Gerzeul Boutrin fut évoqué une première fois sur ce blog à l’occasion de notre grand jeu concours.
Le poëte, qui a pourtant croisé le regard d’Hélène Bessette, reste méconnu des lecteurs, snobé par les revues, ignoré des critiques, absent des anthologies. Il faut dire que fort peu mondain, il s’écarta tôt du trop facile chemin de la reconnaissance.
Gerzeul ne nous a confié l’existence que de deux recueils, publiés à compte d’auteur il y a une trentaine d’année. Mais nous savons l’oeuvre foisonnante, l’homme graphomane (en témoigne le courrier abondant que nous recevons).
Le talent toujours ébouriffant, Il fêtait aujourd’hui, seul, ses 67 ans.
Répétons-le ici : bon anniversaire à toi, Gerzeul, et que par-delà l’adversité, ton Verbe demeure !
(…) La terre est aride et pourtant je m’embourbe, les sillons cotonnants, la poudre aux alouettes au-dessus du delà, gente qui m’y verra pas de sitôt, je t’ennuie pour si peu, tu me plais ma pauvrette, et l’escalier qui rugit près du pot de chambre à mon insu, près de la porte au rien, vieil ignare [ … Lire la suite ]
Pour ceux qui suivent encore - si jamais il y en eut - au pire, nous constituons ici, au mieux, les archives de l’Affaire Icart - reprenons :
Une petite semaine avant le procès tant attendu, Pillard, dans l’édition de son Aigle de Nice du 30 octobre 1898, hausse d’un cran le scandale, en attaquant plus directement le Maire : "Le principal coupable, c’est le maire de Nice, M. HONORE SAUVAN !".
Les deux articles qui suivent ont pour centre le fameux dossier : d’un côté Mme Berrut réclame à Icart le dossier qu’elle lui avait confié ; en réaction, Icart fait réclamer à Pillard d’Arkaï ce dossier qu’il avait pourtant prétendu ne pas lui avoir remis.
ELLE A PARLÉ !
Elle a parlé !…
Qui donc Elle ?
Elle, vous savez bien, elle, elle dont tout Nice parle depuis un mois, elle que vous-même, malicieux lecteur, vous avez tâché de voir, en passant tout exprès dans la rue de l’Hôtel des Postes. [ … Lire la suite ]
Retour à la littérature publicitaire.
Dans une note où nous dérivions d’un passage de Guinoiseau ou le moyen de ne pas parvenir, de Marcel Rouff, à la littérature bibendienne, nous évoquions Curnonsky et ses lundis et samedis de Michelin, dont nous n’avions alors trouvé qu’un article.
Depuis, nous avons découvert que la quatrième de couverture de L’Illustration théâtrale et de La Petite Illustration des années 1911-1914 offrait de superbes publicités derrière lesquelles, bien que signées Michelin, semble se cacher Curnonsky.
Calembours, à-peu-près, jeux polysémiques (chambre, toile, …), comparaisons excentriques, tout rappelle le Curnonsky que nous avons approché à travers Guinoiseau.
Ces publicités se présentent sur le mode parodique : sous le titre général "Le Théâtre illustré du pneu", ce sont des tableaux. L’Illustration théâtrale étant un "journal d’actualités dramatiques publiant le texte complet des pièces nouvelles jouées dans les principaux théâtres de Paris", ces tableaux détournent souvent le propos des pièces d’alors, celles de Feydeau, Gaston Leroux, André Rivoire et Yves Mirande, Pierre Frondaie, Henry Bataille, etc. Le jeu référentiel dépasse le domaine du théâtre et Curnonsky fait allusion à George Sand, Malherbe, Xavier de Maistre, aux artistes cubistes, …
Notons qu’une partie de cette grande fresque, qui mériterait d’être rééditée, fut en son temps réunie en volumes (sous la signature plus explicite de Bibendum), comme le prouve cette page de mai 1913 :
Et voici une sélection, sur la centaine existante, de 16 tableaux que vous pouvez aglandir d’un simple cric.
Suite de l’Affaire Icart… L’Aigle de Nice étant à ce moment strictement hebdomadaire, Pillard d’Arkaï revient sept jours après le numéro du 9 octobre 1898 - en grande partie occupé par l’article que nous citions dans notre dernière note - par une nouvelle salve d’articles contre Icart et la municipalité.
Rare accord, Pillard va dans le même sens que ses collègues de la presse niçoise : comment l’ensemble du conseil municipal a-t-il pu accorder un délai à Icart, accepter d’attendre l’audience correctionnelle du 5 novembre ? Ne serait-ce pas le signe d’une complicité ?
LA DÉCHÉANCE MUNICIPALE
C’est un véritable soufflet à la population niçoise et aux organes de tous les partis que le communiqué officiel où les Commissions municipales ont déclaré s’ajourner sur le cas de M. Icart !
C’est le dernier outrage à l’opinion publique !
C’est une monstrueuse tache d’huile sur le drapeau de notre vieille cité !
Pour un pareil cas de conscience, nos conseillers ont cru devoir délibérer… Mais est-ce qu’on délibère quand il s’agit d’une question d’honneur ? Est-ce qu’on n’abandonne pas sa boutique, sa position, sa famille même, quand il s’agit d’une question d’honneur ? Est-ce que le délai de rigueur n’est plus [ … Lire la suite ]
Nous savions, en allant à Nice, que nous apprendrions beaucoup sur Pillard d’Arkaï, mais pas tant ! Venus le 12 août dernier aux archives départementales pour y consulter son journal L’Aigle de Nice, nous nous sommes aperçus qu’il avait antérieurement dirigé un autre journal niçois. C’est ainsi près de 140 numéros de L’Aigle de Nice (entre 1898 et 1903) et 36 numéros du Tonnerre de Nice (année 1896) que nous avons pu photographier et qu’il nous reste à dépouiller, comprendre, sans compter deux années de son Avenir d’Antibes (1905 et 1906).
En attendant, revenons à l’Affaire Icart. Voici l’article par lequel la polémique a commencé, en une de L’Aigle du 5 octobre 1898 et dans un format à la hauteur de ses scandaleuses révélations.
Ce soir tant attendu, c’était celui du Conseil municipal au cours duquel Pillard, souvenez-vous, répondit aux explications fallacieuses d’Icart par un tonitruant "Menteur !". Dans le numéro de L’Aigle du 9 octobre que nous reproduisons ci-dessous, d’Arkaï relate, sous un titre bien mystérieux, cette [ … Lire la suite ]