Articles publiés en avril 2010


 

dans un exemplaire d'Ixion
(Editions de La Plume, 1903)

Pour
George Gaudion
& ses amis
qui sont aussi ceux de
Fagus

 

 

 

 

 

dans un exemplaire d'Ixion
(Editions de La Plume, 1903)

Au magicien somptueux et triste
Jean Lorrain
son admirateur et ami
Fagus

 

 

dans un exemplaire d'Aphorismes
(E. Sansot, 1908)

A mes confrères
de "l'Abbaye"
Fagus

 

 

[merci à Bruno Leclercq]

 

 

 

 

 

George Gaudion (1885-1942) : chimiste, professeur à la Faculté de Toulouse, poète, musicien, peintre, critique. Entre 1905 et 1909, il publie quelques recueils poétiques (Les Âmes pâlies, La Maison d'enfance, Des petits pas sur la pelouse, Lampes avant le seuil, Le Jeu docile, La Prairie fauchée) et, avec Louis Estève, deux essais (Nietzsche décadent et Les Héritages du Romantisme). De 1905 à la guerre, il dirige, avec Touny-Lérys, la revue mensuelle Poésie, où l'on peut lire Carco, Apollinaire, Jammes, Fort… En 1909, en réaction au Futurisme, il écrit, toujours avec Touny-Lérys, un manifeste du Primitivisme, prônant « l'art qui se nourrit aux sources mêmes de la Vie (qui viennent de loin, du début des âges) ». Il abandonne ensuite la poésie et se consacre à la musique et, surtout, à la peinture. Ses talents d'imitateur l'amènent à illustrer A la manière de… de Paul Reboux et Charles Muller, dans lequel il pastiche des peintres contemporains.

Jean Lorrain (1855-1906), romancier, poète, journaliste, etc. Voir le site qui lui est consacré.
Dans la Revue Blanche, en 1902, Fagus critique trois ouvrages de Jean Lorrain : Poussières de Paris, Princesse d'ivoire et d'ivresse et Le Vice errant.

L'Abbaye de Créteil, « groupe fraternel d'artistes », est fondé en 1906 par Charles Vildrac, René Arcos, Georges Duhamel, Albert Gleizes, Henri-Martin Barzun et Alexandre Mercereau. Dotés d'un atelier d'imprimerie, ces phalanstériens fabriquent leurs propres livres dont, notamment, La Vie unanime, de Jules Romains, en 1908.

 

Nous vous présentons ici les seuls portraits de Fagus – photographies ou peintures – que nous connaissons à ce jour.
(les images peuvent être agrandies par un clic)

 

 
 Dessin de Frédéric Front, 1898.

 

 

Dessin ayant servi pour illustrer la couverture du Colloque sentimental entre Emile Zola et Fagus, Société Libre d'Edition des Gens de Lettres, 1898.

 

 
 Peinture de Frédéric Front, 1898.

 

 

Portrait reproduit dans Cinquante lettres de Fagus, Le Divan, 1925.
Il s'agit sans doute de la toile qui fut exposée en 1899 au Salon de la Société Nationale des Beaux-arts (et signalée par Charles Saulnier en juin 1899 dans la « Petite Gazette d'Art » de la Revue Blanche).
De cette peinture, Jean Dolent note, dans Maître de sa joie (Alphonse Lemerre, 1902, p. 135) : « La bouche annonce, les yeux promettent, le front d'un ferme dessin révèle une heureuse destinée. »
Le 30 octobre 1933, soit moins de dix jours avant sa mort, Fagus évoque ce portrait dans une lettre à Henri Martineau : « Vous ne le connaissez point car, faute de place, je l’ai entreposé chez ma belle-soeur Mathieu, rue Pelleport. Or, ce matin, comme je m’éveillais, vers 5 h., j’aperçus comme en rêve plusieurs hommes conversant, dont l’un était ce Fagus de 1898. Et la vision me suit depuis lors. C’est peut-être ce que les Bretons qualifient « intersigne ». Si je viens à vous tirer ma révérence définitive, prenez note de ceci, à titre de contribution aux études télépathiques. »

 

 
 Peinture de Tristan Klingsor, 1924.

 

 

Portrait reproduit dans le numéro 109, spécial Fagus, du Divan (mai 1925).
Dans ce numéro de la revue, Tristan Klingsor signe un article, « Fagus modèle », dans lequel il se souvient des séances de pose du poète. Cette peinture, Fagus à la pipe, fut commandée par Henri Martineau pour venir orner les murs de la librairie du Divan – 37, rue Bonaparte, Paris (VIe) -, en remplacement d'un premier portrait de Fagus par Klingsor, de 1922, que le collectionneur ésotériste René Philipon avait acheté.

 

 
 Photographie de Henri Manuel.

 

 

Portrait paru dans le n°10 de Poésie – cahiers mensuels illustrés (octobre 1933).
Et notre version colorée.

 

 
 Autre photographie de Henri Manuel.

 

 

Portrait paru avec l'article « Fagus » du n°327 du Larousse mensuel (mai 1934).
Cette photographie fait certainement partie de la même séance de pose que la précédente. Nous ne saurions les dater précisément mais nous pouvons les dire d'après 1925, puisque cette année-là Georges Le Cardonnel affirme ne pas connaître d'autre portrait de Fagus :
« Quand parut Frère Tranquille, je parlai de ce recueil dans le magazine littéraire du Journal et y publiai quelques-uns de ses vers avec l’agrément de Lucien Descaves qui apprécie beaucoup le talent de Fagus. Puisque c’était possible, nous aurions désiré donner à cette occasion son portrait. J’eus beau insister ; je ne pus obtenir de lui aucune photographie. Il me répondit que sa seule effigie était un portrait par l’ami Klingsor, qui figure au Divan. Au cours d’un billet charmant et spirituel, il finit par me déclarer : « Mais, vrai, ma frimousse est-elle vraiment indispensable ? Je ne suis plus jeune et pense bien n’avoir jamais été beau. »
Admirable Fagus ! » (in Le Divan n° 109, mai 1925, p. 289)

 

 
 Peinture de Lucy Humbert.

 

 

Portrait reproduit dans le n°11 de La Guiterne (janvier 1934).
Extrait de la lettre du 1er avril 1933 de Fagus à Lucy Humbert, en réponse à la demande de faire son portrait :
« Je ne possède ni bubelettes sur le nez, ni parasites sur le corps, mais ces accessoires ne sont pas, je crois, indispensables à un modèle, ni même les charmes des paysannes que Raphaël transformait en madones. Vous accueillerez donc mon apparence physique telle qu'elle se présente, et votre talent la transfigurera en une parfaite oeuvre d'art. J'espère même et de tout mon coeur qu'une personne de goût la couvrira d'or, lequel, je le déplore en la circonstance, ne sera que de l'or-papier, hélas !
Veuillez donc faire signe, et, aux lieu, jour et heure que vous indiquerez, le modèle que vous avez honoré de votre choix, se fera un devoir de se soumettre à votre glorieuse vivisection.
Respectueusement,
Fagus »

 

 
 Gravure de Robert Joël.

 

 

Portrait paru dans le numéro de mai-juin 1936 d'Eurydice, cahiers de poésie et d'humanisme.
Un projet de réédition de luxe de Frère Tranquille, avec illustrations de Robert Joël, ne vit jamais le jour. Fagus l'évoque dans une lettre à l'éditeur Edgar Malfère :
« Et quant à Frère Tranquille, je ne saurais que vous redire que les dessins de Robert Joël m’ont produit une fort belle impression. Rien ne m’indique que quelque autre artiste interprèterait aussi heureusement ma pensée. »

Il existerait au moins trois autres représentations de Fagus :
― « un portrait de moi, en buste, qui figura au Salon-Rodin en 98 ; un peu boueux, mais étonnant de verve. » (lettre à Henri Martineau du 30 octobre 1933)
― de Fernand Gottlob, Le Haleur de bateau, dessin rehaussé qui se serait trouvé au Musée du Luxembourg.
― de Henri Le Fauconnier, un portrait au fusain qui aurait appartenu à l’artiste.

N'hésitez pas à nous contacter si vous les connaissez ; ou si vous savez où se trouvent actuellement les peintures de Frédéric Front, Tristan Klingsor et Lucy Humbert.