par Cynthia 3000, le 17th July 2009
Pièces acquises en mai 2008 dans les environs de Reims.
N° 14.
Gouache sur papier.
Signée M. Coubard.
25 août 1953.
21 x 15,5 cm.
N° 15.
Gouache sur papier.
Signée M. Coubard.
13-3-54.
21,4 x 16 cm.
N° 16.
Gouache sur papier.
Signée M. Coubard.
14-6-54.
15 x 20,6 cm.
Lorsque nous achetâmes ces gouaches, l’artiste venait de mourir. C’est ce que nous apprit celui qui nous les vendit et dont la femme, aide à domicile, s’occupait du vieil homme ; elle s’y était attaché et était très peinée par ce décès.
A l’époque où M. Coubard réalisa ces peintures (elles sont toutes datées : 1953 et 54), il devait avoir au moins vingt-cinq ans.
Au dos de l’une d’entre elles, la première, nous trouvons cependant une
écriture d’enfant : "Pour l’anniversaire de ma petite maman chérie. 25 août 1953". Et c’est signé Michel et Françoise. Nous supposons que Françoise était la petite soeur de Michel Coubard et qu’ils avaient fait un cadeau commun à leur mère. Encore au dos de la peinture se trouve une autre mention, certainement de la main de l’artiste, imitant les caractères d’imprimerie : "Le Sage, Val d’Hérens (Suisse)."
Les trois gouaches sont des paysages de montagne. Peut-être toutes de la Suisse. Difficile de préciser en quoi ces peintures, effectivement de ces années-là, font très années 50.
Alors que je faisais visiter le Valais à C., je ne retrouvai plus, cinquante ans après, le Val d’Hérens de mes souvenirs. C. me conduisit dans les vignobles. A nos pieds s’étalait la vallée du Rhône, le Val d’Hérens se rétrécissait ; il tombait presque à pic depuis la route, des centaines de mètres, comme si nous nous trouvions dans un étroit ravin ombragé, puis il s’élargissait, loin en dessous on distinguait la vallée. Pourtant, je ne retrouvai plus cette impression de paysage lunaire. Partout des maisons de vacances, il y en avait aussi dans le village où j’avais lu Jean Paul. C. se gara, et nous plongeâmes dans l’or des forêts de mélèzes. Les revers sont-ils les seuls à demeurer dans nos souvenirs ? Du Val d’Hérens, toujours mêlé à ce sentiment confus d’inhumanité, Jean Paul. Il me hante toujours et je le mets toujours de côté. Il me fascine, et je lui en veux de mon échec avec lui. Je travaille encore sur les matières commencées avant de m’être envolé pour le Yucatan en 1969. Et l’iguane ? N’ai-je pas vu mon reflet dans cet animal ? Et, en y pensant ultérieurement, n’y vois-je pas un miroir d’où Jean Paul me décrit ? Comment se nomment les personnages que j’ai imaginés jadis ? Vogeltritt6, Tretebalg7, Letzermann8, le psychopathe Nabelpiff9 et le docteur Zwölf10. Et l’un d’entre eux, en se présentant : "Je m’appelle Nacht11. Voyez mon visage". Il ôte son nez, le pose sur la table : "Ha, ha ! Je vous ai fait peur, vous avez fait une grimace amusante."
6. Pas d’oiseau.
7. Carpette.
8. Dernier homme.
9. De Nabel, nombril.
10. Douze.
11. Nuit.
L’Âge d’homme, 1999, p. 25-26

Le blog 
















July 20th, 2009 at 1:15 pm
superbe collection !
vous acceptez les dons ?
j’ai deux ou trois toiles assez étranges trouvées dans la rue que je stocke à la cave faute de place et d’approbation familiale pour les accrocher chez moi !
July 24th, 2009 at 2:27 pm
Cher Cosmo,
Il est tout à fait possible de faire un don à la C.A.P.U.T. si vous possédez une ou des oeuvres dont vous pensez qu’elles ne dépareraient celles que nous présentons.
Nous vous conseillons alors de nous contacter par mail en nous faisant parvenir photos ou scans de vos pièces ou, si ce n’est pas possible, en les décrivant.
Merci pour la visite et le commentaire !