par Cynthia 3000, le 10th January 2009
N° 2. Pièce acquise en 2005 dans les environs de Rouen.
Sculpture en métal.
21 x 30 x 11 cm.
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Voici la seule sculpture de la C.A.P.U.T. Elle est chouette.
Dans un premier temps, nous l’avions crue fabriquée à partir d’objets de récupération : de petits moules à gâteaux (madeleines pour les yeux, barquettes pour le plumage). L’étude de sa structure ne démentait pas cette impression.
En effet, en regardant bien entre les cuisses de l’animal, nous voyons que ce qui constitue l’armature principale, le corps, se présente comme une boîte en fer. Le genre de bidon qui aurait pu contenir de l’huile ou de la cire. Pour les cuisses s’ajoute une seconde armature, composée de deux tubes de fer soudés à cette boîte et à deux tiges de métal.
Un beau travail de bricoleur inventif, que nous imaginions occupant son samedi dans son garage, cherchant l’inspiration dans la forme de vieilles choses et de chutes gardées pour le cas où, les forgeant et assemblant au Butagaz.
Or il apparaît qu’aucun objet usuel n’est à l’origine de notre sculpture. Seul du métal brut – du clinquant, nous dit-on –, entre dans sa fabrication. Nibidon – mais une tôle courbée et soudée sur elle-même –, nimoulagalette : des dzisques métalliques mis en forme au marteau.
Chaque élément a donc été taillé dans la plaque (à moins que des chutes n’aient été utilisées, ce que l’on appelle des débouchures ; mais on se demande bien quel type d’ouvrage pourrait laisser des débouchures d’une telle forme), pour être ensuite modelé et soudé par l’artiste, qui devait disposer de moyens techniques assez considérables : poinçonnage pour la découpe de chaque plume, dont les contours identiques n’auraient pu être obtenus manuellement ; martelage à chaud pour le façonnage ; soudage par points pour l’assemblage des pièces.
Ajoutons que le travail est si soigné qu’on en vient à envisager qu’il aurait pu être fait avec des outils industriels, et pourquoi pas par un ouvrier sur son lieu de travail.
Alors, notre artiste… habile bricoleur du dimanche ou adepte de la perruque ?
Nous ne saurions répondre. Et d’autant moins que d’autres pistes peuvent s’ouvrir, telle celle encore de l’art africain, avec par exemple une sculpture en métal du Zimbabwe qui présente des similitudes avec notre objet.


Le blog 

January 13th, 2009 at 7:37 pm
L’hypothèse africaine est tentante. Lisez la prose de Demarcq sur le hibou. “Contes z’à diction”, fonds Comp’ACT des éditions l’ACT MEM. Salut et respect.
January 19th, 2009 at 12:06 am
Nous essaierons de retrouver ça, cher Dominique. En attendant, replongeons-nous dans les Zozios, du même (éditions Nous, 2008) :
Véridique, croyez-moi, c’est du vécu. Il y a plusieurs années, dans la cité royale d’Abomey où je suis né, deux grands oiseaux, des hiboux… par une nuit aussi chaude que celle-ci… sont entrés dans une maison. Le premier s’est éborgné une aile en brisant le carreau d’une fenêtre. “J’t'avais avertibou, lui dit l’autre en langue fon, qu’i’ fallait pas venir ribouldinguer par ici-bout. Cette hiboutation nous est contraire, et t’as l’aile hibousillée, voile itou ! Maintenant, dhibrouille-toi ; moi, je mets les bouts.” Sur quoi l’éclopé part en sanglots, grouhoummelle, ulule à l’aide : “bhouhoou !… peux boucoup plus bouger ; ouh sékoourrrs !! un marabouteux pour me rabistouiller.” Tel que, j’vous garantis ; et en fon, notre langue nationale (avec à peine quelques variantes hiboulectales).