Sots
par Celine Brun Picard, le 31st December 2007
Nés respectivement en 1943 et 1945, Komar et Melamid sont les fondateurs du Sots Art ("socialisme" + "Art"). Créé en 1972 en URSS, en référence à l’occidental Pop Art, il se présente comme "un art soviétique pop et conceptuel basé sur la propagande socialiste et la culture de masse" (cf. chronologie, année 1972). Les œuvres des artistes qui collaborèrent à ce mouvement ou qui en furent proches (K & M, Leonid Sokov, Ilya Kabakov, Erik Bulatov…) se caractérisaient, dans leur liberté prise face aux courants officiels qui se devaient de les guider à l’époque, par une mise en scène critique des signes du pouvoir, autant que de ses canons de représentation : art de la ruse, de la combinaison et du détournement, qui en passait quelquefois par une soumission jusqu’à l’excès aux styles du réalisme socialiste, qui usait les icônes et slogans issus de l’Agit-prop.
Erik Bulatov, Unanimes, 1987
Erik Bulatov, Horizon rouge, 1971-72
Les expositions des premières années se déroulaient hors des espaces officiels, généralement dans des appartement ou ateliers privés. Car il va sans dire que les activités Sots, quoique tolérées, n’étaient pas appréciées par les pouvoirs en place, qui maintenaient autour d’elles un contrôle serré : censures des œuvres lors des manifestations officielles, exclusion des artistes des unions institutionnelles - arrestations aussi, parfois - et destructions d’expositions : ainsi de l’installation « Paradise/Pantheon », de K & M (cf. chronologie, années 1972-73), démolie par ordre d’état en 1974, ainsi d’une autre
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Calcul de la surface du barbeau
par Gregory Haleux, le 11th December 2007
« Aller à la pêche, ça coûte rien. Pis des fois t’attrapes ton poisson. Mais j’suis pas Poisson »,
Jean Barbeau, in Les Gars,
Leméac, 1984, p. 110.
Ainsi Jacques se pose la question de la coquille. Le saint de Compost’ en arborait une autre. Les pèlerins suivirent, avec coquilles et bourdons : Et les bourdons / Ombres de pèlerins (Jarry, « Les Paralipomènes » in Les Minutes de Sable mémorial).
Marcel Schwob : « Nous trouvons du reste à côté de coquille, resté technique dans la langue des imprimeurs, le bourdon qui désigne une erreur du même genre et qui fournissait aussi double sens pour plaisanter sur les faux pèlerins. » (in Le Jargon des coquillards en 1455)
Nom d’un bourdon ! Et dire que Jarry eut pour professeur de philosophie un certain Benjamin Bourdon qui lui enseigna, avant qu’il ne fut traduit, un autre moustachu (« L’ombre de Nietzsche (et sa bouche que nul ne vit) », Jean Coqueteau).
Jarry pour qui poissons se disaient fourneaux, un démonte-pneu une minute, s’était, sous le masque — ou la coquille — d’Ubu, fabriqué un jargon qui, dans son entourage, s’attrapait comme un mal euphorique. Ainsi au café Brosse du Grand-Lemps : « Ils ne se rendaient pas compte que Jarry ne se faisait si semblable à eux que pour les amener à se faire semblables à lui, qu’il n’adoptait si complaisamment leur langage que pour leur imposer le sien. […] les parties de bésigue, ou de quille au billard, ne tardèrent point à s’émailler d’expressions étranges que l’huissier, le juge de paix, le docteur, et autres seigneurs de moindre importance, répétaient, imperturbablement, machinalement, comme dominés par une influence mystérieuse et despotique » (Franc-Nohain, cité par Patrick Besnier in Alfred Jarry).
Les faux pèlerins coquillards, dans la tromperie et l’apprentissage du jargon
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