par Cynthia 3000, le 14th September 2009
[après avoir présenté les 23 premières pièces de la C.A.P.U.T. dans leur ordre chronologique d’acquisition, nous avons décidé de nous en remettre au hasard pour les suivantes ; maintenant nous tirons d’un gobelet de petits papiers numérotés]
N° 177. Pièce acquise le 1er mai 2009 à Gueux.
Huile sur toile.
Signée L. Berthier.
46 x 33 cm.
Après les voiliers pyrogravés, en voici de nouveaux, dans un tout autre style et une autre technique, si on peut appeler ainsi la manière brute d’appliquer la peinture sur la toile. L’artiste a, outre le pinceau, utilisé le couteau et ses propres doigts, à preuve les empreintes dans le ciel.
Il faut placer chaque couleur en son lieu, empâtant les objets selon leur nature, leur plan, leur degré de lumière ; et, pour faciliter le travail subséquent, donner la plus grande union à la couleur.
L’ébauche étant terminée et bien sèche, on racle la peinture très-légèrement avec le couteau, pour enlever le surplus de la couleur et la rendre bien unie. […]
Les couleurs étant posées franchement les unes à côté des autres, on les fond avec une brosse sèche, dont l’office est de conserver la pureté et la finesse des teintes, de manière à reproduire cette suavité dans les contours, cette union, cette finesse que présente la nature. […]
Le tableau doit être construit avec ensemble, avec ordre, et maintenu constamment dans l’harmonie générale, de façon qu’il ne présente pas des parties terminées et d’autres à peine ébauchées.
On peint les draperies bleu d’azur franchement dans la pâte et dans leur nuance exacte, afin de conserver la fraîcheur et la pureté qui caractérisent cette couleur. On glace les autres nuances avec des couleurs transparentes que l’on passe sur toute l’étoffe, à plusieurs reprises, et surtout dans les ombres.
Après avoir achevé de recouvrir chaque partie du tableau par des empâtements plus ou moins robustes, selon la nature des différents objets qui le composent, on termine la peinture en donnant plus de vigueur, plus d’union aux parties qui en manquent, et l’on peut passer sur le tout un glacis doré très-léger qui ajoute à l’harmonie générale.
Jules Tardieu libraire éditeur, 1858, pp. 339-341

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