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Omajajari, par Philippe Boisnard
Belle entreprise qui fut celle de Cynthia 3000, avec la publication le jour du centième anniversaire de sa mort, d’un hommage kaléidoscopique à Jarry. Beau travail, soigné comme le sont chacun de leur livre, beau travail de 16 petits livres, rassemblant autant d’auteurs, et donnant à lire un ensemble de 388 pages. Et pourtant personne, ou presque n’en a parlé. Juste Berlol qui en mentionne l’existence au détour d’une de ses notes, ou bien encore Eric Dussert qui en établit une brève présentation, mais là, je dirai que cela ne compte pas, car lui-même fait partie des auteurs de ce collectif. Donc bien triste que personne n’en ait parlé. Il faut dire, comme l’a fait remarqué, il me semble d’une manière discutable Anne-Sophie Demonchy sur La lettrine, en réponse à François Bon, si le but sur internet est d’avoir des lecteurs et que ceux-ci de fait sont pensés comme avides « des livres qui font l’actualité », et ceci pour « survivre sur la toile », il est normal que l’on ne parle pas de ce type d’expérience, que l’on n’en recherche même pas l’existence, il vaut mieux tout de go, s’engager vers cette Angot-là de la rentrée.
Après cet amer constat, revenons à ces petits livres et à leurs auteurs. Tout l’intérêt de cette publication, c’est ce rassemblement. Car, ici il ne s’agit pas de chercher une voie unique qui approfondirait l’œuvre de Jarry. Quoique, même s’il s’agit de brèves approches, certaines ont une réelle pertinence, telles celle de Jacques Jouet ou encore cette dérive psychogéographique — sous forme de divertissement — de David Christoffel. Non, ici, quand je dis kaléidoscope, c’est vraiment de cela qu’il s’agit. Une fragmentation littéraire d’une mémoire de Jarry, 16 auteurs, donc 16 couleurs Jarry, 16 langues tout contre Jarry, du potache au vélo, du (contre)théâtre au génie de l’œuvre littéraire, chaque intervention prend Jarry comme elle peut, car avec Jarry, tel que le dit Jean-Louis Cornille : « la lecture elle-même devient une activité scabreuse, coprologique même, et le critique n’est qu’un fouille merde, triturant l’objet au-dessus duquel il se penche, car Jarry n’est pas rien (comme cette Suisse du début du siècle), mais plutôt un monstre — « originale inépuisable beauté » — car tel qu’il l’explique à Rachilde : « Oui, Madame, je crois en Dieu, car il faut un Dieu pour créer un homme comme moi. »
 
Dernière mise à jour : ( 09-02-2009 )
 
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