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Vient de paraître :

image d'Omajajari - Collectif - editions Cynthia 3000
Omajajari
Collectif
25 €. 338 pages.
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Également disponibles :

image de Carnets d'un basedowien - Jean-Marc Baillieu - editions Cynthia 3000
Carnets d'un basedowien
de Jean-Marc Baillieu
12 €. 92 pages.
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image de Troublant trou noir - Grégory Haleux - editions Cynthia 3000
Troublant trou noir
de Grégory Haleux
7 €. 65 pages.
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IL***
de Léo d'Arkaï - suivi de
Pillard d’Arkaï, bandit des terres
, par Gilles Picq .
6 €. 60 pages.
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Etant donnes - editions Cynthia 3000
Étant Donnés
de Céline Brun-Picard
& Grégory Haleux
9 €. 104 pages.
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Charles Monselet et la poésie publicitaire 
par Gregory Haleux, le 8th April 2008

 


["Les irréguliers du Figaro" (Monselet et Vallès), par André Gill
in L’Eclipse, 24 mai 1868]

 

Voici un peu plus d’un siècle, Charles Monselet était surtout connu comme gourmet et journaliste de la bonne chair. Aujourd’hui, on sait un peu mieux qu’il fut aussi un sémillant érudit, bibliophile et goûteur des "oubliés et dédaignés", grâce notamment aux généreux articles d’Eric Dussert. Ce dernier nous apprenait dernièrement que certaines méthodes de marketing éditorial n’étaient pas étrangères à Monselet.
Au hasard de pérégrinations livresques, nous apprîmes qu’il fit bien mieux ou pis. S’il commit des "sonnets gastronomiques", répandus dans quelques revues de son cru et dans son livre Le plaisir et l’amour (Paris, F. Sartorius, 1865) – contenant des déclarations d’amour au godiveau, à l’andouillette, à la truite, à la choucroute, aux cèpes et au cochon – il participa aussi plus directement à l’industrie alimentaire et à sa publicité. Devançant ainsi ce qu’il faut bien appeler la poésie publicitaire (par exemple ce que firent et dirent Marinetti et Cendrars (1)), Charles Monselet composa un petit recueil de 12 sonnets pour la firme Feyeux : 

Les Potages Feyeux, 12 sonnets inédits par Charles Monselet. S.l.n.d. (Paris, impr. Poitevin, 1868), in-32 de 8ff. non chiffrés. (De 15 à 20 fr.)

Couverture illustrée. Le premier feuillet est occupé par une réclame de la maison Feyeux, son historique et la liste des récompenses obtenues par elle dans différentes expositions. Les 12 pages suivantes contiennent chacune un sonnet ; la signature de Ch. Monselet se trouve au bas du dernier. Voici les titres de ces douze sonnets : Tapioca Feyeux. – Couscoussou des Arabes. – Farine de petits pois. – Crème de riz. – Maranta des Antilles. – Farine de châtaignes. – Semoule d’Italie. – Sagou Feyeux. – Perles du Nizam. – Purée Richelieu. – Tapioca Julienne. – Purée Crécy.
La plupart de ces pièces ont été réimprimées dans les Almanachs gourmands et dans divers autres ouvrages.
Au recto du dernier feuillet, on trouve un prix courant des Potages nouveaux de la maison Feyeux. Au verso, une annonce pour la maison de faïences et porcelaines A. Loisy, place et rue du Louvre.
Sur la couverture, on voit, en haut, une soupière ; en bas, des marmitons, portant des paquets de tapioca, d’autres faisant la soupe dans une casserole. Le dessin placé au dos de la couverture représente une soupière portée par quatre marmitons qui passent entre des gâte-sauces armés de cuillers, de fourchettes, formant la haie. Le premier à gauche tient une oriflamme sur laquelle on lit : Potages Feyeux.
Bien qu’ils aient été tirés à un nombre considérable – des milliers d’exemplaires – ces 12 sonnets ainsi réunis sont devenus aujourd’hui presque introuvables.
On nous signale une autre édition de cette réclame imprimée en lettres italiques, et en bleu, Paris, 1868, in-64, mais nous ne la connaissons pas et nous n’en garantissons pas l’existence.

Gabriel Vicaire, Bibliographie gastronomique, Rouquette et fils, 1890.

 

On apprend également – le marketing XIXe était déjà bien avancé – que la maison Feyeux mettait en vente, dans ces années 1868-1869, une boîte en simili-cuir, avec dorures, contenant, pour la modique somme de 5 francs, 100 paquets de soupe en poudre accompagnés des sonnets de Charles Monselet, dont voici le onzième :

 

TAPIOCA-JULIENNE


Julienne ! un nom de femme,
Un doux nom composé,
Un nom qui dans mon âme
S’est impatronisé !

Julienne ! un assemblage
De légumes coquets,
Un vif bariolage
Mosaïque, bouquets !

O ma Julienne aimée !
Julienne voulez-vous
Me voir à vos genoux !

О Julienne embaumée !
Apparais, et l’amant
Se relève gourmand !

 

Que les lecteurs connaissant les onze autres n’hésitent pas à les partager !

 

(1). Marinetti composa, pour la compagnie Snia Viscosa, Le poème du vêtement de lait (consacré à la fibre textile Lanital) et Le poème de Torre Viscosa (sur le travail de la cellulose).

Blaise Cendrars publiait ce texte dans Aujourd’hui (Grasset, 1931, p. 211)

PUBLICITE = POESIE

La publicité est la fleur de la vie contemporaine: elle est une affirmation d’optimisme et de joie ; elle distrait l’oeil et l’esprit.
C’est la plus chaleureuse manifestation de la vitalité des hommes d’aujourd’hui, de leur puissance, de leur puérilité, de leur don d’invention et d’imagination, et la plus belle réussite de leur volonté de moderniser le monde dans tous ses aspects et dans tous ses domaines. Avez-vous déjà pensé à la tristesse que représenteraient les rues, les places, les gares, le métro, le cinéma, la nature, sans les innombrables affiches, sans les vitrines, sans les enseignes lumineuses ?
Oui, vraiment, la publicité est la plus belle expression de notre époque, la plus grande nouveauté du jour, un Art. Un art qui fait appel à l’internationalisme, ou polyglottisme, à la psychologie des foules et qui bouleverse toutes les techniques statiques ou dynamiques connues, en faisant une utilisation intensive, sans cesse renouvelée et efficace, de matières nouvelles et de procédés inédits.
Ce qui caractérise l’ensemble de la publicité mondiale est son lyrisme. Et ici la publicité touche à la poésie. Le lyrisme est une façon d’être et de sentir, le langage est le reflet de la conscience humaine, la poésie fait connaître (tout comme la publicité un produit) l’image de l’esprit qui la conçoit.
Cependant, dans l’ensemble de la vie contemporaine, seul, le poète d’aujourd’hui a pris conscience de son époque, est la conscience de cette époque.
C’est pourquoi je fais ici appel à tous les poètes: Amis, la publicité est votre domaine. Elle parle votre langue. Elle réalise votre poétique.

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