A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 11 juin, le Céphalophore entêté est invité à la Halle Saint Pierre pour présenter ses éditions. C’est l’occasion, pour ceux qui ne les connaissent pas encore, de les découvrir.
Menées depuis 2002 par Etienne Cornevin, chercheur de livres monstres, elles se distinguent d’abord par l’inclassable revue Nouvelles Hybrides dont le septième numéro est annoncé pour fin août. Du même format que la mythique revue Bizarre et de mise en page excentrique - que de couleurs dans la graphie ! -, ses numéros contiennent les "inactes" de journées d’étude consacrées aux livres monstres : pas seulement les "livres d’artistes", mais plus monstrueusement les "livres à voir", les livres burlesques, par collage, de nonsense, de psalmanaajarrystes ou faux mystificateurs et ‘patafous.
C’est dire qu’on y trouve un univers littéraire et artistique extrêmement riche ! Des livres de François Righi à ceux du Paréiasaure, de Guillaume Dégé à Vincent Puente, du Daily Bul à Fornax, des collages de Max Ernst à ceux de Jacques Carelman, de J.J. Grandville à Cami, d’un Journal de bord de la Berlu à des études d’éléphantologie, … De quoi s’émerveiller, découvrir des territoires inconnus, mieux comprendre la folie mise à l’oeuvre.
Excentriques de gravité (2002) est le catalogue d’une exposition s’étant déroulée en Slovaquie en 2001 et dont l’idée était de présenter des "oeuvres d’artistes français contemporains dont la bizarrerie, la bouffonnerie, la folie de premier abord est telle qu’elles ne correspondent à aucune de nos attentes, et que les amis-de-ce-qui-ne- ressemble-à-rien-de-connu en sont très extrêmement réjouis, mais qui riment à… quelque chose […] oeuvres qui ne se présentent pas dans les habits de sérieux de l’Art et semblent de ce fait ignorer toute gravité, en particulier celle du jour, mais sont artistiquement, poétiquement et philosophiquement consistantes, [ … Lire la suite ]
Samedi 3 mai. Sur les traces de Fagus à Belleville. D’abord la déception de trouver rue Pelleport, 139 (où il habita en 1918) et 178 (… en 1902), des immeubles récents… Forcément, il aurait fallu s’y attendre. En entrant rue des Fêtes, on se dit qu’au 9 (… en 1898) on pourra voir l’immeuble. Pas de chance, un échafaudage le cache… Rue de l’Avenir, 3 (… en 1899), on peut mieux s’imaginer, d’autant qu’ironie, c’est un cul-de-sac (au bout, à gauche, qu’il était).
Déjà en 1901 à la Revue Blanche, Fagus, dans une série d’articles intitulée « Paris tondu », se révoltait contre « l’effort suprême de la centralisation », prévoyant le pire : « Paris, venu de la terre y reviendra. D’une façon dramatique sans doute. A mesure qu’elle crût, elle arracha de son propre sol matière à croître encore : le bois d’abord, puis l’argile, et le sable, et la meulière, de sorte qu’à présent elle se trouve tout entière suspendue sur un, deux, en des endroits, trois étages de souterrains. Ajoutez la perforation pour les chemins de fer métropolitains, ajoutez les égouts, les conduites pour l’eau, le gaz, le téléphone, l’électricité, et vous concevrez l’effrayant spectacle de la tour de Babel qui indéfiniment ronge ses pieds d’argile pour s’exhausser d’un étage et encore d’un étage. »
Et; dans Les Ephémères (éditions du Divan, 1925), recueils de « Paysages parisiens » parus pour la plupart dans le Mercure de France en 1913 et 1914 :
EXTENSION
Comme vous j’ai mes morts : une cousine au cimetière d’Ivry ; mon père, ma mère, au Père-la Chaise ; ma femme, mon fils, à Belleville. Je savoure une [ … Lire la suite ]
Pour faire suite à ceux de Curnonsky & Rouff et Monselet, voici un nouveau texte publicitaire d’écrivain. Paru le mardi 10 mars (admirez l’à-peu-près palindrome syllabique !) 1981, dans le Monde, non signé, c’est un court récit de Georges Perec pour Nouvelles Frontières. A ce moment, Perec commençait une série de voyages qui allait l’occuper toute l’année (Tunisie, Australie, Danemark,…) : sûrement a-t-il bénéficié, en échange de ce texte, de réductions de transport, comme pour les deux articles qu’il fit pour la revue d’Air France, repris dans L’Infra-ordinaire (cf. David Bellos, Georges Perec, une vie dans les mots, Seuil, 1994, p. 692). Notons que le texte, entre autres facéties, comporte une très belle parapèterie, dite aussi, restons dans le sujet, "contrepèterie Canada Dry".