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Quelques lettres à Lord Jim
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Carnets d'un basedowien
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IL***
de Léo d'Arkaï - suivi de
Pillard d’Arkaï, bandit des terres
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6 €. 60 pages.
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Etant donnes - editions Cynthia 3000
Étant Donnés
de Céline Brun-Picard
& Grégory Haleux
9 €. 104 pages.
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Entre les serres de l’Aigle 
par Cynthia 3000, le 27th September 2008

Pour ceux qui suivent encore - si jamais il y en eut - au pire, nous constituons ici, au mieux, les archives de l’Affaire Icart - reprenons :
Une petite semaine avant le procès tant attendu, Pillard, dans l’édition de son Aigle de Nice du 30 octobre 1898, hausse d’un cran le scandale, en attaquant plus directement le Maire : "Le principal coupable, c’est le maire de Nice, M. HONORE SAUVAN !".

 

 

Les deux articles qui suivent ont pour centre le fameux dossier : d’un côté Mme Berrut réclame à Icart le dossier qu’elle lui avait confié ; en réaction, Icart fait réclamer à Pillard d’Arkaï ce dossier qu’il avait pourtant prétendu ne pas lui avoir remis.

 

ELLE A PARLÉ !

 

Elle a parlé !…
Qui donc Elle ?
Elle, vous savez bien, elle, elle dont tout Nice parle depuis un mois, elle que vous-même, malicieux lecteur, vous avez tâché de voir, en passant tout exprès dans la rue de l’Hôtel des Postes.

Elle… l’Agence Berrut, s’il faut l’appeler par son enseigne, sans vouloir nous souvenir de son petit nom.
Les femmes en effet aiment mieux les pots de fleurs que les pots de vin, et surtout que le pot de chambre au fond duquel opérait la municipalité, dans le silence du cabinet, et à l’insu  des simples conseillers traités à juste titre comme des simples d’esprit.
Une fois pour toutes, qu’il soit donc entendu que nous dirons désormais l’Agence Berrut au lieu de madame Berrut ou même simplement Marguerite comme se l’est permis notre confrère d’Astolfio toujours malicieux comme deux pages… du Bavard.
L’Agence Berrut donc avait fini par « enfoncer » l’étude Pineau. Elle avait fait un nombre fatidique de demi-aveux, et nous lui avions posé un nombre égal de demi-questions… pénétrantes comme des sangsues.
À force de mordre, le sang est monté… et l’Agence Berrut a cessé de faire la morte.
Oubliant les sollicitations de la dame voilée n° 2 qui était venue chanter à la première :

Ne parle pas, ma sœur, je t’en supplie,
Car nous trahir serait un grand péché.
Nul ne connaît le chèque qui nous lie
Ni le secret en le dossier caché !

L’Agence Berrut a fait à Icart sommation d’avoir à restituer le dossier.
Et voilà mon Icart une fois encore pincé !
Comment rendre ce qu’il n’a plus ? Et surtout comment aller le rechercher entre les serres de l’Aigle ?
L’Aigle tient le dossier et le tient bien. Il a prié M. Magnico de dire à l’agence Berrut qu’elle n’avait qu’à venir avec lui pour nous le réclamer à l’amiable. Et si l’agence Berrut se décide aux révélations qu’elle a promises sur Icart, nous serons les premiers à rendre justice à son honnêteté (celle de l’Agence, pas celle d’Icart).
Que l’Agence Berrut comprenne qu’elle n’a rien à craindre et que son intérêt est de tout dire sur la façon dont la municipalité a trahi sciemment les intérêts de la ville ! À cette condition, nous-même, nous ne mettrons pas en cause les ingénieurs, avocats, journalistes et intermédiaires compromis par le dossier.
Ce qui nous suffit en somme, c’est la révélation de ce que M. Grammont menaçait d’ébruiter. La Cie du Littoral n’achètera pas nos lignes à nous, comme elle a acheté celle de M. Grammont. Et cela suffira pour chasser nos municipaux comme une bande de malpropres ou ignares.
Que l’Agence Berrut nous aide dans cette besogne d’assainissement ! Qu’elle soit persuadée que le dossier est en mains plus honnêtes entre celles de Pillard d’Arkaï qu’entre celui d’Icart !
La preuve, c’est qu’Icart n’a pu obtempérer à la sommation de l’Agence Berrut.
Il y a donc ABUS DE CONFIANCE.
Toujours la loi du Talion, car nous sommes bon et obligeant mais fataliste et implacable !
Icart avait osé dire que nous lui avions dérobé le dossier. Aujourd’hui c’est lui qui va être poursuivi comme le seul voleur !
Tableau !
Et tête des complaisants du Conseil municipal !
Vrai, ils n’ont pas volé ce nouveau camouflet !
De juges indulgents, ils deviennent complices inculpés !
Le procureur de la République une fois saisi officiellement, nous tenons le dossier prêt à sa première réquisition.
Tant pis pour celui qui n’a pas su débarquer Pineau dans les quarante-huit heures !

………………………………………………………………………………………….
Collot d’Herbois disait de Saint Just qu’il portait la tête comme un Saint-Sacrement ; Saint-Just répondit à Collot d’Herbois qu’il lui ferait porter la tête comme un Saint-Denis.
Nous inspirant de ce souvenir, nous répondons aujourd’hui à ceux qui ont voulu nous faire passer en correctionnelle que nous, nous les ferons passer en cour d’assises.
C’est encore la loi de Moïse, car nous sommes bon et obligeant (nous l’avons déjà dit plus haut) mais fataliste et inplacable !…
À bon entendeur, salut !

L’AIGLE.

 

COUP DE FOLIE

 

Après avoir perdu son honneur politique en voulant perdre ses collègues, Icart ayant perdu le dossier de Mme Berrut a fini par perdre la tête.
Il y a quelques jours, on lui avait tendu un piège. On lui avait offert la restitution du dossier moyennant un reçu.
Muni de ce reçu, l’Aigle se serait présenté au procès du 5, qui aurait tourné à la confusion d’Icart.
Icart s’est méfié…
Mais il est tombé de Charybde en Scylla.
Sommé par l’Agence Berrut d’avoir à restituer le dossier, il a été littéralement saisi par l’huissier. Dans un moment d’affolement, il a envoyé à son tour une sommation à M. Pillard d’Arkaï, sans se rendre compte que cette pièce officielle équivalait de sa part à un formel aveu.
C’était donner les verges pour se faire fouetter !
M. Pillard d’Arkaï a procédé de main de maître à cette dernière scène de l’exécution.
Voici le texte de sa réponse enregistrée par M. Magnico huissier :
Qu’il ne se refusait pas en principe à la restitution du dossier à son réel propriétaire, mais qu’il refusait formellement d’obtempérer à la sommation d’Icart qui, le 25 octobre, venait réclamer par acte judiciaire le dossier que, le 5 octobre, devant tout le Conseil municipal, en séance publique, il avait affirmé solennellement ne pas avoir remis !
C’était une logique irréfutable !
Aussi, nos confrères quotidiens n’hésitèrent pas à la sanctionner, à l’approbation unanime de tous nos honnêtes concitoyens.
Et alors ces deux hommes de cœur que sont le vieux Moraglia et le jeune Giordan, travailleurs au-dessus de tout éloges, conseillers au-dessus de tout soupçon, prirent l’initiative d’une lettre de démission motivée.

 

Et, comme annoncé plus haut, voici la grande nouvelle de ce numéro de l’Aigle : Pillard attaque Icart pour diffamation.

 

ICART EN CORRECTIONNELLE

 

M. Pillard d’Arkaï, directeur de l’Aigle, a assigné M. Icart à comparaître à l’audience du 5 novembre au Tribunal correctionnel, pour s’entendre condamner à telles peines qu’il plaira au Tribunal, sur la requête du ministère public dont l’intervention est particulièrement demandée, plus mille francs de dommages-intérêts, plus l’insertion du jugement dans deux journaux de Nice, deux d’Aix et deux de Paris, pour avoir dit que M. Pillard d’Arkaï lui avait dérobé le dossier Berrut, qu’il lui donna de la main à la main pour déterminer la crise municipale.
La diffamation de M. Icart ayant été perpétrée dans l’Éclaireur et le Petit Niçois, en vertu de la loi, les gérants de ces deux journaux ont dû être cités également, mais ce n’est qu’une question de forme, et ils seront certainement renvoyés indemnes des fins de la poursuite, car ils n’insérèrent la lettre de M. Icart qu’à titre de document en la faisant suivre de commentaires de flétrissures.
Pour le dérangement que nous sommes obligés de leur causer, nous leur présentons l’expression de nos regrets.
Et nous donnons rendez-vous à Icart et à ses paravents du Conseil sur le banc d’infamie, samedi prochain à deux heures de relevée.
Icart a voulu nous y mener….
C’est Icart qui y restera !

 

Enfin, qu’est-il advenu de La Manaïra qui avait outrageusement agressé notre noble publiciste ?

 

LA MANAÏRA EN SIMPLE POLICE

 

C’est samedi dernier que La Manaïra a comparu devant le tribunal de première instance pour répondre de ses provocations, injures et violences à l’adresse de notre directeur dans la soirée du 5 octobre, à la sortie du Conseil municipal.
M. Pillard d’Arkaï, cité comme témoin, n’a pas voulu se commettre avec La Manaïra, malgré le titre pris par celui-ci d’écrivain public (presque un confrère !) et, souffrant, il a écrit au juge :
— « Qu’il regrettait de ne pas voir cité comme principal coupable le chef même de la police municipale, M. le maire Honoré Sauvan, sur lequel il aura à discuter en correctionnelle et en cour d’assises dans d’imminentes affaires dont celle de la Manaïra n’a été que la préface ; qu’il n’a pas voulu retenir les propos de la Manaïra ; que, grâce aux agents et à son sang-froid, il n’y eut qu’une cravate mise hors de combat ; et qu’ayant appris que depuis lors La Manaïra n’avait cessé de témoigner des regrets, s’il continuait à manifester ses regrets, devant le juge et si celui-ci les estimait sincères, il était le premier à solliciter du commissaire central l’indulgence de son réquisitoire, des agents l’abandon du procès verbal et du juge l’acquittement avec une bonne remontrance. »
Grâce à la modération de cette lettre, lue en audience, La Manaïra s’en est tiré avec 20 sous d’amende.
Quant à la cravate historique, nous la tenons à la disposition de celui de nos confrères quotidiens qui serait désireux d’en orner sa salle de dépêches.

BABAZOUK

 

Que nous serieux heureux et fiers d’avoir, dans les ateliers de Cynthia 3000, cette cravate héroïque !

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