par Cynthia 3000, le 8th February 2009
N° 5. Pièces acquises le 24 février 2008 à Châlons-en-Champagne.
Feutres et crayon sur papier.
Signés Valérie.
20 x 14,2 cm.
Au premier abord, on croirait du dessin d’enfant. En y regardant à deux fois – puisqu’il y a deux dessins – on se dit que ce n’est pas si simple. Et effectivement, la vendeuse le sous-entend : l’artiste est une adulte et aurait une production envahissante. On la sent gênée par nos questions, on devine une relation difficile à Valérie.
Voici donc deux gentils minous. Exactement semblables. Ou presque. Cette
répétition est troublante : on pense à la folie et à ce que le docteur Ferdière, analysant le dessin schizophrène, a nommé stéréotypie, soit la répétition d’un même dessin avec peu de variations, ce qu’on a aussi appelé « fixation invariable ».
D’autres caractéristiques du dessin schizophrène sont d’ailleurs présentes dans les deux chats de Valérie : la manière enfantine et schématique de dessiner, la tendance à l’ornementation (stries, hachures, arabesques), cette manière de délimiter des zones (ici, par les séparations bleues dans le corps), la raideur du trait, enfin l’agglutination, c’est-à-dire « une tendance à combiner des formes humaines, animales, végétales ou cristallines, de façon à produire une forme unique de haute signification magique » (Robert Volmat, L’Art psychopathologique, P.U.F., 1956, p. 163).
Mais n’y a-t-il pas une autre interprétation possible ? Si une certaine manie se remarque (dans les systèmes de tracés, dans la répétition du modèle), peut-être est-ce simplement que Valérie voulait bien faire, bien joli, bien décoré. Et qu’une fois dessiné le joli minet, elle eut envie de reproduire cette réussite. Quelques traits trop appuyés, mal gommés, nous confirment enfin que l’un des matous à été décalqué de l’autre, et que les rares différences entre les deux correspondent à de légers déplacements du calque, ou à des parties retracées grosso modo. La manière moins soignée du deuxième laisse en outre deviner un certain empressement au travail, et que l’artiste n’en était pas à sa première réplique.

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