Buon Moussu l’Arkaï vs une bande de cramponnés
par Cynthia 3000, le 24th November 2008
[suite de l’Affaire Icart…]
Nous savions déjà que le procès en correctionnelle du 5 novembre 1898 avait été repoussé. Le numéro de L’Aigle qui paraissait le lendemain nous en donne la raison :
EN DÉROUTE !
C’en est fait !
La municipalité Sauvan a vécu !
La barque municipale coule à pic, et les rats prudents la désertent.
Sauve qui peut !
Ce cri sinistre a retenti…
Ce n’est pas seulement un naufrage, c’est aussi une faillite.
Comme les agonisants, sur leur lit de mort, dans la minute suprême qui semble durer un siècle, voient repasser toutes les grandes scènes, douces ou tragiques, de leur existence ; nos édiles en ce dernier jour voient passer sous leurs yeux éteints, ces mensonges que furent leurs entreprises, ces torchons que furent leurs écharpes.
La montagne a accouché d’une souris ! C’est l’aveu même de Me Achiardi, le dernier des adjoints.
Une souris, dites-vous, c’est bien flatteur. Il serait mieux de dire : Un rat d’égout… et de dégoût.
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Fagus et l’argot de la guerre
par Gregory Haleux, le 16th November 2008
À François Caradec
Fagus aussi fit la guerre. D’abord mobilisé, puis démobilisé, il demanda à être envoyé sur le front. Commémorons aussi, avec retard, le 90eme anniversaire de l’Armistice avec cet article paru dans le n° 459 du Mercure de France (1er août 1917)
Quelques remarques sur l’Argot militaire
pendant la Guerre
Le militaire a besoin qu’on le comprenne, aussitôt et exactement : il use de termes familiers et précis. Le « Manuel du Soldat » (la Théorie, modèle de littérature en son genre (1), suffirait à en témoigner.
Aussi n’est-il pas à proprement parler d’argot militaire. Les termes argotiques relevés dans les conversations des troupiers couraient les faubourgs des grandes villes ; ils ont demeuré pour leur valeur expressive ; quelques-uns sont les résidus des campagnes algériennes ou coloniales.
Le soldat appelle un fusil : fusil, une mitrailleuse : mitrailleuse, un percuteur : percuteur ; etc… Il désigne un canon par son calibre : un 75, un 120 court ; un avion, par son type : un Nieuport. (A côté de cela, une pièce est fréquemment baptisée par ses servants : c’est Marie-Louise, Anne-de-Bretagne, etc…)
Tel avion s’appelle Crâne de Piaffe, la Joconde, un piaffe étant un moineau ; et c’est peint en belles lettres capitales comme les totems des autos-
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Admirable Fagus !
par Gregory Haleux, le 4th November 2008
Annoncée pour le premier semestre, puis pour cette fin d’année, la réédition du Colloque sentimental entre Emile Zola et Fagus (1898) sera peut-être encore repoussée. Sa préparation prend un temps plus long que prévu : annotations du texte, établissement des variantes (à partir des lettres-poèmes manuscrits envoyés à Zola et conservés à la BNF, ainsi que - merci Eric Walbecq - d’un exemplaire ayant appartenu à Félix Fénéon et corrigé trois ans après de la main même de Fagus), repères biographiques …
En attendant, reprenons l’approche de Fagus déjà inaugurée ici et intéressons-nous aux représentations physiques de Fagus : les images qu’en ont rendues quelques artistes et les descriptions écrites de quelques-uns de ses amis.
Brabançon d’œil bleu, Gaulois de poil blond
Décembre, midi; le Palais-Royal tout gris s’aplatit
sous la neige toute blanche. Entre deux arcades,
un poète, au pilastre adossé, mastique des pommes
de terre bouillies qu’il pêche dans sa poche une à une,
cependant qu’à la devanture du libraire parmi les effigies
de femmes nues, il considère la Victoire de Samothrace.
Ces deux images représentant Fagus datent de 1898 et sont du même artiste : Frédéric Front (1).
La première est la couverture du Colloque sentimental entre Emile Zola et Fagus.
La deuxième est une peinture que, selon la chronique de Charles Saunier
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