logoweb.jpg

Viennent de paraître :

image de Quelques lettres à Lord Jim - Dominique Meens - editions Cynthia 3000
Quelques lettres à Lord Jim
de Dominique Meens
18 €. 202 pages.
[ lire la présentation ]
---

image d'Au pays du mufle - Laurent Tailhade - editions Cynthia 3000
Au pays du mufle
de Laurent Tailhade
20 €. 146 pages.
[ lire la présentation ]

Également disponibles :

Triling - Jean-René Lassalle - editions Cynthia 3000
Triling
de Jean-René Lassalle
9 €. Portefolio, 9 dépliants. [ lire la présentation ]


image du Moulin à parôles nostalgiques - Mickaël-Pierre - editions Cynthia 3000
Le Moulin à parôles nostalgiques
de Mickaël-Pierre
10 €. 80 pages.
[ lire la présentation ]

image d'Omajajari - Collectif - editions Cynthia 3000
Omajajari
Collectif
25 €. 338 pages.
[ lire la présentation ]


image de Carnets d'un basedowien - Jean-Marc Baillieu - editions Cynthia 3000
Carnets d'un basedowien
de Jean-Marc Baillieu
12 €. 92 pages.
[ lire la présentation ]

image de Troublant trou noir - Grégory Haleux - editions Cynthia 3000
Troublant trou noir
de Grégory Haleux
7 €. 65 pages.
[ lire la présentation ]

image de IL*** - Léo d'Arkaï - editions Cynthia 3000
IL***
de Léo d'Arkaï - suivi de
Pillard d’Arkaï, bandit des terres
, par Gilles Picq .
6 €. 60 pages.
[ lire la présentation ]

Etant donnes - editions Cynthia 3000
Étant Donnés
de Céline Brun-Picard
& Grégory Haleux
9 €. 104 pages.
[ lire la présentation ]

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous
Vides, une rétrospective nulle 
par Celine Brun Picard, le 5th March 2009

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
NEMO (Nihil, cap. oo).

x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x

     x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  (I)
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x

x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x

x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x
x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x  x

(I) Si j’ose m’exprimer ainsi !   (1)

 

France Culture offre parfois, à la sauvette, des occasions de franche rigolade. Soupçonnant ce genre de bonne surprise, il y a quelques jours, je me mis à écouter avec attention l’interview qui passait, de John Armleder (2), sur mon autoradio.
Avouons au passage que, ne m’intéressant plus depuis longtemps à ce que le milieu de l’art contemporain choisit de porter aux nues, je ne connaissais pas John Armleder, plasticien de renommée internationale et aujourd’hui commissaire en charge de l’exposition Vides, une rétrospective (qui se déroule du 23 février au 23 mars à Beaubourg).

Quel beau métier, commissaire… et au goût du jour, avec ça. Régalons-nous d’ailleurs avant que cela ne se tasse. Nous vivons probablement les heures
extrêmes d’un certain type de commissariat d’exposition. La profession, telle qu’elle a été projetée au devant de la scène ces dernières années, montre les symptômes d’une décadence bien engagée, et dans la mise en abyme de la mise en abyme du dispositif du dispositif, on théorise sur rien à grandes gorgées de scandale escompté : ici déployant le vide d’un hommage au vide, bluffant des interviewers qu’on dirait nés de la dernière pluie - ce vide est vide mais… c’est un vide… plein - d’altérité -, parce que le regardeur, tu vois… (ne jamais faire fi de l’enrobage pédagogique)

Je vois neuf salles vides et je note qu’il y a derrière, je viens de l’apprendre car je me force à me documenter un peu, six commissaires d’exposition, deux ans de travail et, ouf, un gros catalogue.
Bien, ne sombrons pas tout de suite dans la moquerie, car il faut reconnaître au commissaire interviewé des aptitudes pour sa tâche et une certaine fraîcheur dans l’approche de sa mission, ainsi :

Là où Armleder est subtil, c’est quand il confirme que le vide d’untel diffère bien du vide de tel autre. Vrai, et ça vous pose l’intérêt d’une rétrospective.

et, .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .   .  (3)

Là où Armleder dérange nos habitudes, c’est qu’organisant une rétrospective des grands vides de la fin du XXe siècle, il rejette l’idée, trop courue sans doute, de restituer dans leur forme initiale ces vides qu’il expose. Les cartels mentionnant nom de l’auteur, date, place de la performance et indications de compréhension figurent dans des salles toutes simples de Beaubourg, qui ne reproduisent en rien les volumes des lieux ayant originellement accueilli les œuvres (d’ici à affirmer que le vide peut se passer de contenant, il n’y aurait qu’un pas de plus. Et une exposition de moins). On voit que le commissaire, dans ce parti pris, s’écarte de la reconstitution, ou de la redite, au profit de la réactivation (le mot est employé à plusieurs reprises dans l’interview). Ces vides historiques sont des vides qu’il faut revivre : l’actualité de l’expérience contre l’historicisation de la performance, en somme.

Soit, mais à quoi bon ?

(4)

 

S’agit-il de faire découvrir au public, ou de lui rappeler, que des expositions vides ont eu lieu par le passé, liées à un contexte particulier et soulevant des questions qui sont jugées encore actuelles ? le catalogue remplit à lui seul pleinement ce rôle. Il paraît d’ailleurs qu’il est passionnant et dense, ce que je crois sur parole - Oeuvres, d’Edouard Levé, est intéressant au-delà de ce que seraient, réalisées, la plupart des œuvres que le livre projette. « Rien à voir, mais beaucoup à penser », nous dit d’ailleurs, sans ironie aucune, Emmanuelle Lequeux, dans l’article qu’elle consacre à l’exposition dans Le Monde.

au  moyen  de  quoi,  si vous réfléchissez,  monsieur,  à
part  vous    *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *
        *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *
   (5)

 

Veut-on alors donner aux amateurs avertis l’opportunité de ressentir en vrai, avec leur corps, les effets de telle ou telle vacuité, jusque-là explorée virtuellement ? C’est fort, ça. Mais outre que le rapport physique à l’espace ne fut pas, loin s’en faut, l’unique objet des artistes auxquels l’exposition est consacrée, je ne vois pas en quoi cette spectacularisation qu’est la re-mise en murs des vides offre un plus à leur intellectualisation, à la compréhension des gestes qui les ont imposés. Sauf à préjuger de l’incapacité du public à conceptualiser ou appréhender quoi que ce soit sans la béquille du vécu.
Quoi qu’il en soit, qui veux faire sa propre expérience du vide, qui même veut s’approprier celle qu’un autre lui souffle, fera tout aussi bien de se placer dans un lieu calme de son choix, son lit, un parc, Châlons le dimanche, où de rester à l’endroit même, peu importe lequel, où il se trouve. A moins de croire que l’espace du musée ne soit le seul à même de générer, par la communion spirituelle des initiés en le temple et suivant le rite, une expérience conforme à l’idée juste du vide-art… dans quelle salle vous trouvez-vous ? lisez le cartel, imprégnez-vous, détendez-vous… mmm voilà, c’est bien le vide de Klein que vous ressentez. Pas du réchauffé non, puisqu’on vous le dit. Du tout cuit.

 

     
Monochrome dans un espace culturel.
  Monochrome dans un espace vide.
(6)

 

Quoi d’autre ? Faire du bruit (« l’artiste suisse John Armleder, réputé pour son sens de la provocation », précise l’article du Monde) ? Peut-être est-ce l’explication la plus solide. Un jusqu’au-boutisme de l’hommage, qui suit sa petite logique jusqu’à investir des murs pour étaler crânement, finalement, au delà du clin d’œil gentillet qu’est la révérence au vide par le vide, ce minuscule culot : prenez-moi comme commissaire (prenez-nous : six co-curateurs) et j’oserai un truc d’artiste que n’a jamais osé aucun commissaire. Car voilà bien la seule nouveauté.


(1) « Pseudo-sonnet que les amateurs de plaisanterie facile proclameront le plus beau du recueil », in Georges Fourest, La Négresse blonde, Librairie José Corti, 1937, p. 39.
(2) Le RenDez-Vous, par Laurent Goumarre, émission du lundi 23 février 2009 de 19h15 à 20h.
(3) Clotilde de Lusignan, ou Le beau juif, manuscrit trouvé dans les archives de Provence et publié par Lord R’Hoone (H. de Balzac.), Hubert (Paris), 1822, T. 3, fin du chapitre XXIII, p.295.
(4) « Monochrome blanc sur mur blanc » in Pol Bury, Le Monochrome bariolé, L’Echoppe, 1991, p. 53.
(5) Laurence Sterne, Vie et opinions de Tristram Shandy, G. Charpentier, 1882, T. 2, Livre XI, Chap. CLXXVIII, p.35.
(6) Pol Bury, Le Monochrome bariolé, L’Echoppe, 1991, p. 25.

3 Responses to “Vides, une rétrospective nulle” You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed.
  1. Meens Says:

    Un jour qu’on me demandait ce que je ferais pour un anniversaire de Lacan (mort ou naissance allez savoir) à Beaubourg, je suggérais de vider les lieux.
    Ça viendra un jour où l’autre.
    Ces commissaires n’osent rien, car ce qu’ils osent est attendu.
    Du tout cuit, comme vous dites si bien.
    Salut et respect,
    Dominique.

  2. Appas Says:

    Une expo sur le vide, sérieuse et bien sentie, ne peut se concevoir sans un simulateur d’environnement spatial constitué d’une chambre étanche (ou étuve sous vide) activée par un groupe de pompage turbomoléculaire. Sans oublier un détecteur de fuite à l’Hélium sur le circuit de pompage de la chambre.

    Le reste, c’est du bla-bla.

    Doc technique : http://www.adixen.fr/adixen_fr/download/docs/prod/doc1prod89.pdf

  3. F. Audemar Says:

    Videur dur
    Vide hors d’hure (…)
    Vie d’ordure
    Vit d’or dure !

    François Audemar
    Poète de tradition (ou quelque chose comme ça)

Votre commentaire :

Tapez ici votre texte :



© 2018 Cynthia 3000 - editions
Joomla! est un logiciel libre distribué sous licence GNU/GPL.