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Quelques lettres à Lord Jim
de Dominique Meens
18 €. 202 pages.
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image d'Au pays du mufle - Laurent Tailhade - editions Cynthia 3000
Au pays du mufle
de Laurent Tailhade
20 €. 146 pages.
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Également disponibles :

Triling - Jean-René Lassalle - editions Cynthia 3000
Triling
de Jean-René Lassalle
9 €. Portefolio, 9 dépliants. [ lire la présentation ]


image du Moulin à parôles nostalgiques - Mickaël-Pierre - editions Cynthia 3000
Le Moulin à parôles nostalgiques
de Mickaël-Pierre
10 €. 80 pages.
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Omajajari
Collectif
25 €. 338 pages.
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image de Carnets d'un basedowien - Jean-Marc Baillieu - editions Cynthia 3000
Carnets d'un basedowien
de Jean-Marc Baillieu
12 €. 92 pages.
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Troublant trou noir
de Grégory Haleux
7 €. 65 pages.
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IL***
de Léo d'Arkaï - suivi de
Pillard d’Arkaï, bandit des terres
, par Gilles Picq .
6 €. 60 pages.
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Etant donnes - editions Cynthia 3000
Étant Donnés
de Céline Brun-Picard
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9 €. 104 pages.
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Tous ceux qui ont lu IL en ont gardé une impression durable 
par Cynthia 3000, le 3rd June 2007

Voici un article paru en janvier 1889 et signé Louis Villatte. Sous ce pseudonyme se cache Anatole Baju, qui mena une véritable campagne en faveur de IL*** dans le Décadent, qu’il dirigeait.

 

M. PILLARD D’ARKAÏ

Un des plus jeunes, des plus actifs et des plus personnels des Décadents, un des militants de cette Ecole qui livre une bataille décisive au panmuflisme contemporain, un des plus complets de ce groupe d’élite, par la double faculté de penser et d’agir, c’est M. Pillard d’Arkaï. Venu de Nancy, où il débuta par des œuvres étranges, il devait fatalement confluer avec le Décadisme. Au fond de sa province il avait déja deviné le mouvement littéraire que le Décadent commençait à propager à Paris. Il sentait le malaise de toute une génération qui ne comprend plus Victor Hugo ni Lamartine et il cherchait une formule adéquate à la pensée moderne.
Dès qu’il connut l’Ecole décadente il s’y rallia sans restriction. Adhérent tenace systématique et froid il fut un modèle de prosélytisme omnimorphe et toujours efficace. Son tempérament le porta de préférence à la partie combattive de notre œuvre. C’est là qu’il put mettre en usage ses qualités de polémiste rehaussées par une ironie trouante et une impassibilité bien souvent voisines du cynisme.
IL est son œuvre capitale ; je dois y insister. Ce livre qui lui a valu la réprobation universelle n’a guère été compris que de lui et de deux ou trois de nos amis. Parodie implacable et suprême de l’orgie naturaliste, IL est la quintessence de tout ce que la littérature de M. Zola peut produire en exploitant tous les bas instincts, toutes les sales passions, IL est le couronnement logique, la conséquence rigoureuse de ce naturalisme inconsciemment acclamé par la cohue imbécile des bourgeois qui se targuent de moralité. IL est la synthèse du Vice. Pillard d’Arkaï a voulu condenser en quelques pages les éléments multiples de la corruption physique et morale ; il a choisi un type qui réunit toutes les infirmités humaines pour le présenter au public non point flatté, adorné, faussé, mais nu, comme sous un spéculum, dans toute sa laideur et inspirant l’insurmontable répugnance inhérente à cette nature abjecte. Il a concrété, il a incarné en IL tous ces vices stupides, surannés ou inédits, pour les prendre corps à corps et pour en montrer l’inanité à une jeunesse qu’on a trop abusée. C’est à ce titre qu’on peut dire qu’IL est par excellence un « Roman d’Education. » M. Pillard d’Arkaï n’a rien dit qui ne fut exact en donnant à son volume cette qualification explicative. Tous ceux qui ont lu IL en ont gardé une impression durable. Le vice leur apparaît pour la première fois ce qu’il est : une aberration des sens, ils en sont dégoûtés. Qu’on me cite dans toute la littérature un ouvrage ayant produit les mêmes résultats ?
M. Pillard d’ArkaÏ n’est pas un partisan de la théorie de l’Art pour l’Art. Il estime que toutes les œuvres doivent avoir un but. Nihiliste d’abord, il s’est rallié au Praticisme de Maurice du Plessys et il est devenu un des oracles de cette philosophie. On l’a accusé d’être un misanthrope et de n’être pas toujours clément envers la partie de l’humanité qu’on est convenu d’appeler le beau sexe. C’est une erreur : il n’a de prévention contre personne ; il voit dans les femmes des « frères inférieurs » et il leur a toujours rendu l’hommage qui leur est si légitimement dû.
Je n’ai pas eu la prétention de faire en cette courte notice une biographie de M. Pillard d’Arkaï ; j’ai voulu simplement parler de l’auteur de IL, c’est-à-dire expliquer l’œuvre par le caractère de l’homme.

Louis Villatte. Le Décadent, n°27 (15 au 31 janvier 1889), p.29-30.

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