par Gregory Haleux, le 31st May 2008
A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 11 juin, le Céphalophore entêté est invité à la Halle Saint Pierre pour présenter ses éditions. C’est l’occasion, pour ceux qui ne les connaissent pas encore, de les découvrir.
Menées depuis 2002 par Etienne Cornevin, chercheur de livres monstres, elles se distinguent d’abord par l’inclassable revue Nouvelles Hybrides dont le septième numéro est annoncé pour fin août. Du même format que la mythique revue Bizarre et de mise en page excentrique - que de couleurs dans la graphie ! -, ses numéros contiennent les "inactes" de journées d’étude consacrées aux livres monstres : pas seulement les "livres d’artistes", mais plus monstrueusement les "livres à voir", les livres burlesques, par collage, de nonsense, de psalmanaajarrystes ou faux mystificateurs et ‘patafous.
C’est dire qu’on y trouve un univers littéraire et artistique extrêmement riche ! Des livres de François Righi à ceux du Paréiasaure, de Guillaume Dégé à Vincent Puente, du Daily Bul à Fornax, des collages de Max Ernst à ceux de Jacques Carelman, de J.J. Grandville à Cami, d’un Journal de bord de la Berlu à des études d’éléphantologie, … De quoi s’émerveiller, découvrir des territoires inconnus, mieux comprendre la folie mise à l’oeuvre.
Excentriques de gravité (2002) est le catalogue d’une exposition s’étant déroulée en Slovaquie en 2001 et dont l’idée était de présenter des "oeuvres d’artistes français contemporains dont la bizarrerie, la bouffonnerie, la folie de premier abord est telle qu’elles ne correspondent à aucune de nos attentes, et que les amis-de-ce-qui-ne- ressemble-à-rien-de-connu en sont très extrêmement réjouis, mais qui riment à… quelque chose […] oeuvres qui ne se présentent pas dans les habits de sérieux de l’Art et semblent de ce fait ignorer toute gravité, en particulier celle du jour, mais sont artistiquement, poétiquement et philosophiquement consistantes, ne sont pas faites seulement pour faire rire, ont pour enjeu une autre gravité, possiblement plus profonde."
Ainsi sont admirablement présentés, par Etienne Cornevin, critique concentrique, les travaux de 7 artistes excentriques (et vesses virent ça) : les formes symboles à portée dadasophique de François Bouillon, les installations narratives nonsensiques de Patrick Corillon, les koans de l’annagrammiste Jean Dupuy, les bricolages pop grotesques de Richard Fauguet, les objets poétiques, énigmatiques autant que loufoques, d’Olivier Leroi, les proverbes et rébus antipodistes des éditions des 4 mers (Guillaume Dégé & Daniel Vincent), enfin les livres monstres et magiques de François Righi.
Pour terminer ce petit panorama du Céphalo(phos)phore, mentionnons le lumineux Les Allumettes, ou le feu occulte (2007), de Vincent Puente. Précisons que ce dernier, dont nous reparlerons, est anarpatagraphiste et que ce n’est pas rien ! Bien plus encore, il est, entre autres hautes fonctions, Membre de l’Académie du Palatinat de Bouteille, champion olympique de Footfork (fourchette au pied) et théoricien de tératobibliocynégétique…
Il faut être sérieusement allumé pour oser présenter cette rare collection de boites d’allumettes, dont les étiquettes (petites éthiques, rappelle Guillaume Dégé en préface) se frottent aux sujets les plus délicats. Il y a de quoi se gratter la tête.
Pour continuer la visite, deux solutions : le site tout en couleurs et l’expo à la Halle Saint Pierre.

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