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Viennent de paraître :

image de Quelques lettres à Lord Jim - Dominique Meens - editions Cynthia 3000
Quelques lettres à Lord Jim
de Dominique Meens
18 €. 202 pages.
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image d'Au pays du mufle - Laurent Tailhade - editions Cynthia 3000
Au pays du mufle
de Laurent Tailhade
20 €. 146 pages.
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Également disponibles :

Triling - Jean-René Lassalle - editions Cynthia 3000
Triling
de Jean-René Lassalle
9 €. Portefolio, 9 dépliants. [ lire la présentation ]


image du Moulin à parôles nostalgiques - Mickaël-Pierre - editions Cynthia 3000
Le Moulin à parôles nostalgiques
de Mickaël-Pierre
10 €. 80 pages.
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image d'Omajajari - Collectif - editions Cynthia 3000
Omajajari
Collectif
25 €. 338 pages.
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image de Carnets d'un basedowien - Jean-Marc Baillieu - editions Cynthia 3000
Carnets d'un basedowien
de Jean-Marc Baillieu
12 €. 92 pages.
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Troublant trou noir
de Grégory Haleux
7 €. 65 pages.
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IL***
de Léo d'Arkaï - suivi de
Pillard d’Arkaï, bandit des terres
, par Gilles Picq .
6 €. 60 pages.
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Etant donnes - editions Cynthia 3000
Étant Donnés
de Céline Brun-Picard
& Grégory Haleux
9 €. 104 pages.
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La fable du pionnier et du serveur 
par Cynthia 3000, le 19th January 2007

Après la direction de collection avortée dans les pleurs (et resurgie dans le silence), après le Tiers Livre aussi éditeur, voici François Bon « très bien libraire » (sic).

- Voici donc une nouvelle rubrique, et particulièrement innovante

Revendiquant régulièrement le titre de pionnier (notamment l’un des tous premiers à avoir fait entrer la littérature dans le net, à avoir créé son site d’auteur), notre homme croit une fois de plus frapper très fort en qualifiant d’innovation sa dernière trouvaille : une soi-disant librairie, en fait un partenariat avec Amazon, système adopté depuis longtemps par un bon nombre de blogs dont les propriétaires, pour la plupart, veulent gagner un peu de fric sans prétendre à la transgression. La popularité de ce partenariat est d’ailleurs un des arguments commerciaux d’Amazon : « Des moteurs de recherche les plus connus aux sites perso les plus divers, plus de 600 000 sites web ont déjà adhéré aux programmes partenaires. Pourquoi pas le vôtre ? »

Défenseur acharné de la vraie librairie (« Amis libraires, qu’on vous garde longtemps ! »), François Bon ne veut évidemment pas lui porter le coup de grâce (il n’est pas rock’n’roll à ce point), simplement assurer ses arrières d’auteur et probablement poser sa petite brique de précurseur d’opérette (à quand un feuilleton radiophonique sur Georges Guétary ?) dans le grand bouleversement. Certains, tels des huissiers vont jusqu’à garder trace, sans doute pour certifier après-coup qu’ils avaient vu le vent tourner, eux (« elle sera un jour une pièce à conviction dans le procès sur la catastrophe de l’édition française »).
Certains libraires parleront de pacte avec le diable.
Cependant loin de nous l’idée d’accabler Amazon ou de défendre à grands cris la librairie dans sa généralité : mais des fois, on en a marre des auteurs qui se foutent de la gueule du monde. Bien qu’il ait écrit Daewoo, François Bon est capable de vilipender le manque de réactivité et d’adaptation des libraires face aux nouvelles donnes tant du métier que d’internet. Ici François Bon n’hésite pas à employer des arguments de petit entrepreneur consciencieux (« s’imposer dans le marché »).

« Je serais prêt à changer du jour au lendemain pour un partenariat qui les privilégie » : oui, nous sommes habitués à ce que François Bon, tournant sur lui-même plus vite que les bouquins sur les tables des libraires, change d’avis comme si de rien n’était. Il y a peu, il faisait par exemple remarquer qu’ … Amazon « gère des entrepôts près de Brie-sur-Marne avec des étudiants au Smic ». Dans son rapport au livre et à l’édition, FB n’a pas la constance d’Henri Michaux qu’il cite pourtant à tour de bras cassé.

- J’en connais dans des villages

François Bon a la prétention de nous présenter « un choix subjectif » de livres « qu’on ne trouverait pas ailleurs », un « environnement de sens et de qualité ».
Voyons seulement ce qu’il appelle « osons le contemporain » : le plus convenu ou connu du dit contemporain (Emaz, Quintane, Michon, Echenoz, Bergounioux, Kaplan … ces auteurs qu’on étudie à l’université), et donc le plus disponible. Répétons-le, François Bon se fout de la gueule du monde. Et de citer Le Méridien de Greenwich comme exemple du difficile à trouver…

- Tiers Livre vous offre une garantie

D’abord celle d’être accueilli « sur les serveurs du premier de la vente en ligne, Amazon ». Quel honneur ! Quel langage ! François Bon fait un excellent « Partenaire » en adoptant un parler marketing qui montre une capacité d’adaptation étonnante, voire effrayante, continuant : « Donc d’abord une garantie technique, fiabilité du service, possibilité de retours […] Il ne vous en coûtera absolument rien de plus que lors d’un achat en ligne directement sur vos sites habituels, prenez le temps de comparer les prix, et le port est gratuit à partir de 20 euros, donc 2 livres suffisent. »
Fidèles et innocents lecteurs du Tiers Livre, gare au bonimenteur qui, grâce au n°1 de la vente en ligne, fera de vous un « tiers » lecteur payeur. : « En contrepartie de la fourniture de services de marketing, nous vous paierons (…) une commission sur la vente de produits à des tiers via votre site » (c’est Amazon qui parle).
Notons qu’il est très intéressant de lire les clauses du Programme Partenaire d’Amazon : où l’on verra que François Bon suit de près certaines recommandations (« Vous pouvez également décrire le Programme comme « le n° 1 de la vente sur internet ») mais en néglige d’autres  (« décrire le Programme comme « le n° 1 de la vente sur internet avec plus de 400 000 participants. » » (nous soulignons)).

Libraires, aidez nous à ce travail hors sol (…), proposez nous les outils nécessaires  :

Certes aStore, le système de boutique en ligne fourni par Amazon, qui « peut être intégrée avec une seule ligne de code dans un site existant! », « - sans connaissances en programmation! » a comme attraits premiers sa rapidité de mise en place et sa maintenance facile.
FB, qui n’a de cesse de reprocher aux libraires et auteurs leur incompréhensible lenteur à mettre la main à la pâte et le site dans le web - quand foisonnent des outils enchanteurs, et d’une simplicité remarquable - ne pouvait sans doute qu’être sensible à ces arguments de fond.
Or, un des défauts notoires du si commode joujou, c’est l’exclusivité du partenariat que sous-tend son utilisation. Ainsi, en faisant ce choix (et qui plus dans « une acceptation lucide et non naïve ») de générer et gérer sa boutique uniquement via le système aStore, FB s’impose de n’y faire figurer que les ouvrages présents sur Amazon et de ne les voir accompagnés que des descriptions éditeur, fournies avec le lot, et s’interdit, du même coup, d’inciter à la lecture de tous les livres de l’édition indépendante qui ne sont disponibles qu’en s’adressant à son libraire ou seulement à l’éditeur… – misère.

Nous précisions plus haut que nous ne souhaitons pas descendre Amazon, alors contentons nous d’émettre une seule mais sérieuse critique, relative à une sale habitude de l’enseigne qu’il faudrait pourtant appeler n°1 :

Si Amazon répertorie un grand nombre de publications, provenant d’un large choix d’éditeurs, son grand tort est de faire figurer plus souvent que nécessaire la mention « actuellement indisponible » dans la description des ouvrages listés.
Les usagers les plus innocents– nous en avons été –, et confiants dans le sérieux de la boutique, croiront l’ouvrage purement et simplement épuisé - et d’aller de pied ferme pleurer leur mère sur l’autel du pilon précoce. Les plus vaillants et habitués des sournoiseries du grand commerce, les heureux, ne s’y tromperont pas : ils chercheront référence de la perle « rare » ailleurs (sur d’autres sites de vente en ligne, chez l’éditeur, auprès d’un libraire) et auront parfois, souvent, le loisir de commander l’ouvrage - et de rire comme des baleines de la piètre qualité du suivi des stocks chez le mammouth de la vente en ligne – ou, plus sérieusement, de s’inquiéter d’une réputation de quasi-exhaustivité qui repose, comme c’est surprenant, sur effet d’annonce et élasticité des significations (nous soulignons) :

« Amazon.fr a été conçu sur les principes qui ont fait le succès d’Amazon dans le monde :
•    La qualité et la richesse du catalogue francophone, ouvert sur le monde – le site propose à ce jour sept catégories de produits culturels : Livres, Livres en anglais, Musique, DVD, Vidéo, Logiciels et CD-Rom, et Jeux vidéo. Chacun d’eux met à la disposition des internautes l’intégralité du catalogue de ces produits disponibles sur le marché français.
(…)
Les livres sur Amazon.fr en quelques mots ou « la plus grande librairie en ligne de titres francophones disponibles dans le monde (…) ».
Les livres en quelques chiffres
•    L’ensemble des ouvrages francophones disponibles sur le marché français.
•    Un stock de plusieurs centaines de milliers de références, constamment optimisé pour répondre sous 24 heures ** à toutes les commandes.
»
Etc.

Pour ceux que ça amuserait de constater de visu, une simple recherche en parralèle sur amazon.fr, lelibraire.com, avec un petit tour par la fnac pour vérifier, prenant comme mot-clef l’auteur « Bergounioux » (on n’est pas allé chercher loin, et ça marche aussi avec les moins connus), vous montrera Le fleuve des âges (Fata Morgana, 2005) parmi les « indiponibles » d’Amazon, quand il est bien indiqué comme disponible chez ses deux concurents (ne manque plus que la confirmation d’un libraire en chair et en os pour ôter les derniers doutes). Vous pouvez en essayer d’autres.

La vrai question serait peut-être alors: comment FB, créateur et gestionnaire de sites internet depuis 10 ans, familier du logiciel libre qu’il n’hésite pas à utiliser et promouvoir – Spip, notamment – grand résistant parmi les résistants, peut-il :

1) se satisfaire d’un tel système – quand il semble disposer de connaissances techniques suffisantes pour, par exemple, créer et intégrer sa propre page - sélections, recommandations, descriptions tout à fait libres - et y réunir des liens variés de commande en ligne vers tous les ouvrages qu’il souhaite mettre en avant, sans se limiter à relayer le fond d’un fournisseur unique.
2) dans la foulée, le promouvoir – comme inégalable sur le terrain, défiant toute concurrence (pour le moment : appels du pied au libraires (non-encore) fédérés)
3) prétendre que ce choix d’Amazon est motivé par le temps de réaction ou l’indifférence supposée de tout un secteur (moins les 50 libraires valables, ou 150, selon le jour) – quand sa démarche paraît plutôt relever de la solution de facilité.

- Qu’un ami libraire puisse venir ici avec reproche

- « François Bon ne peut pas être soupçonné d’être vendu au Grand Kapital, et je m’abrite donc lâchement derrière ses raisons (outre que je les approuve entièrement). » (nicolasmorin)

- « (…) créer une mini-librairie en ligne appelée le Tiers livre via le Marketplace d’Amazon via le programme d’affiliation d’Amazon (comme il est signalé dans les commentaires…j’avais confondu, mea culpa mais ça ne change pas grand chose aux enjeux…) cette affiliation donc me semble non seulement intelligente mais exemplaire » (bibliobsession)

- « Ce qui m’intéresse, c’est la démarche : tout blogger un tant soit peu renommé (et lui l’est beaucoup, et pour d’excellentes raisons), devient ainsi facilement prescripteur. Une façon de faire vivre “the long tail” ? »
(archicampus)

- « Ce que j’en pense moi ? François Bon a raison de tester et de vouloir faire bouger les positions des uns et des autres. » (lafeuille)

- « Cette note en signe amical pour François Bon dont la nouvelle librairie virtuelle, au sein d’un lieu d’écriture parfaitement gargantuesque, prolifique, multiple, mérite bien qu’on lui offre quelques plumes, en guise de voeux de naissance. » (poephile)

- « En parler, c’est bien. L’utiliser, c’est mieux ! » (berlol)

A croire que tous attendaient la bénédiction d’un irréprochable pour crier à l’incontournable de ce type de partenariat. Après la longue traîne des articles encenseurs et sans surprise, on signalera tout de même une note osant quelques songeries, qui quoique très modérées semblent moins définitivement positives, et de rares commentaires qui semblent échapper à la vénération commune.

- La petite boutique des erreurs.

Abrégeons. De nombreuses phrases de François Bon que nous citons ci-dessus ne sont plus dans le texte en ligne. Ce sont les aléas du lecteur de l’auteur qui écrit directement sur le serveur en laissant entendre qu’il le fait de manière brute – et il écrit si maladroitement que nous pourrions y croire – mais retouchant plusieurs fois son texte, pourtant toujours daté du 14 janvier 2007. Connaissant bien la littérature post-moderne, il pourrait nous répondre « work in progress dans un espace temps invariable », mais nous ne nous laisserions pas berner, pas plus qu’avec la ridicule expérience Tumulte.

Revenons d’abord sur le texte initial (14 janvier 2007), qui est déjà bien repris sur la toile et intéressons-nous particulièrement aux formules/idées qui ont disparu : François Bon commence par annoncer que « pour [sa] propre survie on se fait aussi un peu éditeur, un peu libraire. Et pourquoi pas très bien libraire ». On comprend qu’il ait besoin de mettre ses propres bouquins en avant, sans doute juge-t-il qu’on ne les voit pas assez en librairie (c’est amusant le spectacle des auteurs vérifiant leur « présence » en librairie et partant voir ailleurs s’ils y sont).
Mais François Bon insiste surtout sur son choix subjectif d’une littérature, autre que la sienne mais elle aussi, selon lui, peu représentée sur les tables et rayonnages : « le singulier y est moins visible ». Pointant, d’une certaine manière, qu’il se tape ici le boulot que ne font pas les libraires, même les bons (« 50 indépendants »). Son objectif est de « faire naître des envies ». Mais… ce rôle prescripteur, ne l’a-t-il pas déjà par l’intermédiaire de remue.net par exemple ? A quoi bon en rajouter par une « librairie virtuelle » qui n’a rien de très personnel ? On ne comprend pas.
Avouons qu’il raconte n’importe quoi : « les 101 livres et pas 1 de plus que j’ai choisi […] on aurait déjà bien de la peine à les trouver dans une Fnac ou un Virgin, ou dans ces librairies de ville qui ne sont pas ces 50 indépendants ». Ces mystérieux 50 indépendants n’ont pas plus les livres en question que les autres : il faut souvent les commander, tout autant, sinon plus. On a l’impression que François Bon s’imagine les librairies indépendantes comme de merveilleuses bibliothèques d’Ali Baba ou des cavernes de Babel. On a l’impression qu’il n’a jamais commandé un bouquin dans une librairie et que seul Internet le permet. On a l’impression que pour lui, une galerie virtuelle de bouquins avec images, avec la seule quatrième de couv’ et la possibilité d’acheter par un simple clic, est plus vendeuse (c’est ce qui compte ?) qu’un bon article… Peut-être… Si c’est ça, qu’il saborde remue, moins suscitateur d’envies qu’un gadget à la mode. Passons sur les formules marketing les plus puantes : « Alors, lorsque vous souhaitez commander un livre ou DVD ou autre produit en ligne, merci de soutenir ce site en accédant à amazon depuis ce petit portail […] », et relevons ce paradoxe : pour justifier son entreprise, François Bon argumente autour de la rotation des stocks de la librairie d’aujourd’hui mais annonce que ses 101 livres « seront régulièrement renouvelés chaque semaine »…

Trois jours plus tard, le 17 janvier 2007, sa galerie a du succès, elle est déjà bien encensée sur le net, mais on remarque, très discrètes, quelques méfiances et réticences. Et on se doute qu’en privé, les concernés et les amoureux de la librairie se sont inquiétés et alarmés de la direction prise par François Bon. Aussi s’explique-t-on assez aisément qu’il retire du texte initial toute mention des bénéfices pécuniaires que lui rapportera la « librairie tiers livre ». Et plus flagrants, tous les ajouts destinés à rassurer le libraire et le caresser dans le sens du poil, quitte à se contredire :
- « Il ne s’agit pas ici de léser d’un seul livre les (150 ?) libraires qui pratiquent ce métier avec exigence, et bien plutôt de s’adresser à ceux qui ne les connaissent pas. »
- « aucun grands sites de libraires indépendants n’a souhaité s’ouvrir à ce type d’association, il s’en faudrait pourtant de peu pour les meilleurs (Sauramps, Ombres Blanches…) »
- « Les livres que je propose, évidemment ils les ont en rayon, encore une fois : rien ici qui les lèse ou détourne de la mutation propre à ces librairies, qui deviennent les points focaux de lectures, d’expositions, rencontres et trouveront aussi en cela leur avenir. »
- « Libraires, aidez-nous à ce travail hors-sol, comme on dit dans l’agri-culture : proposez-nous les outils nécessaires. »
- « Cette petite galerie s’insère ici, un petit miroir au bord de la route pour ceux qui sont déjà dans l’habitude du virtuel. »
Après ça, les libraires peuvent pousser un grand « Ouf ! » (surtout les verlanistes).
Mais François Bon ne perd pas l’occasion de rajouter un dernier argument pour pousser à l’achat : « donc 2 livres suffisent (mais ici, vous pourrez en trouver 4 pour 20 euros et non des moindres) »

Mais quand on est auteur soucieux de son image, on ne passe jamais assez de pommade au libraire inquiet. Le 18 janvier 2007, François Bon, dans son texte évolutif mais toujours daté du 14 janvier 2007, en rajoute une couche :
- « Ce pacte j’entends bien le respecter, et même ici y contribuer. »
- « Il s’en faudrait pourtant de peu – techniquement – pour les meilleurs (Sauramps, Ombres Blanches…) »
- « Là aussi, question posée à la collectivité sur comment travailler ensemble ».
- « évidemment ils sont en rayon dans ces librairies que nous aimons. »
- « rien qui lèse ou détourne un seul ouvrage de ces librairies qui résistent, promeuvent, inventent, et dans des conditions bien difficiles. »
- « proposez-nous les outils nécessaires pour que nous puissions sur cette base travailler ensemble. »
- « Façon encore de résister, et résister ensemble. »
On remarquera  la puissance du glissement, d’un « on fera sans vous » à « ensemble, ensemble, ensemble ».

Nous comptions au départ réagir de manière assez courte à l’annonce de François Bon, du 14, la légèreté de son choix et son pesant de justifications, éffarés de le voir donner dans le béatement marketing sous couvert de prétextes nobles. C’était la fable du pionnier et du serveur.

44 Responses to “La fable du pionnier et du serveur” You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed.
  1. Berlol Says:

    C’est bien de relever tous ces petits dĂ©tails et de pointer les contradictions Ă©volutives d’une pensĂ©e & action qui se cherchent… Il y a peut-ĂŞtre Ă  y redire. Mais justement, qu’est-ce que tu as Ă  y REdire, c’est-Ă -dire Ă  dire de plus, ou autrement dit Ă  proposer ?
    Et puis il faudrait Ă©viter d’insĂ©rer dans le texte objectif, en apparence, ces petits adjectifs assassins, rĂ©vĂ©lateurs d’un parti-pris anti-Bon (qui n’est pas d’aujourd’hui, j’en ai des tĂ©moignages cuisants) et qui nuisent de fait au sĂ©rieux de ton propos…
    Finalement, je me demande : mais pourquoi tant d’acharnement ?
    (Quant au fond, je me suis déjà exprimé.)

  2. Anton Says:

    Je salue d’abord Berlol, avec voeux et tout et tout, et lui rĂ©ponds.

    J’aime que naisse ici un internet de la PolĂ©mique, de la critique dĂ©taillĂ©e, documentĂ©e, ET “acharnĂ©e” : tout ce qui manque, (sorte de dĂ©terminisme ontologique dirais–tu) Ă  la gĂ©nĂ©ration “c’est nous qu’on y Ă©tait en premier”.

    Tout revient au fond Ă  cette question sur “l’acharnement”. La rĂ©ponse est très très simple : resister, c’est toujours un acharnement. Quitte Ă  y perdre temps, argent, retraite, et …ami(e).

    Un autre acharnement Ă  noter : l’article est signĂ© Cynthia. Cynthia ce sont CĂ©line ET Gregory. La rĂ©ponse en “Tu” en exclut donc un(E). Cela (qui n’est pas d’aujourd’hui, j’en ai des tĂ©moignagnes cuisants) nuit au sĂ©rieux d’une polĂ©mique de dĂ©marche Ă  dĂ©marche (d’un cotĂ© un Editeur, de l’autre, un “Ecrivain-ExpĂ©rimentateur-PrĂ©conisateur-Vendeur”) pour en faire un procès de personnes.

    Voila. Cynthia, j’aime votre double plume jamais rĂ©ductible ni Ă  l’oeuvre, ni Ă  la pensĂ©e de l’un ou de l’autre, et en partage permanent.

    Je vous e…… très fort.

    Anton

  3. Berlol Says:

    Oh, Anton ! Est-ce bien celui auquel je pense ? Et que je croyais volatilisé ?
    Pour la paire qui forme Cynthia, au temps pour moi…
    La polĂ©mique, oui, je suis pour ! Mais pas les coups bas. De plus, vous le savez bien, il y aura toujours asymĂ©trie (et injustice criante) entre la personne connue, attaquĂ©e et sommĂ©e de se dĂ©fendre, et une (ou des) personne(s) peu connue(s), voire anonyme(s), voire multi-avatarienne(s) (je ne dis pas que c’est le cas ici), qui snipe(nt) de n’importe oĂą…
    Enfin, si on me cite, autant citer tout ce qui peut ĂŞtre utile : j’ai Ă©crit que ça ne faisait pas 3 ans que j’attendais que quelque chose se passe du cĂ´tĂ© de la librairie, mais bien, pour ma part, dix ans ! (C’est long, dix ans sans solution, autre qu’Amazon et ses dĂ©fauts, pour commander des livres au Japon.)

  4. Cynthia 3000 Says:

    > Berlol

    - François Bon a une pensée qui se cherche, en effet, au point de se modeler à la demande, au retour sur image, aux réactions de la clique des adorateurs adorés, au point de modifier ou effacer tel ou tel point trouble qu’un lecteur avait osé relever ou critiquer publiquement, il a une pensée qui se déploie au gré des vents sans surtout signaler ses addenda, repentir et errata (ne nous fais pas le coup de l’internet comme outil collaboratif, en ce qui concerne la plasticité des affirmations de Bon, il y a plutôt retournement de veste dans l’air et mépris des lecteurs - quand des passages entiers, cités par plusieurs d’entre-eux sur leurs propres blogs, disparaissent du texte initial, cependant que FB y intègre leurs arguments ou exemples sans nommer ses sources, laissant croire qu’ils émergent du seul bouillonnement de sa pensée). Il y a, en effet, à y redire.
    Et puis que dire d’autre de cette façon de faire : qu’elle a pour consĂ©quence, sinon pour objectif, d’anĂ©antir toute contradiction ou critique dès que sortie de l’œuf.

    - Les insertions que tu juges assassines (le sont-elles réellement ?) et qui te choquent, elles ne révèlent pas un parti-pris, mais un dégoût qui (c’est vrai) n’est pas nouveau, mais qui ne s’est jamais présenté sans arguments, et qui n’est pas sans point de départ (avouons que FB nous était plutôt sympathique il fut un temps), ni – on le voit - sans occasions de renouvellement. Nous ne voyons pas ce qui te fait après parler de coup bas, quand tu nous reproches ici d’adjectiver assez fort pour nuire à l’ « apparence » d’objectivité de notre article.
    On voit mal aussi en quoi ces quelques adjectifs peuvent suffire à réduire cet article à de l’affect déguisé (un peu de moutarde ne rend pas le steack moins consistant, ni moins steack).

    - Ton histoire d’asymétrie, même si ce n’est pas la première fois que tu la sors, nous laisse toujours aussi perplexes. Faut-il être retord et aveuglé pour inverser à ce point la donne !
    François Bon à ceci de particulier que son irréprochabilité n’est pas loin de faire l’unanimité, il est connu, cité et admiré de toute part sur le net, où hommages et approbations foisonnent, et son site est largement suivi.
    Notre article (combien de lecteurs tomberont dessus ? combien adhèreront à une part de nos propos ?), le crois-tu capable de mettre à mal ce solide réseau de vénération ? si c’est oui, on pourra peut-être se vanter d’avoir mis le doigt sur quelque chose.

    L’injustice criante ne serait-elle pas plutôt dans ton idée que l’inconnu ou le moins connu ferait mieux de fermer sa gueule face au plus médiatisé, dans ton insinuation que l’inconnu, systématiquement, est à la fois douteux et à l’abri quand il expose ce qui le révolte dans les discours du notable ?

    D’autre part François Bon n’est pas sommĂ© de rĂ©pondre, le droit de rĂ©ponse n’est pas un devoir et jusque-lĂ  il s’en est passĂ©.

    Autre point sur l’asymétrie, nous Cynthia, à classer dans « des personnes peu connues », ne risquons nous rien dans l’affaire ?
    Ignores-tu volontairement qu’en publiant cet article ici nous parlons aussi en tant qu’éditeurs ? Comme le rappelle Anton, Cynthia a une existence en tant que maison d’édition, qui plus est toute neuve. Et si nous faisons le choix de ne pas être caressant envers une partie du secteur dans lequel on pose notre petite pierre, si nous ne faisons pas les courbettes d’usage qui nous apporteraient une reconnaissance plus aisée et une dose de soutien amical (tu devines notre dégoût pour ces façons de faire), si donc, nous tendons à prendre le pli inverse, celui d’évoquer quand ça nous chante ce qui nous plaît ou qui nous gêne, c’est au risque évident de ne pas se faire beaucoup de potes. Tant pis, nous ne sommes pas du genre à sacrifier nos convictions pour obtenir les faveurs des confrères ou lecteurs.

    - Tu dis :
    « , voire anonyme(s), voire multi-avatarienne(s) (je ne dis pas que c’est le cas ici), qui snipe(nt) de n’importe où… »

    Puisque ce n’est pas le cas ici (prétérition, litote, message subliminal ? dis-nous !), pourquoi cette énumération ?

    - Un détail (« citer tout ce qui peut être utile ») : Nous nous sommes permis de ne citer qu’un court extrait de ton article, à un point du nôtre ou l’on signalait par l’exemple l’approbation massive de la boutique de François Bon. On ne parlait pas, là, du délai de réaction des libraires, et qu’il soit de 3 ans ou 10 ans aurait été précision hors de propos (d’autant plus que commander des livres français depuis l’étranger est un cas bien particulier, on voit mal ce qu’il a à voir avec les récents changements du marché du livre). On renvoie de toute façon à l’intégralité de ta note, ce qui nous parait suffisant.

    - Ce que nous avons à proposer, de plus ? Concernant les problèmes narcissiques des auteurs en mal de visibilité, rien : qu’ils se démerdent, fassent une analyse ou montent une boutique en ligne – mais qu’il s’épargnent d’enjoliver leur entreprise d’un manteau de générosité.

    Concernant la diffusion du livre : c’est un fait que le monde de la librairie a changĂ©, mais avant ces changements, trouver dans les commerces tout ce qui fait la variĂ©tĂ© de l’édition n’allait dĂ©jĂ  pas sans effort. Internet n’a pas inventĂ© la commande, les libraires et Ă©diteurs la proposent toujours.

    Nous pensons que l’entreprise de François Bon n’est en rien nécessaire pour sauver le « livre singulier » et qu’au contraire, si elle se généralisait, le danger serait grand pour la littérature véritablement indépendante.
    Amazon se fout de la variété, s’il la représente un peu pour l’instant, s’est pour appâter le client qu’il compte fidéliser.
    Alors négliger l’effort et se précipiter chez Amazon pourrait bien, à court ou moyen terme, revenir à lui offrir le monopole sur un plateau, et ce faisant décourager les initiatives de diffusion indépendantes naissantes ou à venir, moins visibles, au catalogue moins immédiatement impressionnant, et à petit feu tuer cette variété de l’édition à laquelle on tient tant.

    Ce qu’on propose ? ne vous laissez pas infantiliser ; oubliez les outils qui font tout à votre place ; désirez, patientez, cherchez.
    Ce qu’on propose, Berlol ? aussi, à notre niveau, ce que tu peux voir sur ce site.

    C. & G.

  5. Cynthia 3000 Says:

    Cher Anton,

    Merci d’avoir corrigĂ©, et ainsi rendu Ă  Cynthia les deux mains qu’on lui avait coupĂ©es.

    Merci pour ton intervention et ta défense de la polémique.

    Merci tout court, très court, parce que le sommeil ne peut plus attendre (mais tu sais qu’on en reparlera, et Ă  quel point on t’e…)

  6. Berlol Says:

    VoilĂ . Nous connaissons maintenant votre vrai visage. Nous savons ce qu’il y a derrière le “feuilleton radiophonique sur Georges GuĂ©tary” et tous propos du mĂŞme tonneau que j’appelle coups bas (parce qu’il faut chercher pour trouver Georges GuĂ©tary, avec l’intention de blesser la personne visĂ©e et de faire rire la galerie — Ă  moins que dans vos goĂ»ts personnels Dylan soit descendu si bas…).
    A votre propos, plusieurs personnes m’ont dit le mĂŞme mot, et que je n’osais pas croire, aveuglĂ© que j’Ă©tais par mes souvenirs : “jalousie”.
    Bien sĂ»r, vous vous en dĂ©fendrez avec toute la vĂ©hĂ©mence de votre honnĂŞtetĂ© intellectuelle…

    J’ai cherchĂ© Cynthia 3000 dans Amazon et ne l’y ai point trouvĂ©. J’attendrai donc d’avoir le privilège de passer dans l’une des librairies qui vous aura en stock.
    Non, je ne passerai pas commande par ailleurs qu’Amazon. Le port pour le Japon — dĂ©solĂ© de ce particularisme — est gĂ©nĂ©ralement trop cher, d’une part, et je n’ai pas envie, d’autre part, de laisser traĂ®ner mes coordonnĂ©es bancaires partout.

    Que votre pureté vous garde toujours de ces considérations vulgaires.
    Adieu !

  7. brigetoun Says:

    pour moi je ne peux que plaider coupable. Je me lamente sur la disparition des librairies, et ici il ne semble y en avoir que deux bonnes en dehors de la FNAC et d’antiquaires en livres anciens et rares.
    Mais pour la première fois de ma vie ces librairies m”intimident, un peu trop temple, oĂą j’ai l’impression de dĂ©ranger un cĂ©nacle et d’ĂŞtre guettĂ©e dans mes pĂ©rĂ©grinations (peut ĂŞtre ont ils beaucoup de vols, et des groupes de lecteurs fidèles amis auxquels je n’appartiens pas) et le plaisir de la flanerie y compris sans achat est pour moi Ă  la base des heures que j’ai passĂ© dans les librairies.
    La Fnac a des vendeurs charmants et qui vous laissent en paix, mais en Ă©vidence les livres qu’il faut avoir lu et puis son cĂ´tĂ© “consommation” rĂ©veille en moi le sentiment que je ne dois pas financièrement acheter de livres
    pour Amazon ce devrait ĂŞtre la mĂŞme chose mais : je n’ai pas Ă  me dĂ©placer ce qui m’est pĂ©nible, et je n’ai pas le temps de rĂ©flĂ©chir Ă  mon dĂ©sir
    la librairie de François Bon : pour moi un moment de curiositĂ© pour voir ce qu’il y avait mis, une commande instinctive puisqu’elle comprenait des manques Ă©vidents dans ce qui a survĂ©cu au dĂ©mĂ©nagement et Ă  l’Ă©limination des livres devenus physiquement indignes.
    Ce n’est pas pour me raconter, juste pour plaider et donner l’exemple d’achats qui, Ă  tort ou Ă  raison, n’auraient pas eu lieu.

  8. jenbamin Says:

    juste une chose : vous ne croyez pas qu’il y a suffisamment de vrais mĂ©chants ailleurs, et qu’il n’est pas besoin de taper sur les gentils, en faisant croire qu’ils sont mĂ©chants ? On gagne quoi, avec la prime Ă  la radicalitĂ© ? Le droit de se proclamer “rĂ©ellement indĂ©pendant” ? Les fantasmes de puretĂ© gardent toujours pour moi un relent idĂ©ologique un peu suspect. Vous avez le droit de ne pas approuver l’initiative de FB, vous avez aussi le droit de ne pas apprĂ©cier son travail littĂ©raire : mais quel besoin de cogner ? Ca dĂ©foule ? Enfin bon bref, pas grave, j’me comprends…

  9. F Says:

    je savais pas que dans internet on pouvait marcher sur une merde de chien

    en gros c’est ça

    que votre illisibilité vous protège

  10. cynthia 3000 Says:

    > Berlol

    - A quoi bon nous inviter à en dire plus (ton « qu’est-ce qu’on a à proposer » répété, ici et sur ton blog), si c’est pour ne rien en lire, et cependant déduire.
    On prend la peine de te répondre une fois de plus sur ton postulat (hallucinant) d’asymétrie, en en passant par ce constat que tu ne saurais contredire - que FB est visible et apprécié massivement sur la toile -, et tu en tires, en vitesse, que nous envions cette place.
    Idée bien rebattue, celle que le petit qui s’en prend à plus gros agirait fatalement par jalousie primaire. Idée surtout bien commode quand il s’agit d’éluder le fond du propos, et qui semble procéder – on l’évoquait justement – d’une disqualification systématique des contradicteurs.
    On se permettra ici, afin de ne pas s’étendre, de recourir une fois de plus à Domecq qui parle très bien de ces manières de détourner l’attention :

    « […] désormais il est entendu que tout propos discordant, tout désaccord avec le consensus, est l’aveu d’une « frustration » personnelle, d’un sentiment d’« échec », du « ressentiment », et partant, de l’« envie ». La discordance ainsi couverte, c’est le débat qui se retrouve étouffé par psychologisation disqualifiante.
    […] Dès l’instant où le dissensus passe pour l’expression du ressentiment, cela implique qu’ont droit à la parole critique ceux qui ne sont pas soupçonnables a priori de frustration personnelle. Donc, ont seuls droit de critique ceux qui ont la notoriété. Donc, la notoriété vaut compétence… Où l’on voit, là encore à quelle valorisation intellectuelle a récemment accédé la réussite. Au binôme réussite/échec correspond l’équation notoriété=compétence.
    […] comment ne serait-on pas prêt à tout contre quiconque pointe l’épaisseur de pareilles mœurs intellectuelles ? Epaisseur si patente au demeurant, même pour ses bénéficiaires au fond, qu’ils s’en prennent au doigt qui pointe faute de pouvoir répondre de ce qu’il pointe. Telle est leur raison de psychologiser les débats, de supposer tout et n’importe quoi à l’auteur du diagnostic : cela leur évite de démontrer l’éventuelle erreur de diagnostic. »

    et pour finir, ces passages qui, s’ils ont trait à un domaine particulier, ne nous paraissent pas sans parallèles avec nos affaires :

    « […] il s’agit toujours de parler de tout sauf de l’analyse que vous pourriez proposer de certaines promotions littéraires et artistiques. C’est la pratique systématique du hors-texte, pour ne pas dire du hors-sujet.
    […] une tendance typique de notre temps, qui consiste à prendre systématiquement pour polémique ce qui est critique. Est d’emblée traitée de polémique, et ainsi dévaluée, toute argumentation qui décrit une situation inadmissible et des comportements manifestement douteux. Tour de passe-passe intéressé, là encore, car il permet d’occulter l’essentiel, à savoir que c’est la situation qui est révoltante, avant que soit révolté le texte qui la dénonce.
    […] La hâte à interpréter un texte selon l’intention supposée, au lieu de procéder à explication de texte, ramène le débat critique à des stratégies de rumeurs. »
    (Jean-Philippe Domecq, Qui a peur de la littérature ?, Mille et une nuits, 2002)

    Et Berlol, ta phrase « Bien sûr, vous vous en défendrez avec toute la véhémence de votre honnêteté intellectuelle… » procède bien du même type de dévalorisation a priori, de la même suggestion qu’il serait préférable de se taire. D’un côté, nous inviter à l’expression publique, de l’autre, invalider par avance ce qui sera dit.

    - A propos de ce que tu vois derrière le « feuilleton radiophonique sur Georges Guétary », sache simplement que ce petit rapprochement n’a demandé aucune recherche.

    - Tu ne trouveras pas plus nos livres en librairie que sur Amazon. Nous avons choisi de nous en tenir à la vente directe (par commande en ligne ou autre). Nos considérations ne sont pas moins vulgaires que les tiennes (s’il faut parler ainsi) : éviter les intermédiaires nous permet de pratiquer des prix raisonnables. Nous faisons également sans local, sans relieur, évidemment sans rétribution, et dédions les bénéfices à de nouvelles publications.

    Et rappelons – on sait bien que tu le sais – que les frais de livraison pour l’étranger ne sont pas de la responsabilité des libraires, ni des éditeurs, ou de quelconques diffuseurs, et que seules les grosses structures peuvent se permettre de les offrir ou de les couvrir en partie. En disant ça, on ne parle pas de la commande que tu passerais ou ne passerais pas chez nous, mais d’un problème plus général (sans parler non plus de bananières douanes qui monnayent la réception des colis, sans parler de services postaux qui égarent en cours de route – paraît que c’est fréquent pour certaines destinations). Même si on comprend bien ton problème particulier, merci de ne pas tout mélanger.

  11. Cynthia 3000 Says:

    > jenbamin

    Même réponse que ci-dessus concernant nos supposées intentions et proclamations.
    Ca ferait un bon scénario de western tes histoires de vrais méchants et de gentils qui sont pas méchants.
    Au-delĂ  de cette vision dichotomique, il y a tout de mĂŞme des subtilitĂ©s… On voit mal en quoi, au nom de l’existence d’un pire, on ne pourrait traiter de ce qui, dans la catastrophe gĂ©nĂ©rale, pourrait paraĂ®tre des “dĂ©tails” ? - relis-toi et tu verras sans doute, toi qui a l’air d’y ĂŞtre sensible, que tes raccourcis et oppositions sommaires peuvent, bien plus que ces imaginaires “fantasmes de puretĂ©” (attention Ă  la mise en abyme !) Ă©voquer des “relents idĂ©ologiques”. (Ă  quoi penses-tu exactement ? avouons craindre le pire…) -
    Il y a des maux qui sont d’autant plus insidieux qu’ils sont vĂ©hiculĂ©s par des “gentils” (ou des “purs” fantasmatiques ?). On apprĂ©cierait que tu t’expliques un peu plus.

  12. Cynthia 3000 Says:

    > brigetoun

    merci de partager ton expĂ©rience, il n’y a pas de problème Ă  se raconter un peu, au contraire. Pour ce que tu dis de certaines librairies, nous te comprenons bien, et d’ailleurs les actuelles formations de libraires sont des formations de commerciaux, initiant aux techniques de vente et qui font de plus en plus du livre un “produit comme les autres”.

  13. Cynthia 3000 Says:

    > F

    Si ! et même très grosse, produite par un monstre Ă  deux tĂŞtes. On peut tout autant, sur internet, se mettre le doigt dans le noir de l’oeil… Un chien ? Perhaps !

  14. jenbamin Says:

    je prends le temps de m’expliquer, je ne sais pas pourquoi mais bon : si vous ĂŞtes incapable de saisir une pointe d’humour quand je parle de “gentils” et de “mĂ©chants”, eh ben, eh ben je sais pas moi, tant pis, quoi. Donc, puisqu’il faut tout dire : non, je ne pense pas les choses, dans la vie, en terme de dichotomie “gentils”/”mĂ©chants”, j’essayais juste de vous faire sourire, parce qu’Ă  vous lire, je retenais surtout “il est vraiment trop mĂ©chant ce FB”. Oui, on a le droit de le critiquer, si on veut, mais essayez d’assumer un peu le ton plus que virulent de votre discours.

    Quant Ă  la question des “relents idĂ©ologiques”, non, ne pas y voir de mauvaise intention, ne pas craindre le pire. J’avais peur que ma phrase soit mal interprĂ©tĂ©e, apparemment c’est le cas donc je suis plutĂ´t content de m’en expliquer, pour dissiper tout malentendu. Ce que je voulais dire simplement, c’est que la logique de la “prime Ă  la radicalitĂ©” ne m’a jamais vraiment convaincu. Vous ĂŞtes dans une Ă©thique de conviction, j’ai plutĂ´t tendance Ă  ĂŞtre dans une Ă©thique de responsabilitĂ©, pour reprendre les oppositions usuelles (dans lesquelles je ne me reconnais d’ailleurs pas trop, passons). Et donc en tout cas : non, je n’Ă©tais pas en train de vous traiter de je ne sais quoi.

    Quant Ă  Domecq : pouf, pouf, pouf.

    enfin bon bref…

  15. Cynthia 3000 Says:

    > Jenbamin

    LOL

    (et merci pour les explications - euh ben, en gros, on serait trop paf paf quand tu es trop pouf pouf)

  16. Mauricette Beaussart Says:

    Je suis bien contente après tous ces pif pif bang bang de lire du paf paf et du pouf pouf, ça me dĂ©tend…

  17. Commissaire Baillieu Says:

    Il est bon de critiquer telle initiative, de l’interroger, de relever telle(s) incohĂ©rences. Merci Cynthia de crĂ©er de l’espace critique. Comme d’autres, monsieur Bon -non pas James- est en quĂŞte pĂ©renne de pouvoir et de reconnaissance : cf. son agenda, son poste au Seuil,… Cela Ă©crit, quelle crise de la librairie en France ? Les libraires de choix (une douzaine Ă  Paris -Tschann, Ignazzi, Divan, Compagnie,etc.-, une trentaine ailleurs dans le pays) tirent leur Ă©pingle du jeu depuis des annĂ©es, ne sont pas -comme bien des Ă©diteurs artisanaux actuellement- au bord du dĂ©pĂ´t de bilan, assurĂ©s de leur pourcentage de 33% sur le prix des livres, et des aides Ă©ventuelles du CNL. Dès lors que monsieur Bon s’associe Ă  une structure notoirement commerciale ne peut que susciter un questionnement lĂ©gitime. N’a-t-il pas aussi de nombreux enfants Ă  nourrir ? Comme s’il se parait d’une cape en plumes de paon pour -gourou- guider encore plus nos (choix de) lectures. Est-ce si simple ? Dans ce contexte, Cynthia propose une rĂ©flexion et pose des questions cohĂ©rentes qui doivent ĂŞtre posĂ©es. Cordialement vĂ´tre, Commissaire Baillieu

  18. Commissaire Baillieu Says:

    PS En fait, pour ĂŞtre contemporain de François Bon, j’me souviens de la parution de son premier livre aux Ă©ditions de Minuit et de l’enthousiasme critique qu’il suscita (”enfin quelqu’un qui parle du travail salariĂ©”,…). Depuis, le monsieur a fait son chemin, a vĂ©cu de sa plume, ce qui n’est pas rien. Comme d’autres (auteurs dramatiques, scĂ©naristes BD, TV,… mais aussi “poètes” comme Jacques Jouet, Olivier Cadiot,…), il s’est comportĂ© en entrepreneur individuel menant sa barque et vendant sa marchandise. Pourquoi pas ? L’entreprenariat est louĂ© par le discours dominant. Mais lĂ  oĂą on peut lever un lièvre, c’est qu’agissant ainsi, tel entrepreneur devient prescripteur d’une norme sociĂ©tale, voire participe Ă  la dĂ©finition d’un paradigme tendant Ă  prĂ´ner tel ordre (des choses) comme souhaitable. Quand François Bon s’empare des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) d’emblĂ©e et telles quelles, il devient prescripteur, d’autant plus s’il s’en fait le chantre. Itou des “ateliers d’Ă©criture” qu’il a promu et dont il a parfois tirĂ© matière Ă  livre(s) : il s’inscrit lĂ  dans une gestion socio-culturelle qu’il peut revendiquer, voire inscrire dans une geste politique, mais il doit assumer son parti-pris, son engagement, et ne pas (sembler) se situer au-dessus des parti(e)s. Son cheminement, ses engagements relèvent aussi d’un certain ordre des choses, d’une participation Ă  un mouvement oĂą la marchandise et la communication sont dominantes. Directeur de collection dans une entreprise Ă  visĂ©e culturelle qui est aussi (avant tout) une entreprise en quĂŞte de profit, il dispose lĂ  aussi d’une parcelle de pouvoir supplĂ©mentaire : homme d’influence, il pourra lĂ  poursuivre le rĂ´le de prescripteur qui semble lui tenir Ă  coeur (la promotion de tel livre, le rejet de tel autre) y compris via ce “partenariat” avec Amazon. François Bon aime prescrire (voire proscrire?): c’est un choix, le sien, qui n’est pas sans tenants ni aboutissants.
    Commissaire Baillieu

  19. Le Préfet maritime Says:

    Ah ben, nom de nom, quand Cynthia s’y met ! J’avais du retard. Si je peux me permettre de donner un seul avis après l’avalanche de commentaire, ceci : mĂ©fiez vous de qui prĂ©tend : “A votre propos, plusieurs personnes m’ont dit le mĂŞme mot”. C’est suspect.
    Quant Ă  François Bon, franchement… Et son “Projet”… C’est d’un banal, petit commerçant total. Mais je lui reconnais ceci : c’est un spĂ©cialiste du jonglage avec la chèvre et avec le chou, le grand Ă©cart Ă©thique et politique permanent. Grand bien lui fasse. Il ne pourra pas se plaindre de ne plus ĂŞtre invitĂ© en librairie. Quoique dans la niaiserie ambiante, des libraires indĂ©pendants trouveront encore le moyen de l’inviter… Le genre humain est dĂ©sespĂ©rant : il n’apprend rien.
    Mes voeux Ă  voux

  20. Anton Says:

    Le sens du mot “Jalousie” se retourne souvent contre celui qui le jette Ă  la figure des autres. Il y a systĂ©matiquement de cette forme d’amour exclusif, sans mesure, dans tout ce qui touche Ă  la figure de F.B., que cela en est devenu pervers. Lui-mĂŞme n’est au fond pas si “public, “non-anonyme”, qu’il ait pour obligation d’ĂŞtre un exemple de conduite, et ce qu’il fait n’a pas l’importance que lui donne son entourage, “jaloux” de son champion, comme si celui-ci ne pouvait se dĂ©fendre seul, ce qu’il fait d’ailleurs très bien en se taisant.
    Ce n’est pas le cas de ses aficionados “jaloux” de leur “petite relation” dans un milieu littĂ©raire qui ne leur pas offert mieux. Domecq dĂ©crit bien la surface. Mais plus profondĂ©ment on commence Ă  suffisamment bien connaĂ®tre la mĂ©canique sociologique du renouvellement dans le champ artistique, par assaut et conquĂŞte permanents du “prĂ©tendant” sur “l’Ă©tabli”, pour ne pas trouver insupportable la mauvaise foi des arguments de ceux qui, ayant Ă©chouĂ© dans leur tentative de “prendre” la place, s’agrippent Ă  leur Ă®lot “virtuel” en dĂ©fendant des champions qui, sans doute beaucoup plus lucides, ont depuis longtemps compris l’impasse.
    Qu’ils tentent d’en survivre ne me choque pas. Je m’en contrefiche. L’arrière garde, elle, qu’elle ne soit pas curieuse, peu importe, mais qu’elle sorte un peu la tĂŞte du jusqu’au boutisme virtuel ! Aller jusqu’Ă  ne pas voir la mauvaise foi d’une argumentation consistant Ă  refuser de lire un livre (qui est une vĂ©ritable perle) parce qu’il n’est pas sur Amazon … c’est consternant. Sans doute existe-il des livres plus “A LIRE ABSOLUMENT” qui trouveraient sans difficultĂ© une petite place dans le dernier colis de la famille parmi les calissons de chez Bourdaloue !

    Tout est dans le : “A LIRE ABSOLUMENT”.

  21. Commissaire Baillieu Says:

    Finalement, je me demande si la dĂ©marche de F.B. n’est pas rĂ©vĂ©latrice d’un Ă©tat de fait, d’une Ă©volution qui s’est prĂ©cipitĂ©e avec la chute de l’U.R.S.S., la fin de la dite Guerre froide,… Je m’explique : la “victoire” des U.S.A. et de leur système Ă©conomico-politioco-social a entraĂ®nĂ© une “rupture Ă©pistĂ©mologique” gĂ©nĂ©rale : la question du “comment?” a Ă©cartĂ© celle du “pourquoi?” Cette victoire d’un système sur l’autre acquise, il serait devenu inutile de se demander : “Pourquoi (agir en tel sens, par ex.) ?”, seule importerait la question du “Comment (agir en tel sens) pour maximiser la performance ?”. F.B. ne se pose pas (plus?) la question du “pourquoi?”, seulement celle du “comment?”, il est devenu un gestionnaire boursicotant au mieux de ses intĂ©rĂŞts personnels, du produit, de la marque qu’il reprĂ©sente, sans plus s’interroger sur les tenants et aboutissants d’un système dont il peut tirer profit (emplois, bĂ©nĂ©fices sonnants). En passant, on retrouve ce mĂŞme glissement dans la critique littĂ©raire oĂą toute remarque ou critique nĂ©gatives sont bannies : le critique ne doit pas se poser la question du “pourquoi d’un livre” (le fond), seulement celle du “comment?” (la forme). Dans ce cadre, il importe donc grandement qu’existent des espaces critiques argumentĂ©s, efficaces, incisifs tels celui de Cynthia.

  22. Cynthia 3000 Says:

    Merci de dĂ©fendre, monsieur Baillieu, l’importance de la critique, ainsi que de recentrer le dĂ©bat tout en l’Ă©largissant. Il est nĂ©cessaire d’insister sur le fait que les incohĂ©rences de la dĂ©marche “libraire” de François Bon - qui tient de l’intĂ©rĂŞt et se prĂ©tend(ait) gĂ©nĂ©reuse - s’inscrivent dans une lignĂ©e des autres contradictions du bonhomme (en cela d’ailleurs le PrĂ©fet maritime, que nous saluons au passage, nous Ă´te les choux de la bouche). Et que celles-ci trouvent leur logique dans le « comment » semble proposition plus que pertinente. C’est Ă©videmment Ă  certaines de ces contradictions repĂ©rables que se rĂ©fĂ©rait ce qui a Ă©tĂ© qualifiĂ© dans notre note d’ “adjectifs assassins […] et tous propos du mĂŞme tonneau” (s’il eĂ»t Ă©tĂ© un peu trop nous Ă©loigner du sujet que de dĂ©tailler, nous ne voyions pas pourquoi nous abstenir de mentionner, quitte Ă  ce que d’autres y voient coups de marteau gratuits).
    Merci ici à tous les trois pour vos participations (sans lesquelles nous nous sentirions bien isolés). Nous remarquons, et c’est désespérant, qu’à partir du moment où sont entrés en jeu des arguments plus larges que les premiers commentaires et questions (de pure forme), le débat a été déserté, et qu’il est en train d’être soigneusement déplacé ailleurs ( chez Berlol ), où l’on tâche de le réduire en purée dans ce constant refus d’attacher une attention à ce qui a été, et à ce qui est développé ici (pour le ramener toujours à procès de personnes, charge de haine ou autres).
    On remarquera aussi au passage que le texte de Bon (qui date maintenant ses mises à jour, c’est un premier pas) a bien changé depuis le 19, à tel point que ceux qui découvriraient maintenant son « initiative » ne verraient peut-être même plus de quoi nous tentions de parler ici.
    Nous ne savons plus ce que nous avons envie de faire, quand tout est fait pour que répondre revienne à rien, « insignifiantes choses », dans ce pourrissement aménagé des débats.

  23. Guy Darol Says:

    Ceci dans les Carnets d’AndrĂ© Blanchard (Contrebande, Le Dilettante, 2007) :
    “Ce François Bon, qui plume en main ne l’est pas tant que ça, est en passe d’ĂŞtre le plus grand rapace de notre littĂ©rature, lançant des O.P.A. sur tout ce qui traĂ®ne la patte : chĂ´meurs, S.D.F., illettrĂ©s, prisonniers, sans-papiers. Ses livres sont de vraies voitures-balais, avec, comme chauffeur, un fonctionnaire de la rĂ©cupĂ©ration.”

  24. Cynthia 3000 Says:

    Encore un jaloux, diront-ils, mais on s’en fout, merci Guy de cette phrase de bon sens qui tombe Ă  point : il y aurait tant Ă  dire de cette rĂ©cupĂ©ration (celle aussi des “maĂ®tres” convoquĂ©s malgrĂ© eux).

  25. Piotr Says:

    moi j arrive pa le lava l1
    ;)

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