travers cette unique image. Un travail d’approche, de marketing comme on dit aujourd’hui, était indispensable pour se positionner dans le marché de l’art. Le mérite de Michel Guet est d’avoir trouvé le mot juste, d’en être le taxinomiste. »

Ralph Rumney, Le Consul, Entretiens avec Gérard Berréby, éditions Allia, 1999, p. 81-83.

 

« (…) L’opposition conséquente, dont nous avions dû reconnaître la nécessité à propos du néo-Bauhaus d’Ulm, s’est étendue durant ces années [1953-57] à l’ensemble du front culturel. Le compromis est partout impossible avec les éléments installés, parmi lesquels il faut ranger ceux qui considèrent qu’une seule nouveauté suffit dans la vie d’un homme et que, dès lors que l’on a eu quelque rôle dans son apparition, on peut vieillir avec. Ainsi l’espoir d’un regroupement de certaines personnes précédemment engagées dans une même recherche a été démenti par l’événement ; ce qui explique que des noms que nous rejetons aujourd’hui définitivement aient pu être cités avec confiance à tel moment de ces écrits. Des forces nouvelles surviennent toujours, qui nous justifient et nous aident à aller plus loin. Tant que l’on veut marcher, on n’est pas seul. (…) »

Asger Jorn, « Avertissement » in Pour la forme, éditions Internationale situationniste, 1957 - Allia, 2001.

Amazon, n°1 de l’indisponible 
par Cynthia 3000, le 24th August 2009

 

Régulièrement nous nous rendons compte que de vrais amoureux du livre (ou auto-proclamés tels) ne voient pas de problème à fricoter avec Amazon, qu’ils soient lecteurs, éditeurs ou prescripteurs. Nous en avions déjà parlé sur ce blog, et cela nous consterne toujours autant. Yves Letort s’en afflige également dans une intéressante note sur l’indépendance de la critique, qui nous a rappelé de boucler l’article que voici.

 

Nous savions déjà qu’Amazon pouvait demander à ses éditeurs partenaires des remises telles que le plus cupide des libraires n’oserait même les imaginer [1]. Nous savions des éditeurs assez fous ? irréfléchis ? désespérés ? pour accepter ces conditions (qu’ils refuseraient au plus merveilleux des libraires) et contribuer, par leur présence en ses rayons, à la notoriété du marchand (notoriété dont on sait qu’elle se fonde, pour une bonne part, sur la quantité de l’offre).
Et puis c’est un peu par hasard que nous avons découvert, il y a quelques temps, qu’Amazon recensait dans son catalogue de vente en ligne deux de nos livres, sans que nous n’ayons rien demandé. Il*** et Etant donnés y ont en effet leur page de présentation, quasi vide à l’exception d’une mention d’indisponibilité. Indisponibles, nos livres ? Bien sûr que non.

(Soit dit en passant, nous tenons là l’explication à un ancien étonnement [2] : les nombreux titres, de différentes maisons, notés indisponibles chez le maître mais que l’on peut se procurer sans problème ailleurs, ne témoignent pas d’un manque de régularité dans la mise à jour des pages, mais plus simplement du fait qu’Amazon s’en tient à son objectif affirmé : une recension exhaustive, « l’intégralité du catalogue francophone » [3], quitte à inclure des titres qu’il n’a pas la possibilité de vendre.)

Amazon se contenterait-il de relayer l’existence des ouvrages, sans laisser entendre qu’ils sont épuisés, qu’on ne le remercierait déjà pas : à quoi bon ? de quoi se mêle-t-il ? et puis nous considérons de toute façon qu’il nous fait une mauvaise publicité en laissant entendre que nous collaborons avec lui.
Mais dans l’état actuel de l’affichage il y a vraiment de quoi râler, car la question de l’intérêt que des éditeurs (ceux non désireux de sacrifier leur hypothétique marge pour profiter de/à la visibilité du monstre) pourraient trouver à bénéficier d’une présentation si sommaire et fumeuse ne se pose même pas : titre, auteur, éditeur, ISBN, puis : « Disponibilité : Actuellement indisponible. Nous ne savons pas quand cet article sera de nouveau approvisionné ni s’il le sera. » - voilà qui a de quoi décourager le lecteur (ou de quoi le faire rire quand il s’agit de l’édition originale d’une absolue rareté bicentenaire).

Il est, en revanche, bien naturel que nous nous demandions pourquoi Amazon nous affiche ainsi.
Cherche-t-il à nous inciter à souscrire à un partenariat pour la vente de nos livres ? L’abonnement à Avantage [cf. note 1] apparaît en effet comme le meilleur recours pour officialiser la relation et pour combler l’insuffisance du catalogage… Mais Amazon n’ayant jamais entrepris aucune négociation à notre égard, n’ayant pas même insinué qu’un partenariat serait intéressant, rien ne permet d’affirmer qu’il a une intention de ce type.
De notre côté, ne souhaitant aucunement convoler avec la bête, mécontents de cet affichage, nous avons tenté, sans succès, de faire retirer nos titres du site [cf. échange de mails plus bas]. Et Amazon de nous suggérer, en réponse, de remplir un hallucinant formulaire de « plainte pour violation de droits » (où l’on remarque que nous sommes loin du climat qui permettrait d’envisager une collaboration…).
Un an après ces stériles échanges, nos livres sont encore en place, toujours aussi indisponibles [4].

Bien, et alors quoi ?
Si Amazon d’un côté laisse entendre qu’il n’en veut pas plus, agissant comme s’il se contrefoutait d’obtenir le contrat pour vendre ces titres, mais que de l’autre il montre qu’il n’en veut pas moins, en faisant la sourde oreille lorsque l’éditeur incommodé lui demande de les retirer du site, c’est évidemment qu’il trouve avantage à ce statu quo.
Et certes : ne lui suffit-il pas d’user de la mention douteuse déjà citée pour dissuader le client de se renseigner plus avant, et donc de faire par lui-même - et ailleurs -, les recherches qui le mèneront à l’achat du livre ? Car l’important, le plus important, c’est bien que ce client reste chez Amazon, et qu’admiratif, il constate qu’on y répertorie tout – tout, vous pensez, même des maisons microscopiques comme Cynthia 3000 ! – afin qu’il poursuive, confiant, le remplissage de son caddie. Si toutefois un soupçon d’insatisfaction ou de doute le taraude, il pourra sans peine se rassurer en pensant, au choix :
- que le géant n’actualise pas assez souvent ses pages (« mais avec tout ce qu’il y propose, on peut bien lui pardonner ce travers »)
- que commander les ouvrages des petites maisons est aussi compliqué chez Amazon que chez le libraire du coin (« mais au moins, avec Amazon, pas besoin de sortir de chez soi »)
- que les petites maisons ne tiennent pas la cadence, sortent des titres et les laissent s’épuiser en deux ans, etc. (« en plus elles font rien qu’à encombrer les tables des librairies »)

On note que dans tous les cas Amazon s’en tire en beauté, manipulant le chaland et utilisant l’éditeur sans risquer un cheveu. Le petit éditeur, lui, tape vainement du poing devant son écran, puis se décide à faire une note de blog. Au cas où d’autres comme lui, touchés et agacés par le procédé voudraient, eux aussi, faire un peu de bruit.
Car comment admettre sans moufter qu’Amazon se soit forgé, et consolide sans cesse, une image d’incontournable du secteur, de n°1, lorsque cette image repose sur des pratiques aussi lamentables et mensongères, abusant les clients et détournant sans ambages le catalogue des autres.

 

***

 

Message initial : éditions Cynthia 3000 à Amazon (formulaire « questions marketplace »), le 20 juillet 2008 :

[Prière de faire suivre ce message au service chargé des relations avec les éditeurs]

Bonjour,

En tant que responsable des éditions Cynthia 3000, je me permets de vous contacter au sujet de la présence de nos titres dans votre catalogue de vente en ligne. En effet, n’ayant conclu aucun partenariat qui vous autoriserait à vendre nos livres, je ne comprends pas pour quelle raison deux d’entre eux, "Etant donnés" et "IL***", figurent dans votre boutique, et je souhaiterais que vous me l’expliquiez.
Qui plus est, la mention de disponibilité qui est affichée à leur propos est tout à fait trompeuse pour les clients qui cherchent à se les procurer : vous indiquez qu’ils sont indisponibles, et que vous ne savez quand vous en serez "de nouveau approvisionné".
Or, nous ne vous avons jamais "approvisionné", puisque nous n’avons jamais souscrit au partenariat Avantage(ux ?) que vous proposez aux éditeurs, et ne souhaitons pas le faire. Il me semble donc malvenu que vous sous-entendiez l’existence d’un tel partenariat, et que vous prétendiez avoir été précédemment approvisionné de ces deux ouvrages.
D’autre part, aucun de nos titres n’est "indisponible", tous peuvent être commandés sur notre propre site de vente en ligne, ce qui rend votre mention mensongère.
Je vous demande donc soit de retirer tout bonnement nos titres de votre catalogue, soit de modifier l’indication de disponibilité en utilisant une formulation qui ne porte pas à confusion, telle que "non distribué par Amazon, disponible chez l’éditeur (lien)"

Céline Brun-Picard
éditions Cynthia 3000
71 boulevard Hippolyte Faure
51000 Châlons-en-Champagne
cynthiatroismille@yahoo.fr
http://www.cynthia3000.info/

*

> Réponse : Valérie G. (service client Amazon) à Cynthia 3000, le 28 juillet 2008 :

Chere Madame Celine Brun-Picard,

Merci d’avoir contacte Amazon.fr.
Suite a votre message nous avons fait de plus amples recherches avec les departements concernes pour comprendre et resoudre votre probleme.
Nous vous invitons donc a visiter les pages de nos conditions generales de vente, dont vous retrouverez l’adresse URL ci dessous, et de remplir le formulaire de notification afin que nous retirions de la vente vos deux ouvrages.
http://www.amazon.fr/gp/help/customer/display.html?ie=UTF8&nodeId=548524
Nous esperons que cette information vous sera utile, et nous vous remercions pour votre patience et votre cooperation.

Merci de nous indiquer si cet e-mail a repondu a votre question :
Si oui, cliquez ici : http://www.amazon.fr/rsvp-y?c=uqexdgqd3392867028
Si non, cliquez ici : http://www.amazon.fr/rsvp-n?c=uqexdgqd3392867028&q=frff

Veuillez noter que ce message vous a ete envoye d’une adresse qui ne peut recevoir d’e-mails.
Pour toute autre question, merci de bien vouloir consulter les pages d’aide de notre site.
Cordialement,

Valerie G.
Service Client Amazon.fr
http://www.amazon.fr

*

>> de Cynthia 3000 à Valérie G. (service client Amazon), le 28 juillet 2008 :

En vous priant de faire suivre aux services chargés des relations avec les éditeurs.

(En réponse à un message de "Valérie G. - service client Amazon", qui m’a "ete envoye d’une adresse qui ne peut recevoir d’e-mails")

Madame "Valérie G.",

Rien dans ma demande ne justifie que je m’intéresse à vos conditions générales de vente. Je vous rappelle que je ne souhaite pas adhérer à "Avantage", ni à aucun autre partenariat qui me lierait à vos services, et que par conséquent, vos conditions contractuelles, ou de vente, ou autres, ne me concernent pas.
D’autre part, pour les mêmes raisons, je ne vois pas pourquoi vous souhaitez m’imposer l’utilisation d’un formulaire rédigé par vos soins, au lieu de vous en tenir au contenu, que je crois assez explicite, de mon précédent message.
Qui plus est, ma démarche n’a rien d’une "Notification de contenu diffamatoire" et ne me semble pas à première vue ressembler à une "Notification de violation des droits de propriété intellectuelle", or les seuls formulaires auxquels vous me renvoyez portent sur ces sujets.
Je vous prie donc de prendre en considération mon premier mail (en copie ci-dessous), qui contient un exposé clair de ma requête (retrait de nos titres, présents sans notre accord dans votre catalogue de vente ; ou modification notoire de la mention de disponibilité), et une demande d’explications (en l’absence de contrat entre notre maison d’édition et votre site de vente, pourquoi nos titres y sont-il présents ?) à laquelle vous n’avez pas encore répondu.
En vous remerciant de bien vouloir donner suite à ma demande, ou de me diriger vers un interlocuteur compétent en la matière.

Céline Brun-Picard
Editions Cynthia 3000

*


>>>> Réponse automatique : de service Qualité Amazon à Cynthia 3000, le 28 juillet 2008

Cher vendeur,

Merci d’avoir pris contact avec nous.
Ceci est une notificaton automatique confirmant que nous avons bien recu votre message en reponse a l’email envoye par performance-vendeur ou concernant une violation de nos regles de communaute sur notre plateforme.
Merci de ne pas repondre a cet email.

Le service Qualite d’Amazon.fr va sans attendre enqueter sur le probleme mentionne et nous vous garantissons que l’action necessaire sera prise une fois nos recherches terminees.
Nous vous informons egalement que pour des raisons de confidentialite, nous ne pouvons pas vous tenir au courant des resultats de nos enquetes. Si des informations supplementaires s’averent necessaires pour completer nos recherches, le service Qualite d’Amazon.fr prendra contact avec vous.

[…ici une longue liste de liens vers différentes pages d’aide d’Amazon…]

Cordialement,

Le service Qualite Amazon.fr

 

***

 

Une copie du message initial, renvoyé à Amazon le 24 juillet 2008 par le biais d’un autre formulaire, obtint de son côté deux réponses automatiques. La première exactement similaire à celle présentée ci-dessus, la deuxième, que nous reproduisons ci-dessous, contenant le formulaire de notification de plainte pour violation de droits, qui s’achève sur une déclaration sous peine de parjure. Rien que ça (à lire sur l’air de Brazil).

 

2e réponse automatique : « performance vendeur » Amazon à Cynthia 3000, le 24 juillet 2008

A votre attention de la part d’Amazon.fr. 

Nous vous remercions de votre email.
Si vous pensez que vos droits de propriété intellectuelle font l’objet d’une violation dans le cadre de tout article ou de toute information contenu(e) sur le site d’Amazon.fr, vous devez remplir le Formulaire de Notification (ci-dessous) en utilisant les paragraphes numerotes correspondant afin de structurer votre communication. Vous pouvez envoyer ce formulaire signé sous format PDF ou par télécopie à l’adresse suivante :

PDF par courrier électronique : notification@amazon.fr
Objet : Plainte pour violation de droits

OU
Télécopie : +33 (0) 1 56 60 46 01

(Nous acceptons un fichier PDF signé et envoyé par courrier électronique ou par télécopie avec un objet indiquant « Plainte pour violation de droits », sauf accord contraire préalablement conclu avec vous indiquant un autre moyen de transmission).

Veuillez remplir le Formulaire de Notification en utilisant les paragraphes numérotés correspondant afin de structurer votre communication :

——————————————————–

Formulaire de Notification

Re : www.Amazon.fr  (nom commercial d’Amazon EU SàrL et Amazon Services Europe SARL)

Je soussigné, [INSERER VOS NOM, PRENOM, ET FONCTION] chez [NOM DE LA SOCIETE, LE CAS ECHEANT], déclare ce qui suit :

(1) Coordonnées :

(a) Vos nom, adresse, numéro de téléphone et adresse de courrier électronique et/ou nom, adresse, numéro de téléphone et adresse de courrier électronique de votre entreprise ;

(b) Nous communiquerons aux Vendeurs Tiers (le cas échéant) l’adresse de courrier électronique et/ou le nom de contact de sorte qu’ils puissent vous joindre en vue de résoudre tout problème quant à la notification que vous nous avez envoyée. Dans le cas où vous ne nous fournissez pas une adresse de courrier électronique séparée, vous nous autorisez à utiliser les coordonnées fournies à la section (1)(a).

(2) Numéros ASIN (ou ISBN-13 le cas échéant) des fiches descriptives et Allégation de violation de droits :

(a) Le numéro ASIN/ISBN-13 qui figure sur les fiches descriptives ou la description détaillée des informations que vous considérez comme constituant une violation de vos droits figure sur le site ; si cela concerne une fiche descriptive dun Vendeur Tiers, veuillez également donner le nom utilisé afin d’identifier le Vendeur sur le site (recherchez la rubrique « expédié et vendu par _____ » ou « par ______ » dans la fiche descriptive).

(b) Une description de votre / vos droit(s) de propriété intellectuelle que vous considérez comme ayant été violé(s) (par exemple, copyright, marque de fabrique ou brevet) par les informations contenues dans ou pour ce numéro ASIN/ISBN-13.

[REPETEZ LA SECTION (2)(a-b) autant de fois que nécessaires pour chacun des articles, cf. exemple de Formulaire de Notification.]

(3) Inclure la déclaration suivante : « Je pense sincèrement que la partie de la ou des fiche(s) descriptive(s) décrite(s) ci-dessus viole les droits de propriété intellectuelle détenus par le titulaire de la propriété intellectuelle ou son représentant, et que cette utilisation est interdite par la loi ».

(4) Inclure la déclaration suivante : « Je déclare, sous peine de parjure, que les informations contenues dans la présente notification sont correctes et exactes et que je suis le titulaire de la propriété intellectuelle ou autorisé à agir pour le compte de ce dernier au titre des droits décrits ci-dessus. »

(5) Signer le Formulaire de Notification.

——————————————————–

Cordialement,

Performance Vendeur
Amazon.fr

 

[1] Avantage est un partenariat proposé aux éditeurs et qui – en regard des conditions et remises demandées par Amazon - porte mal son nom. Sabordage eut mieux reflété les qualités de l’offre : droit d’adhésion annuel de 49€99, remise de 50% sur les ventes, possibilité pour Amazon de rayer du catalogue, réexpédier (aux frais de l’éditeur) ou détruire un livre qu’il avait pourtant demandé à l’éditeur - par exemple s’il se vend trop mal -, ou encore de refuser le livre commandé sans même exposer de raisons, etc.
On trouvera toutes ces clauses - et peut être d’autres plus amusantes encore - dans ces pages : Instructions et règles applicables aux programmes Avantage et Contrat d’adhésion

[2] Voir cette note de 2007 : La fable du pionnier et du serveur, où nous disions : « Si Amazon répertorie un grand nombre de publications, provenant d’un large choix d’éditeurs, son grand tort est de faire figurer plus souvent que nécessaire la mention « actuellement indisponible » dans la description des ouvrages listés.
Les usagers les plus innocents– nous en avons été –, et confiants dans le sérieux de la boutique, croiront l’ouvrage purement et simplement épuisé - et d’aller de pied ferme pleurer leur mère sur l’autel du pilon précoce. Les plus vaillants et habitués des sournoiseries du grand commerce, les heureux, ne s’y tromperont pas : ils chercheront référence de la perle « rare » ailleurs (sur d’autres sites de vente en ligne, chez l’éditeur, auprès d’un libraire) et auront parfois, souvent, le loisir de commander l’ouvrage - et de rire comme des baleines de la piètre qualité du suivi des stocks chez le mammouth de la vente en ligne – ou, plus sérieusement, de s’inquiéter d’une réputation de quasi-exhaustivité qui repose, comme c’est surprenant, sur effet d’annonce et élasticité des significations »

[3] Ils ont tout, disent et redisent-ils. Voir cette page : Qui sommes-nous ?

[4] Usant nous-même du détournement, nous avons par la suite tenté de nous servir des pages dédiées aux commentaires client, qui sont en lien sous chaque livre du catalogue Amazon, pour rectifier la formule de disponibilité. Notre commentaire était le suivant : « Il***, de Léo d’Arkaï, peut être commandé très simplement sur notre site (éditions Cynthia 3000 : http://www.cynthia3000.info). Il n’est pas vendu sur Amazon (avec qui nous ne travaillons pas), mais Amazon persiste à le mentionner comme "indisponible" et à le répertorier, malgré nos demandes de retrait… Les éditeurs. » Ce commentaire n’a bien sûr jamais été validé par Amazon.


Chasse à courre (Saint-Pol-Roux) 
par Cynthia 3000, le 22nd August 2009

 

Un nouveau titre sur www.myspace.com/radiocynthia3000 . Il s’agit encore d’un poème mis en musique, cette fois-ci de Saint-Pol-Roux. La conception et l’enregistrement se sont faits en un temps record.
Spéciale dédicace à Mikaël Lugan, des Féeries intérieures, qui a réalisé dernièrement un très beau quatrième Bulletin des Amis de Saint-Pol-Roux, dont nous reparlerons bientôt.
Le poème fut publié dans le Mercure de France n°8 d’août 1890, p. 293 ; repris dans Saint-Pol-Roux, Tablettes (1885-1895) - Vers et prose, Rougerie, 1986, p. 62.

 

Musique : Ben et Grégory
Paroles : Saint-Pol-Roux
Voix : Grégory
Harpe et cor synthétiques, ambiance : Ben

 

CHASSE A COURRE

 

 

Les gens, tel on boit à l’amphore,
Soufflent dans les escargots d’or ;
Il sort une bave sonore
De chaque spiral corridor.

Là-bas les chiens, montrant l’ivoire,
Ruissellent derrière le cu
D’un cerf dont la roide mémoire
Brame qu’il est dix fois cocu.

Pour s’éjouir du sganarelle
Dévalent, sur leurs fins chevaux,
Les Fiers de l’altière Tourelle :
Ecrin de la sueur des vaux.

Héraldique et svelte avalanche
Où mâles yeux parent d’aveux
Certaine damoiselle blanche
Ayant des guêpes pour cheveux.

Ambitieux de l’estocade,
On salte l’onde et la moisson ;
L’air sable l’âpre cavalcade
Comme l’ivrogne la boisson.

Enfin, sur un lit de pelouse,
Le cerf vêtu de saignements
Epouse la Fidèle épouse
Parmi le glas des aboiements.

Les gens, tel on boit à l’amphore,
Soufflent dans les escargots d’or ;
Il sort une bave sonore
De chaque spiral corridor.

 


Quelques hantises mineures (1) 
par Gregory Haleux, le 7th August 2009

 

noire en toile grasse l’évidence avance en aveugle
pendu qu’on regarde les yeux mi-clos
                                                              – chantier abstrait
chantier de fleurs séchées, au milieu de ce décor pas de danse
et toi l’œil –
                         plus noire elle attire plus
la formule la                                               nature
                       (quelconque) (insondable)
qu’une                                                         ellipse
                         (musicale) (symbolique)
de stupeur. Voilà la vision d’espoir
à la loupe
                 l’inévitable à trous se croise hésitant
au bruit de chute, langoureuse dans de petites touches ?
                                                                                          ci-dessous
l’inconnue qui la pense fragmente, échappée, et qui
l’exhibe d’un quart, l’étendue, est une machine
qui vide ce que l’on suppose
d’écho de bouche
                             à chaque
fleur nue renoncée
                             à cette
tête qui renaît pour nous saisir, nous l’angoisse correspondante
nous tendant : l’insensé, l’un sans l’autre, le trait d’encre sur
elle-même la nudité orientée vers l’abîme d’elle-même.

 


Vides, une rétrospective nulle 
par Celine Brun Picard, le 5th March 2009

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
NEMO (Nihil, cap. oo).

x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x

     x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  (I)
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x

x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x

x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x

(I) Si j’ose m’exprimer ainsi !   (1)

 

France Culture offre parfois, à la sauvette, des occasions de franche rigolade. Soupçonnant ce genre de bonne surprise, il y a quelques jours, je me mis à écouter avec attention l’interview qui passait, de John Armleder (2), sur mon autoradio.
Avouons au passage que, ne m’intéressant plus depuis longtemps à ce que le milieu de l’art contemporain choisit de porter aux nues, je ne connaissais pas John Armleder, plasticien de renommée internationale et aujourd’hui commissaire en charge de l’exposition Vides, une rétrospective (qui se déroule du 23 février au 23 mars à Beaubourg).

Quel beau métier, commissaire… et au goût du jour, avec ça. Régalons-nous d’ailleurs avant que cela ne se tasse. Nous vivons probablement les heures
[ … Lire la suite ]


Clouds fight 3000, solution du concours 
par Cynthia 3000, le 16th July 2008


Clouds Fight 3000 : le grand-jeu-concours 
par Cynthia 3000, le 7th July 2008

Suivant l’exemple du Préfet maritime, Cynthia lance son premier grand-jeu-concours. Nous sommes allés faire un tour du côté de chez wordle et avons confié au générateur les textes de notre catalogue et ceux à paraître. De chaque livre ont été extraits les 1000 mots les plus fréquents.  La règle du jeu est simple : il s’agit d’attribuer à chaque nuage le titre qui lui correspond, parmi :

- Etant donnés, de Céline Brun-Picard & Grégory Haleux
- IL***, de Léo d’Arkaï
- Troublant trou noir, de Grégory Haleux
- Carnets d’un basedowien, de Jean-Marc Baillieu
- Omajajari, collectif
- Le Moulin à parôles nostalgiques, de Mickaël-Pierre
- Triling, de Jean-René Lassalle
- Au pays du mufle, de Laurent Tailhade
- Colloque sentimental entre Emile Zola et Fagus, de Fagus
- D’activités, de Céline Brun-Picard

Les réponses sont à donner en commentaires. Le premier malade qui y parviendra se verra offrir Le Moulin à parôles nostalgiques, de Mickaël-Pierre + un recueil inédit et signé de Gerzeul Boutrin (c’est pas des blagues !).
On a enfin trouvé une utilité aux nuages de mots.

(les images s’agrandissent par un clic)

 


1 - C’est tout ça, d’un sens
[ … Lire la suite ]


soupirer siffler en travaillant humecter 
par Cynthia 3000, le 23rd March 2008

 

 

Après une longue absence due à un déménagement,

nous reprenons doucement nos activités éditoriales.

Deux livres de genres poétiques très différents

devraient sortir bientôt.


Lectures omajajaric 
par Cynthia 3000, le 9th January 2008

 

 

 


Sots 
par Celine Brun Picard, le 31st December 2007

Komar, Melamid et Douglas David - Where is the line Between us ? - 1974Nés respectivement en 1943 et 1945, Komar et Melamid sont les fondateurs du Sots Art ("socialisme" + "Art"). Créé en 1972 en URSS, en référence à l’occidental Pop Art, il se présente comme "un art soviétique pop et conceptuel basé sur la propagande socialiste et la culture de masse" (cf. chronologie, année 1972). Les œuvres des artistes qui collaborèrent à ce mouvement ou qui en furent proches (K & M, Leonid Sokov, Ilya Kabakov, Erik Bulatov…) se caractérisaient, dans leur liberté prise face aux courants officiels qui se devaient de les guider à l’époque, par une mise en scène critique des signes du pouvoir, autant que de ses canons de représentation : art de la ruse, de la combinaison et du détournement, qui en passait quelquefois par une soumission jusqu’à l’excès aux styles du réalisme socialiste, qui usait les icônes et slogans issus de l’Agit-prop.

Erik Bulatov - Unanimes - 1987
Erik Bulatov, Unanimes, 1987
Erik Bulatov - Horizon rouge, 1971-72
Erik Bulatov, Horizon rouge, 1971-72

 

Komar & Melamid - Paradise/Pantheon - 1972-73 Les expositions des premières années se déroulaient hors des espaces officiels, généralement dans des appartement ou ateliers privés. Car il va sans dire que les activités Sots, quoique tolérées, n’étaient pas appréciées par les pouvoirs en place, qui maintenaient autour d’elles un contrôle serré : censures des œuvres lors des manifestations officielles, exclusion des artistes des unions institutionnelles - arrestations aussi, parfois - et destructions d’expositions : ainsi de l’installation « Paradise/Pantheon », de K & M (cf. chronologie, années 1972-73), démolie par ordre d’état en 1974, ainsi d’une autre
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Soutien au CIPM 
par Cynthia 3000, le 21st October 2007

La ville de Marseille, pour des motifs qui sonnent comme des prétextes, souhaite déloger le CIPM (Centre International de Poésie Marseille) des locaux qu’il occupe à La Vieille Charité depuis des années.
Rappelons que cette structure unique mène un travail considérable autour de la poésie : diffusion (lectures, résidences, expositions, colloques…), édition de création, critique et recensement (Les CCP),  mise à disposition d’ouvrages (avec une bibliothèque de plus de 40 000 titres).

Une pétition de soutien initiée par le CIPM circule depuis peu, que nous vous encourageons à signer et à diffuser.


Provisoirement sans titre, extrait 
par Cynthia 3000, le 3rd August 2007

Nous avons commencé une nouvelle expérience d’écriture à deux. Extrait :

La guerre passe nappée dans sa banalité, gravement. Pourquoi se donner tant de peine, pour un festin d’asticots ? Des troupeaux expirent en palpant l’exploit simple. Des fleurs pour les domestiques. Un ministre au pied mou s’abandonne au plaisir entre deux murailles vierges, dans la crotte. Lui qui était parvenu à ne s’intéresser qu’au réel ! Lui dont la mère était si pieuse, caresse, madame, une chose qui l’amuse ! Le paysage est désespéré par ses absences, par sa façon de subjuguer sa souffrance trafiquée. Un métaphysicien, pour l’exciter encore, devrait lui expliquer grossièrement à l’oreille que l’impossible est incurable. L’amant rumine devant l’idée de vivre en peignant sa maîtresse : « là dedans je m’ennuie comme ces bateaux traversant la hirvière à l’aide d’une corde ». Il découvre par suite le mal, madame (vous êtes un peu trop crédule), avec d’atroces grimaces de saint. De la ruelle à son lit, il se plaît à sentir une fille démente à la robe de princesse sourde-muette. Ce qu’on ne saurait imaginer étonne et fatigue – raideur du doigt – la mortelle confessée, la nuit détendue à négliger la morgue de son Christ refoulé.

§

Surmontant le dossier, une idole, un robot-jouet en plastique, aux pieds duquel on a collé un carré de tissu couleur de cheveux qui sert de fond à la figure grise (dans l’abdomen un appareil émet de la musique et, lorsque tout le mécanisme est en mouvement, prend des photographies).
A la première mesure du refrain, la danseuse et le général, l’un vis-à-vis de l’autre, ont fait un balancé. « En suivant le rythme du morceau sans le quitter du regard, je me donnais l’illusion de devenir, me changeais en panthère avant de déposer panty ».
Assis, l’homme qui ne porte qu’un justaucorps en imitation de peau (comme pendant à la robe fauve dont Auréole s’est parée) s’occupe lui-même de tout le détail de l’organisation.
Main droite sur le tube à déplacement lent, il manœuvre les commandes qui permettent à l’eau de se répandre, de balayer la scène. Pourvu que l’étendue soit suffisante, le glissement de l’électricité peut stimuler de loin, comme un doigt sous la peau, « comme une ceinture invisible qui enserrerait la réceptrice », les ramifications nerveuses de l’être tant convoité : elle danse.
Un moteur ou une dynamo qui sait échauffer l’air en un point précis, lumineux rougeoiement désagréable à l’œil, à distance consume les brides et rubans, atténue les résistances. Elle danse quelque chose d’à la fois robuste et élégant, vite un bandeau de poil porté seul à la taille et maintenant rien sur ses jambes blanches.
- Voulez-vous être comme à moi ?
Les prothèses tombent, tombent un à un les attributs ; sur le versant animé de la face, une saillie importante, un trou en place de bouche caractérise un extrême consentement.

Céline Brun-Picard & Grégory Haleux


Pétition de l’Atelier du gué - Tarifs postaux et circulation des idées 
par Cynthia 3000, le 6th February 2007

l’Atelier du Gué, éditeur indépendant, nous à envoyé voici quelques jours cette pétition dont il est l’initiateur, et qui relève et s’inquiète des hausses des tarifs postaux, du resserrement des contraintes pour l’accès aux tarifs presse, et des suppressions de tarifs d’expédition économiques. 
Ces évolutions discrètes et régulières des services de La Poste ne sont pas sans impact sur toutes les pratiques de diffusion par correspondance, et en conséquence sont dangereuses pour des secteurs fragiles comme celui de l’édition indépendante. Il va sans dire qu’elles desservent aussi le lecteur, et tout ceux qui participent à la diversité du secteur.

En voici le texte :
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Amer, revue finissante 
par Cynthia 3000, le 31st January 2007

Saluons l’apparition d’une nouvelle et très originale revue, de la région lilloise, consacrée aux « littératures finiséculaires » : Amer, revue finissante.

Au sommaire de ce premier numéro, des nouvelles (Jean Richepin, Octave Mirbeau, Guy de Maupassant, Marcel Schwob), mais aussi des études.
D’abord, par Ian Geay, une passionnante réflexion sur la fellation « devenue, au cours du dix-neuvième siècle, un thème littéraire à part entière, à travers notamment la dérivation cannibalique de l’oralité et le succès du thème vampirique », sur l’irrumation qui « apparaît également comme un dispositif d’écriture visant à réconcilier l’art et la vie ». IL*** aux lèvres tuméfiées ne le contredirait pas.
Autre étude, celle de Johan Grzelczyk s’intéressant à Nietzsche qui, dans ses
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Librairie Tiers-Livre : quelques réactions 
par Cynthia 3000, le 28th January 2007

Dans notre article sur la « Librairie Tiers Livre », nous citions les premières réactions que nous avions repérées, toutes enjouées, à l’initiative de François Bon. Depuis, nous en avons découvert quelques autres, allant dans un autre sens…

 

@ "Cet immense sentiment de solitude" par Joël Faucilhon :

« Nous savions qu’une grande partie des éditeurs, quelles soient leur taille, avaient déjà enterré la librairie indépendante. Nous savons maintenant que les auteurs pensent de manière identique. […] »

Joël Faucilhon est également l’auteur de l’article paru dans le Monde du 30 novembre 2006, "Apprendre à vivre avec le numérique que François Bon
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La fable du pionnier et du serveur 
par Cynthia 3000, le 19th January 2007

Après la direction de collection avortée dans les pleurs (et resurgie dans le silence), après le Tiers Livre aussi éditeur, voici François Bon « très bien libraire » (sic).

- Voici donc une nouvelle rubrique, et particulièrement innovante

Revendiquant régulièrement le titre de pionnier (notamment l’un des tous premiers à avoir fait entrer la littérature dans le net, à avoir créé son site d’auteur), notre homme croit une fois de plus frapper très fort en qualifiant d’innovation sa dernière trouvaille : une soi-disant librairie, en fait un partenariat avec Amazon, système adopté depuis longtemps par un bon nombre de blogs dont les propriétaires, pour la plupart, veulent gagner
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Bonne année 2007 
par Cynthia 3000, le 4th January 2007

* BONNE ANNEE A TOUS *

et

pour les mal-décentralisés
pour les libraires désabusés
pour les illuminés de l’appel à soutien
pour les encenseurs précoces de poètes mourants
pour les encenseurs tardifs de poètes mourants
pour les encenseurs mourants de poètes précoces
pour ceux qui des fois, on en a marre
pour ceux qui tètent des gondoles
pour les fétichistes des nouveaux media
pour les surpris par le medium
pour les subventionnés sans scrupules
pour les subversifs sans surprise
pour les déterreuses d’auteureuses
pour les égéries féministes
pour ceux qui épatent à ti épatent à ta
pour les aspirants précurseurs inspirés par le curseur
pour ceux qui s’inquiètent de la cadence
pour la syncope ! AH AH !!!

ce heavy slow (mp3)

(merci à Number06)


… ni Noël - eh, crame les pitres ! - … 
par Gregory Haleux, le 18th December 2006

… ne l’avala, Ubu : n’être bu adulé !

[Elu d’Aubert, en Ubu à Laval en […], sert – ipse – le marché léonin.]

Nous entrons bientôt dans l’année Jarry, qui en 1907 eut la bonne idée de mourir la veille du jour des morts après avoir réclamé un cure-dent, solution imaginaire idéalement trouvée pour embrocher les vers féroces. Plusieurs festivités, hommages, sont prévus pour ce centenaire : expositions, colloques, lectures, mais aussi fêtes cyclistes, nautiques, etc. Le calendrier de ces manifestations est disponible sur le site consacré à cet anniversaire jarryque. Ce site est une mine : il offre non seulement des images (photos, gravures et diverses illustrations) mais surtout
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De Marie-Laure Dagoit à Cynthia 3000 
par Cynthia 3000, le 8th December 2006

Marie-Laure Dagoit - Soins d'une poupée (dédicace)

Quasi un an avant la sortie de notre premier livre, nous rencontrions Marie-Laure Dagoit et lui faisions signer un de ses livres à l’intention de Cynthia 3000. C’était le 2 novembre 2005, à l’occasion des dix ans de Derrière la salle de bains, et à l’époque nous présentions Cynthia 3000 comme "notre poupée et notre future maison d’édition". Ambiance rock-stars, biture & bas filés.


Javier Lara-Gomez & Australian Outsiders 
par Celine Brun Picard, le 30th November 2006

"S’il y a quelque chose de vraiment bien avec mon travail c’est la liberté que j’en retire. Je consacre de nombreuses heures chaque soir dans ma cellule à créer, construire et donner vie aux rêves qui me viennent toujours en tête quand je pense à mon adorable famille. Ce qui rend cela vraiment intéressant, c’est la manière dont je dois utiliser mes capacités d’improvisation pour créer, à partir de déchets de toutes sortes, ces belles constructions qui m’apportent de nombreuses satisfactions et la paix de l’âme qui m’est nécessaire."

Javier Lara-Gomez a réalisé toutes ses oeuvres au centre de détention de Long Bay, à Sydney, entre 1993 et 1997, organisant son travail entre
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Unica Zürn et les poèmes anagrammatiques 
par Gregory Haleux, le 25th November 2006

Il faut absolument aller voir l’exposition des dessins et peintures d’Unica Zürn à la Halle Saint-Pierre (jusqu’au 4 mars), admirer la beauté de ses visions de délire, monstrueuses, composées d’insectes, de plantes, de centaines de visages, de formes organiques, … Après la réédition de ses récits (L’Homme-Jasmin, Sombre printemps, les inédits de Vacances à Maison Blanche) et cette exposition de ses dessins, nous aimerions pouvoir lire ses recueils de poèmes-anagrammes.

On peut pour l’instant en lire quelques-uns, présentés en bilingue dans le récit de sa folie qu’est L’Homme-Jasmin (1970). Unica Zürn les commente, explique sa manière de procéder, obsessionnelle.
« Inépuisable plaisir pour elle que celui de chercher une phrase dans une autre phrase. La concentration et le grand silence que réclame ce travail lui donnent la chance de pouvoir s’isoler complètement du monde qui l’entoure et même d’oublier cette réalité. […]

La vieille et dangereuse fièvre des anagrammes l’a reprise. Il en naît une après l’autre. Dangereuse pour elle parce que de nouveau elle se retranche du monde qui l’entoure. Une nouvelle crise qu’elle ne remarque pas lui échoit en partage. […] »
Voici trois de ces poèmes, traduits par Ruth Henry et Robert Valançay :

 

HINTER DIESER REINEN STIRNE

Hinter dieser reinen Stirne
redet ein Herr, reist ein Sinn,
irrt ein Stern in seine Herde,
rennt ein seid’ner Stier. Hier

der Reiter Hintersinn, seine
Nester hinter Indien — Irr-see —
Irr-Sinn, heiter sein — Ente der
drei Tinten-Herrn — reisen sie
— ein Hindernis ! Retter seiner

Dinten-Herrn — ist es eine Irre ?

 

DERRIERE CE FRONT PUR

Derrière ce front pur
Un monsieur parle, une idée voyage,
une étoile s’égare dans son troupeau,

un taureau de soie s’élance.
Voici le cavalier Réticence,
ses nids sont derrière les Indes.
Mer en folie — Folle idée.
Serein — Le canard des trois seigneurs de l’Encre.

Ils voyagent — des traverses ! —
Sauveteur des seigneurs de l’Encre —
Est-ce une folle ?

*

DER GEIST AUS DER FLASCHE.

Steig’ aus der Flasche ! Der
siegt, der aus der Flasche
als die Feder gruesst. Ach —
See-Adler, Frische, Du Tag !

Der Geist aus der Flasche
fragt Dich aus. Der es lese,
schaurig der Edle, fasste
Dich Graus. Fels der Aeste
sag’, es rauscht. Die Felder,
als sich das Feuer regte,
lag Erde, Frische des Tau’s.

Durst als Gefieder, Asche

aus Glas, fischte der Erde
Gift. Rasch’le, rede aus des
Fasses guter Lach’, die der
Drude Leiche frass, sagte
der Geist aus der Flasche.

Sag’ es aus der Feder Licht,
Tag der Schauder fliesse.

Lese das Gesicht der Frau.
Aus der Flasche steig’ der
Tau. Ed’le Grasfrische des
Flusses, ach, der Tage drei.

Es rauscht das Gefieder,
der Schlaf ist aus. Gerede
der Flasche steig’ aus der

Figur. Rede sachte als des
Geistes Rauch, da der Fels
Des Auges Adel erfrischt.

Ich grüsse das Alte : Feder,
Falter, Scheide des Grau’s.
Sag’ es der Frau : Lichte des
Teufels, dass sich der Arge —

der Geist aus der Flasche —
die Fresse drausgelacht.

 

L’ESPRIT HORS DE LA BOUTEILLE.

Sors de la bouteille !
Il vaincra celui qui hors de la bouteille
Salue comme une plume. Ah !
Grand aigle de mer, fraîcheur, ô Toi jour !

L’esprit sorti de la bouteille
t’interroge. Qu’il lise cela,
terrifiant le noble, l’horreur t’a saisie.
Rocher des branches, dis, cela bruit.
Les champs — quand le feu bougea

resta la terre. Fraîcheur de la rosée.

La soif : plumage. Cendre
de verre pêchait le poison
de la terre. Qu’elle crépite, qu’elle parle
par la bonne flaque du tonneau
celle qui dévora la dépouille de la druidesse

déclara l’esprit de la bouteille.

Dis-le par la lumière de la plume.
Ecoule-toi jour de frissons.
Lis le visage de la femme.
Sors donc de la bouteille, rosée
Noble fraîcheur d’herbe

montant de la rivière.
Hélas ! Trois jours, trois

Il bruit le plumage.
Fini le sommeil. Le discours
de la bouteille monte du personnage.
Parle doucement comme la fumée de l’esprit
puisque le rocher rafraîchit la noblesse de l’œil.

Je salue le passé : Plume
Papillon, partage des gris.
Dis-le à la femme : Lumière du diable
pour que l’esprit malin sorti de la bouteille
en crève de rire.

*

DIE SELTSAMEN ABENTEUER DES HERRN K.

Es ist kalt. Raben reden um den See. Reh

und Amsel trinken Tee. Rabe, Seher des
Unheils am Abend. Erste Sterne. Rede, K. !

Die ernste Unke Starb sehr elend am
Hik. Nebenan redete der Esel’s-Traum. Es
blutete die Nase des armen Herrn K. See,
dunkler See der Raben. Atmen heisst
Leben, heisst rankendes Traeumen der
seltsamen Abenteuer. Die des Herrn K. ?

 

LES ETRANGES AVENTURES DE MONSIEUR K.

Il fait froid. Des corbeaux parlent autour du lac.
Biche et merle prennent le thé. Corbeau,
Prophète de malheur dans le soir. Premières étoiles. Parle, K. !
Le crapaud grave est mort très misérablement au Hik.

Tout à côté le rêve de l’âne parlait.
Le nez du pauvre monsieur K. saignait
Lac, sombre lac des corbeaux. Respirer
veut dire vivre, veut dire que le rêve
des étranges aventures s’épanouit en vrilles.

Aventures. Celles de monsieur K. ?

 

Unica Zürn écrivit deux recueils de poèmes-anagrammes. Le premier, Hexentexte (1954), ne fut jamais traduit. Le second, Oracles et Spectacles (1967), n’est pas réédité.

 

Dans sa Petite Anatomie de l’image (1964), Hans Bellmer donne l’exemple de la phrase anagrammable - « le corps est comparable à une phrase qui vous inviterait à la désarticuler, pour que se recomposent, à travers une série d’anagrammes sans fin, ses contenus véritables » - et cite le poème « Rose au cœur violet », dont chaque vers est une anagramme du titre.

 

ROSE AU COEUR VIOLET

Se vouer à toi ô cruel
A toi, couleuvre rose
O, vouloir être cause
Couvre-toi, la rue ose

Ouvre-toi, ô la sucrée

Va où surréel côtoie
O, l’oiseau crève-tour
Vil os écœura route

Cœur violé osa tuer

Sœur à voile courte — écolier vous a outré

Curé, où Eros t’a violé — où l’écu osera te voir
Où verte coloriée sua — cou ouvert sera loi

O rire sous le couteau
Roses au cœur violet

 

ROSEN MIT VIOLETTEM HERZ

Hortensie reitet zum Olm

Sie loht im Zorne, meutert
Hœr’ Untier, Mimose lenzt
Entrœte sie im Holzturm
Lunte her, zittere im Moos
Turmotter ziehe mein Los
Immer zeitlose Totenuhr

Romhure zotet mit Eselin — Listviehmormone zetert
Nimm Lottes Eiterzeh’ vor — Lusttote nimm rohe Reize
Heize Monstrumteile rot — Los, hetzte mir vier Motten

Vorzeiten-Himmel rostet
Ins leere Ruhm-Motto Zeit
Zieht Reim vom ersten Lot

Im letzten Ei Rest vom
Ohr Violetter Zenith-Sommer

 

Ce poème fut écrit en 1945, en français, par Hans Bellmer et Nora Mitrani, avec l’aide de Joë Bousquet pour trois vers (la version allemande de Bellmer date de 1954). On peut le considérer comme le premier poème anagrammatique.

 

Les lettres de Hans Bellmer et Unica Zürn au Docteur Ferdière, outre sur la personnalité des deux artistes et leur relation, apprennent beaucoup sur l’origine de ce poème et ceux d’Unica. L’édition de ces lettres (Séguier, 1994) comprend d’ailleurs une postface très instructive, d’Alain Chevrier, intitulée « Sur l’origine des anagrammes d’Unica Zürn ».

Hans Bellmer, le 1er novembre 1964 à Gaston Ferdière : « Moi même, je m’occupais à aider un écrivain et poète allemand de traduire mon Anatomie de l’image en allemand. Puisqu’il y avait des anagrammes ou "poèmes"-anagrammes en français il fallait que j’en refasse, en partant de la même ligne ("Rose au cœur violet" de Nerval), une chose pareille en allemand. Unica (qui était fasciné par mon vieux texte, préface de La Poupée (1934. Ed. française chez G.L.M.) texte écrit en allemand), se montrait un peu revêche vis-à-vis de mon Anatomie. Pourtant, en me voyant faire mes anagrammes mystérieuses, elle commençait à m’aider un peu dans ces rébus ou puzzles à résoudre. Jusqu’au jour où elle commençait à en faire elle-même, avec une obstination et une joie fiévreuse, car, en effet, il faut une obstination une ténacité quasi maladive pour réussir.

Parfois je lui fournissait la ligne de départ :
par expl : "Das Spielen der Kinder ist streng untersagt"
(Les Jeux des enfants sont strictement interdits)
(dans les cages d’escaliers ou dans les cours des maisons)
- On trouve ces affiches dans toutes les entrées des maisons berlinoises.
ou bien : "La carotte est une racine nutritive".

En un tour de main, Unica avait acquise une telle maîtrise et amplitude que j’obligeais un marchand d’Art de Berlin, le fils de l’Editeur Springer qui avait publié l’incomparable livre de Prinzhorn : Bildnerei der Geisteskranken (création des alliénés)
le livre d’Unica a paru, "Poèmes" d’Anagramme et 10 dessins sous titre de

HEXEN   en français je traduirais :   TEXTES DE
TEXTE                                                     SORCIERE
»

 

Si Unica Zürn a développé le procédé au point de créer un véritable genre poétique, son exemple fut peu suivi en France. Il y eut tout de même Michelle Grangaud, qui commença par publier trois recueils de poésie anagrammatique : Memento-fragments (1987), Stations (1990) et Renaîtres (1990). Michelle Grangaud s’inspire de la manière d’Unica Zürn : un titre, qui est bien souvent une citation, suivi du poème dont chaque vers est l’anagramme du titre. Dans Memento-fragments, six poèmes procèdent de phrases d’Unica Zürn (en fin d’ouvrage, la table se présente comme un "index des auteurs cités"). Voici trois d’entre eux :

 

l’agonie de l’univers

l’argile deviné nous

allions rue de vigne
il neige velours d’an
gel noir d’une salive
ville d’eau grise non
I.V.G. dans une oreille

sur la ligne de vie on
rêve d’ange illusion

loin d’un visage réel
œil du gin à l’envers
une idée, gravillons.

*

S’il était possible d’écrire un poème

réalité nue – impossible corps tiède

d’une porte impossible – été si claire
issue – amble de lit – piste incorporée
tombe iris épis – parole du silence et

boisée, emplie – s’il, pourtant, ce désir…

*

Lamentations, turbulence, rébellion

l’instant brûle l’aube il monte encore
l’année un soleil mal écrit béton brut
un blanc – matinée trouble – le soir lent

bruni – tâtonnements – l’oubli le lacère
silence balbutier un nom – la lettre – on
est mêlé – un brouillon traîne blanc et

muet branle-bas – tiret – on colle l’ennui
l’absent – l’ombilic – lenteur autre néon
un lambeau-nil – octobre sent l’inerte l’

embrun bleu la constellation ternie –
on scrute le lointain bel album entre
Lion et Balance lune bruit le monstre
linceul – on étire semblable tournant –
rancune – l’œil et le nimbe – troublants

bibelots – l’urne lancine la tourmente
l’innocent natte la bure s’embrouille
l’obscurité tremblante l’annule noie
l’ombre lente oui lent blues incarnat

l’attente l’amour bulbes en crinoline
sein l’outre-mer cobalt – néant bleu-lin
– l’automne brûlé blanc s’éteint le noir

tremblant – on tire loin un bleu-escale
lente mer – station brouillée – un blanc

 

Dans l’ensemble des expérimentations de Georges Perec basées sur les lettres, il y a ses poèmes hétérogrammatiques. L’hétérogramme est un cas particulier de l’anagramme : comme le dit Perec dans l’article, consacré à cette contrainte, de L’Atlas de Littérature potentielle, le texte hétérogrammatique s’autorise des coupes (comme exemple de textes dont "chaque vers est un énoncé complet" il donne … "Rose au cœur violet")

« j’ai fait 4 recueils dont Alphabets est le plus important, mais j’en ai fait d’autres plus petits : Ulcérations qui est uniquement avec 11 lettres sur la lettre C où il y a 400 permutations, La Clôture où il y a en plus un joker, comme au scrabble il y a une lettre blanche et Métaux que j’ai fait pour accompagner un recueil de gravures de Paolo Boni où il y a 14 lettres, ce sont des sonnets, j’appelle ça des sonnets parce qu’il y a 14 vers et je crois que je vais m’arrêter maintenant. » (dialogue avec Bernard Noël du 20 février 1977 sur France Culture).

Perec semblait très familier avec les œuvres d’Unica Zürn et Hans Bellmer  :  dans  l’émission "Poésie ininterrompue" qui lui est consacrée en 1977, il lit entre autres un extrait de La Petite Anatomie de l’image (le passage qui précède celui des anagrammes) ; il a glissé, dans La Vie mode d’emploi, des citations des deux artistes ; sa dernière compagne, Catherine Binet, a réalisé un Film sur Hans Bellmer (1972) et Les Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz (1980), en partie inspiré par Sombre Printemps d’Unica Zürn. Bernard Noël, dans un texte intitulé "Souvenir de Perec" : « Unica Zürn et Hans Bellmer, grands inventeurs d’anagrammes, étaient le point de départ de conversations qui nous occupaient des heures tout en arpentant les rues dont le froid avait chassé les passants. »

 

On peut lire également les poèmes anagrammatiques d’Elisabeth Chamontin, ceux de Patrice Besnard et ceux de Gilles Esposito-Farèse, notamment ce sonnet « dont tous les vers sont des anagrammes
du dernier, à savoir le « Chantre » d’Apollinaire » :

Tranche !

(Des mots de requiem : sépulture à contrainte)

La mort qui sans merci, détendue et porteuse
De superstitions, quémande arme et clôture;

La poussière de mort qui t’attend me censure
Quand rit turpidement rosée l’escamoteuse.

Qu’un repos éternel soit dit, Madam, et creuse
Destin moqueur sans tact, oeil et remède pur
De notre ultime acmé, des paniques tortures,

Piment qui soûlera de cendres ma trotteuse.

Camarde trop menteuse, intruse, te disloque
L’espoir d’éternité. Dans ta mue tu me croques,
Me dorlotant, sadique, irrespectueusement :

Tu t’admets qu’éditée pour clore mes narines…

Sers drame quotidien ! Coupe leur testament
Et l’unique cordeau des trompettes marines !

 

Mais c’est surtout en Allemagne que s’est particulièrement développé le genre, avec non seulement Oskar Pastior dont nous parlions récemment, mais aussi Stephan Krass, Neda Bei, et bien d’autres, comme semble le démontrer ce livre.

 

Autour de l’exposition :

- présentation biographique + préface de Ruth Henry à Vacances à Maison Blanche
- compte-rendu + biographie

- article de Philippe Dagen
- entretien avec Ruth Henry

Textes & dessins :

- dessins

- dessins à l’Ubu Gallery
- catalogue d’exposition de dessins des années 60 (pdf)
- article de Didier Garcia sur L’Homme-Jasmin

- « Unica Zürn : un surréalisme de l’enfance et de la folie », étude de Virginie Pouzet-Duzer (pdf)
- « Unica Zürn : un corps violenté », étude de Marie Blancard

- quelques poèmes anagrammatiques d’Unica Zürn
- « Unica Zürn »

Sur l’anagramme :

- article de Jan Baetens sur le procédé littéraire de l’anagramme
- une page d’Eric Angelini sur l’anagramme


Les Instants vidéo numériques et poétiques 
par Celine Brun Picard, le 17th November 2006

affiche Instant vidéo 2006La 19ème édition des Instants vidéo, festival devenu nomade voici trois ans, et qui cette année se balade entre Marseille, Buenos Aires, Mar de la plata, Montevideo, Aix-en-Provence (…), a débuté en octobre et se déroule jusqu’en décembre. Les projections et rencontres proposées sont nombreuses, gratuites, et il est encore temps de consulter le programme (à vrai dire j’y figure, mais il est un peu tard pour donner l’info : hier à la MJC de Martigues, on pouvait voir, réunis sous l’appellation Ville image, des travaux de Daniel Dugas, Zhenchen Liu, Perry Bard,
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L’instant usé à polir (2) 
par Gregory Haleux, le 14th November 2006

en exemple tout se prête l’hélice
éparse de poïzèile ;
cette nuit seule, je la rêve
qui gît ténue, de la
vigne ; s’offrir non
souffrir que l’ombre ne chante pas
le le réel ; et que ce qu’elle chante,
j’en semble (fuite, excès
rompu) trop impertinemment noué
pour l’inciper.


Concert de T.0 
par Gregory Haleux, le 1st November 2006

T.0 est le nom sous lequel une non-formation se produit quelquefois en concert. Le plus souvent sans public, ou un public très limité. C’est autour de l’ami Ben que ça se passe. Généralement, on se retrouve chez lui ou chez nous, ou
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Hommage à Oskar Pastior 
par Gregory Haleux, le 18th October 2006

Oskar Pastior, le seul membre allemand de l’Oulipo, est décédé le 4 octobre dernier alors qu’il devait recevoir le grand prix littéraire Georg Büchner qui lui avait été attribué quelques mois plus tôt. Poète à l’œuvre abondante (mais peu traduite en français, sans doute à cause des difficultés que ses textes peuvent poser à la traduction), il s’intéressait autant à la poésie à contraintes (notamment la sextine, l’anagramme et le palindrome) qu’à une manière, de traiter la langue, inspirée de dada (il apparaissait d’ailleurs encore récemment dans l’Action poétique consacré à dada, avec un poème en hommage à Hans Arp). Entre ces deux tendances, il fut un joueur de mots, un expérimentateur, qui retint
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Ils prirent Cynthia 3000 et ils la naquirent 
par Cynthia 3000, le 10th October 2006




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