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Viennent de paraître :

image de Quelques lettres à Lord Jim - Dominique Meens - editions Cynthia 3000
Quelques lettres à Lord Jim
de Dominique Meens
18 €. 202 pages.
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image d'Au pays du mufle - Laurent Tailhade - editions Cynthia 3000
Au pays du mufle
de Laurent Tailhade
20 €. 146 pages.
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Également disponibles :

Triling - Jean-René Lassalle - editions Cynthia 3000
Triling
de Jean-René Lassalle
9 €. Portefolio, 9 dépliants. [ lire la présentation ]


image du Moulin à parôles nostalgiques - Mickaël-Pierre - editions Cynthia 3000
Le Moulin à parôles nostalgiques
de Mickaël-Pierre
10 €. 80 pages.
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image d'Omajajari - Collectif - editions Cynthia 3000
Omajajari
Collectif
25 €. 338 pages.
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image de Carnets d'un basedowien - Jean-Marc Baillieu - editions Cynthia 3000
Carnets d'un basedowien
de Jean-Marc Baillieu
12 €. 92 pages.
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image de Troublant trou noir - Grégory Haleux - editions Cynthia 3000
Troublant trou noir
de Grégory Haleux
7 €. 65 pages.
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image de IL*** - Léo d'Arkaï - editions Cynthia 3000
IL***
de Léo d'Arkaï - suivi de
Pillard d’Arkaï, bandit des terres
, par Gilles Picq .
6 €. 60 pages.
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Etant donnes - editions Cynthia 3000
Étant Donnés
de Céline Brun-Picard
& Grégory Haleux
9 €. 104 pages.
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Connaissez-vous le supplice chinois de la goutte d’eau ? 
par Gregory Haleux, le 13th March 2011

 

Dans un article de 1923 que nous partagions ici il y a un peu plus d’un an, « Le livre et la réclame », Albert de Bersaucourt montrait, par des exemples variés, à quel point le marketing littéraire, en ces folles années, était avancé, et concluait en prévoyant le pire : « Le passé est riche d’enseignement, de suggestions de toutes sortes, et nous propose maintes améliorations. Veuillent donc les éditeurs ne pas reculer devant un nouvel effort et s’en inspirer. Les livres sont, paraît-il, à leur place, entre le rayon X et les pneumatiques Z. Que l’annonce, le prospectus, l’affiche les célèbrent donc à l’égal des rayons X et des pneumatiques Z, et d’une façon identique. C’est commencé ; il suffit de continuer. Et l’ombre de Vigny sourira. »

Le hasard nous a fait rencontrer une publicité littéraire de 1928 utilisant un procédé bien connu aujourd’hui et dont nous ne pensions pas qu’il existait déjà il y a plus de 80 ans, en tout cas pas dans le monde de l’édition… Il s’agit du teasing, ou aguichage.
Cette technique « consiste à fragmenter le message publicitaire dans l’espace temporel (en affichage, à la télévision). Sa finalité première est d’attirer l’attention par un effet de suspens articulé sur l’anonymat de l’annonceur. » (in Gilles Lugrin, Généricité et intertextualité dans le discours publicitaire de presse écrite, Peter Lang, 2006, p.27). Ainsi, une série de messages intrigants excite la curiosité du consommateur potentiel, le met dans une situation d’attente, jusqu’à la chute, le slogan final. L’exemple le plus connu est certainement la campagne d’Avenir « [Demain] j’enlève le haut ».

Cette stratégie commerciale est plus ancienne qu’on le croit. Il semblerait que la première campagne publicitaire du genre soit celle des cigarettes Camel en 1913. La compagnie de tabac A.J. Reynolds avait fait précéder le lancement officiel de ses cigarettes par une série d’affiches mystérieuses : « Les CHAMEAUX arrivent » puis « Demain, il y aura plus de CHAMEAUX dans cette ville que dans toute l’Asie et toute l’Afrique réunies » et enfin « Les cigarettes CAMEL sont arrivées ».

Mais venons-en à notre publicité littéraire. Notre premier étonnement est qu’elle paraît à une époque où, en France, même hors du monde éditorial, nous ne voyons pas de publicité de type teasing. Le premier exemple qui nous vient est celui de Garap, et il est daté de 1953 (si vous en connaissez d’antérieur, prévenez-nous). Second étonnement, le nombre d’étapes avant d’aboutir à la résolution du(des) mystère(s) : sept.
Du 23 au 29 mars 1928, sont parus, en page 2 du journal L’Intransigeant, ces messages :

 


23 mars 1928

 


24 mars 1928

 


25 mars 1928

 


26 mars 1928

 


27 mars 1928

 


28 mars 1928

 

Enfin, le 29 mars 1928, paraissait, comme promis, en page 3, cette ultime annonce :

 

 

On s’aperçoit que le premier message était particulièrement bien choisi : cette suite de questions insensées, revenant quotidiennement en même page, créant un suspense insoutenable, ne figure-t-elle pas elle-même le supplice de la goutte d’eau ?

L’Idole de chair, roman cosmopolite qu’il nous brûle de lire, est reparu en 1936 en deux tomes aux Editions Raoul Saillard.
René d’Ailly (1901-1976) a également écrit Insurgé mexicaine (Edition de Paris, 1929), Voluptés viennoises (Raoul Saillard, 1935) et, en collaboration avec Joseph-Louis Sanciaume, L’Aventure mexicaine (Editions méridionales, collection de la jeunesse, 1944). Il paraîtrait que René d’Ailly et Joseph-Louis Sanciaume, auteur prolifique de romans d’aventures et policiers, étaient la même personne

 

 

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  1. Demeny Says:

    Voir aussi le film soviétique Aelita, une rêverie futuriste autour d’un message publicitaire du même type…..un personnage le prend au sérieux et s’envole vers Mars, je crois…
    Aelita (1924) de Yakov Protazanov

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