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Quelques lettres à Lord Jim
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Triling
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Le Moulin à parôles nostalgiques
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10 €. 80 pages.
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Omajajari
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Carnets d'un basedowien
de Jean-Marc Baillieu
12 €. 92 pages.
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Troublant trou noir
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IL***
de Léo d'Arkaï - suivi de
Pillard d’Arkaï, bandit des terres
, par Gilles Picq .
6 €. 60 pages.
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Etant donnes - editions Cynthia 3000
Étant Donnés
de Céline Brun-Picard
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9 €. 104 pages.
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Calcul de la surface du barbeau 
par Gregory Haleux, le 11th December 2007

« Aller à la pêche, ça coûte rien. Pis des fois t’attrapes ton poisson. Mais j’suis pas Poisson »,
Jean Barbeau, in Les Gars,
Leméac, 1984, p. 110.

Ainsi Jacques se pose la question de la coquille. Le saint de Compost’ en arborait une autre. Les pèlerins suivirent, avec coquilles et bourdons : Et les bourdons / Ombres de pèlerins (Jarry, « Les Paralipomènes » in Les Minutes de Sable mémorial).
Marcel Schwob : « Nous trouvons du reste à côté de coquille, resté technique dans la langue des imprimeurs, le bourdon qui désigne une erreur du même genre et qui fournissait aussi double sens pour plaisanter sur les faux pèlerins. » (in Le Jargon des coquillards en 1455)
Nom d’un bourdon ! Et dire que Jarry eut pour professeur de philosophie un certain Benjamin Bourdon qui lui enseigna, avant qu’il ne fut traduit, un autre moustachu (« L’ombre de Nietzsche (et sa bouche que nul ne vit) », Jean Coqueteau).
Jarry pour qui poissons se disaient fourneaux, un démonte-pneu une minute, s’était, sous le masque — ou la coquille — d’Ubu, fabriqué un jargon qui, dans son entourage, s’attrapait comme un mal euphorique. Ainsi au café Brosse du Grand-Lemps : « Ils ne se rendaient pas compte que Jarry ne se faisait si semblable à eux que pour les amener à se faire semblables à lui, qu’il n’adoptait si complaisamment leur langage que pour leur imposer le sien. […] les parties de bésigue, ou de quille au billard, ne tardèrent point à s’émailler d’expressions étranges que l’huissier, le juge de paix, le docteur, et autres seigneurs de moindre importance, répétaient, imperturbablement, machinalement, comme dominés par une influence mystérieuse et despotique » (Franc-Nohain, cité par Patrick Besnier in Alfred Jarry).
Les faux pèlerins coquillards, dans la tromperie et l’apprentissage du jargon s’y prenaient-ils autrement ?
Et les trolls, sur leur coquille (de noix), dite as, à Corbeil ?

A Corbeil, il y avait un Jarry pharmacien et un Jarry troll, pêcheur de barbeaux. Il y avait aussi un vendeur d’asticots que notre Jarry appelait Barbillon (portait-il également « la moustache moscovite » ?). Un certain Désiré Barbeau a signé aptonymiquement un Manuel du pêcheur à la ligne. Jarry l’a lu.
Comment expliquer que de Barbeau il devienne Garbeau les quelques fois où la lettre à Vallette est citée ? La coquille est fort possible, Jacques Barbaut pense sans doute à une certaine manière de tracer le b minuscule ressemblant très fortement à un G majuscule. Lapsus de lecture, quoi, comme il y eut peut-être un lapsus auditif lorsque, dans un râle, Jarry réclama un cureton et non un cure-dents.

Mais garbeau, dit le TLF, est aussi « Région. Synon. de chevesne », « mot dial. du Centre, de l’Orléanais et du Blaisois d’orig. inc. (…) dont l’ancienneté est confirmée par le dimin. garbouteau (1409) ». Le Larousse 1900 ne connaît que l’acception garboteau ou garbotin, « nom donné, dans quelques contrées de la France, au chevesne ». Comme le barbeau, le chevesne est de la famille des cyprinidés et lui ressemble assez. Le chevesne barboteau est d’ailleurs appelé ainsi à cause de sa ressemblance avec le barbeau.

(…)

« Barbaut le Bôbo barbote dans la mare à barbeaux »
Jacques Barbaut, L’Ouverture de la pêche,
Les Petits Matins, coll. « Les Grands Soirs », 2006

Et le mystère ne s’arrête pas là.
Jacques Barbaut nous conseille d’aller « voir Besnier, 2005, notamment, ou un Désiré Barbeau à l’index, p. 704, se métamorphose en femme de ménage, p. 372 ! tout ça assez ‘pataphysic’ sans le savoir, comme d’habitude ».
La bonne s’appelait-elle Barbeau ? Philippe Régibier (Ubu sur la berge, p. 43-44) ne donne pas son nom, mais son prénom, Marie, et son surnom, « la Briquette » (« car il lui était arrivé, en des emplois antérieurs, d’aider des mariniers à manutentionner du combustible sur les péniches à quai. ») (cf. aussi Besnier, p. 351-352).
Je serais tenté de penser que Patrick Besnier, ayant noté le nom de (Désiré) Barbeau (l’auteur, donc, du Manuel du pêcheur à la ligne) pour l’évoquer dans le chapitre « L’automne à Corbeil. Jarry et la pêche », s’est emmêlé et l’a appliqué par erreur à la bonne…

(…)

Encore Barbaut J. : « Noël Arnaud, lui (p. 188), en tient pour un Garbeau : deux Désiré, alors, strange, non ? »
Aux pages 187-188, Arnaud s’interroge sur l’identité de l’acteur J. Hemgé, donné comme interprète lors de la représentation de Peer Gynt le 12 novembre 1896 au Théâtre de l’Oeuvre. Il insinue « la plausibilité d’un pseudonyme collectif », « de toute évidence composé d’initiales (J, M, G) » et se pose la question :
« J. Hemgé se décomposerait-il en J = Jarry, M = Moncrif, alias Cremnitz […] et G = Gros, ou Garbeau (ami de Jarry et demain échotier bien informé de la petite bande, qui signera « un Troll » parce qu’il en figurait un dans Peer Gynt) ? »
Je ne trouve aucun homme de théâtre du nom de Garbeau et il n’est apparemment, comme ami de Jarry, nommé nulle par ailleurs que chez Arnaud. Quand on sait que ce dernier a pu commettre dans sa biographie quelques erreurs, hypothèses exaltées voire facéties (ceci dit sans retirer de l’intérêt à sa géniale biographie), on peut douter de son existence ou en tous cas du fondé de la supposition concernant la représentation de Peer Gynt.
Mon avis est que Noël Arnaud a trouvé sa solution imaginaire dans la lettre de Jarry à Vallette : « échotier bien informé » parce qu’il aurait interprété « pour la plus grande gloire du troll Désiré Garbeau » comme une indication de Jarry pour que Vallette montre cette lettre à un certain Garbeau qui en aurait fait un écho signé « un Troll ». Et Arnaud ne serait pas excusable d’avoir oublié que les habitués du Phalanstère de Corbeil s’appelaient « trolls » entre eux (cf. Besnier p. 352, « un vocabulaire spécial, comme l’auto-désignation des membres du groupe en trolls. »). Arnaud aurait alors commis une grossière erreur en faisant de ce Garbeau un acteur de Peer Gynt ! (voulu ou non, c’est aussi pataphysique que la bonne Désiré !)

Alors oui, comme le demande Jacques Barbaut, quelle est la leçon du manuscrit ? Et fut-il relu depuis sa première (hâtive) retranscription ?

2 Responses to “Calcul de la surface du barbeau” You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed.
  1. Gaudi Says:

    je découvre votre site en passant par Scheer
    et je l’inscris dans mes favoris
    va savoir pourquoi

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