par Cynthia 3000, le 15th August 2007
Curieux de ce que le général Boulanger, selon Raoul Vague (Anatole Baju), pouvait bulbutier avant de rencontrer l’IL*** de d’Arkaï, nous nous sommes mis à la recherche de Martial Besson et avons appris que, comme Anatole Baju, il était né en Charente limousine, près de Confolens, et qu’il était également instituteur. Il composa d’ailleurs, en 1897, une Anthologie des instituteurs-poètes.
Anatole Baju l’invita au Décadent où il fit publier, dans le n° 13 de juin 1888, ce sonnet narquois :
A Frédéric Bataille
Le poète n’est plus le doux rêveur morose,
L’amoureux primitif aux faciles émois,
Qui, les cheveux au vent, par les sentes des bois,
Jouait des airs banals sur un mirliton rose.A cette fin de siècle en proie à la névrose,
Il faut des pleurs de sang, d’amers éclats de voix.
Le subtil examen de nos cœurs aux abois,
D’étrangers vers, heurtés, aux allures de prose.Or, le Poète s’est armé du froid scalpel ;
A l’art du disséqueur sombre il a fait appel ;
Puis, sur le marbre, il a couché son âme nue.Et maintenant, aux yeux affolés des passants,
Qu’exaspère l’ardeur d’une soif inconnue,
L’âme crie et se tord sous ses doigts frémissants.
Seul autre poème de Martial Besson – avec celui offert sur cette page – que nous avons pu lire, cette « jolie et toute mignonne pièce » citée par Clair Tisseur dans Modestes observations sur l’art de versifier (Bernoux et Cumin, 1893, p. 139) :
Oh, combien de sources vives,
Au gazouillis frais et doux,
Courent parmi les cailloux
Sans une fleur sur leurs rives !Hélas, et combien de fleurs
A la tigelle épuisée,
Faute d’un peu de rosée,
N’ont ni parfum, ni couleurs.
L’un de ses recueils, Poèmes sincères (1887), parut avec une lettre-préface de Léon Cladel :
« Instituteur primaire, vous exercez quotidiennement votre apostolat et, néanmoins, vous trouvez le temps de rimer on ne peut mieux, oui ma foi ! Vos vers, vous dira-t-on, ne sont pas écrits selon telle ou telle formule, et vous n’êtes point un partisan de l’art. A cela, répondez : oui, je m’en flatte ! et si vous êtes assailli par de semblables clameurs, allez, sans en être troublé, votre chemin. »
En attendant d’en lire plus, voici la bibliographie de Martial Besson, forcément incomplète :
- [Les Voix du cœur, 1877] ?
- Poésies, 1885. Avec une préface de Charles Fuster et une pièce de vers de Frédéric Bataille.
- Poèmes sincères, A. Lemerre, 1887. Lettre-préface de Léon Cladel.
- Anthologie scolaire des poètes français du XIXe siècle à l’usage des classes élémentaires des lycées et collèges des institutions de jeunes filles, des écoles normales primaires et des écoles primaires élémentaires et supérieures, C. Delagrave, 1891. Introduction par Emmanuel Des Essarts.
- Anthologie scolaire des auteurs français du XIXe siècle, A. Lemerre, 1894.
- Choix de poésies, A. Lemerre, 1895. Préface de Gabriel Compayré.
- Choix de textes de récitation empruntés aux principaux poètes et prosateurs français des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Cours préparatoire et élémentaire, cours moyen et supérieur, A. Lemerre, 2 vol. , 1895.
- Anthologie des Instituteurs poètes, en collaboration avec Michel Abadie, Bibliothèque de l’association, 1897. Préface d’Edouard Petit.
- Dictées et exercices de français. Cours préparatoire. A. Lemerre, 1900.

Le blog 
November 24th, 2007 at 4:06 pm
Bonjour,
je suis l’arrière-petit neveu de martial Besson, enterré à quelques mètres de ma famille au petit cimetière de Lésignac-Durand en Chte Limousine. J’aimerais comme mon aïeul être sinon connu, du moins reconnu et édité. Des échantillons de mes poèmes figurent au lien indiqué avec un hommage à Martial. Je possède également une petite biograhie de Martial faite par son fils. Mais rien qui ne vous apporte Gd chose sinon l’autenthicité. Salutations, J. Faury
October 4th, 2009 at 3:40 pm
Quelques poèmes, pour illustrer l’attachement à la terre de la plupart des instituteurs, de Martial Besson dans
MUEL- DRYFUS, Francine. Le Métier d’éducateur. Paris : Éditions de minuit, 1983. 269 p.