Les poètes, par Léon Werth

Rédigé par Grégory Haleux - 27 juillet 2014 16:35

 

 

Le Poète, en 1913, en prend pour son grade sous la plume acérée de Léon Werth. Pour sa démonstration, l'observateur lucide en vient à inventer, avec un peu d'avance, la poésie phonétique et le poème ready-made. L'article parut dans Les Cahiers d'aujourd'hui n°6, en août 1913.

 

 

 

LES POÈTES

 

 

C'était dans le salon d'attente d'un dentiste, au début de l'année 1913. Par hasard, je trouvai, au milieu des albums de villes d'eaux et des derniers numéros de L'Illustration, un livre de Renan. C'était avant le coup d’État. La France n'était pas encore gouvernée par le triumvirat du duc d'Orléans, du prince Victor et de M. Raymond Poincaré, dont les décisions ont force de loi, sous le seul contrôle de M. Schneider du Creusot. La loi de neuf ans n'était pas encore votée. M. Georges Lecomte et M. Jean Richepin n'avaient pas encore été chargés de dresser une liste officielle des bons livres et des livres dangereux. M. Paul Adam n'avait pas encore prouvé définitivement son loyalisme en demandant à faire partie du peloton d'exécution qui assassina Jean Jaurès. Il n'était pas encore placé à la tête de la police générale du royaume et ne dirigeait pas les perquisitions chez les sujets soupçonnés d'acquérir ou de garder chez eux des livres interdits. Ces quelques détails rétrospectifs sont nécessaires pour expliquer la présence d'un livre d'Ernest Renan dans un salon de dentiste. Je le parcourais machinalement, quand je lus une phrase dont le sens seul est resté dans ma mémoire. Renan montrait combien est puéril aujourd'hui tout pastiche des formes lyriques du passé. Je n'ai de cette phrase qu'un vague souvenir. Et je répète, par une bien légitime prudence, qu'à cette époque Renan n'était pas encore prohibé sur tout le territoire de l'Empire royal et métallurgique de France. J'avais été d'autant plus attentif à cette phrase de Renan, lue par hasard, que je m'étonnais depuis longtemps d'une singulière contradiction : notre indulgence pour les poètes est sans limites et nous traiterions de dégénéré quiconque voudrait remplacer l'écriture actuelle par l'écriture idéographique, sous prétexte que l'écriture idéographique est plus jolie.
Les poètes primitifs emportaient avec eux leurs chansons et leurs récits, comme les commis-voyageurs emportent leurs collections. Sans doute, cette comparaison est bien prosaïque. Et je reconnais qu'elle est blessante pour les commis-voyageurs. Un commis-voyageur peut être un homme et un homme intelligent. Un poète, au sens où l'entendent les gens du monde et les critiques littéraires, ne peut être qu'un imbécile.
La forme fixe du poème était donc une nécessité mnémotechnique. Elle rendait le poème facilement transportable et elle permettait au public d'en retenir des fragments et d'attendre ainsi le poète jusqu'à son prochain passage.
Mais la poésie devint bien vite une sorte de religion. Elle eut ses rites et lorsqu'on cessa de danser et de chanter les vers, les poètes inventèrent des rites typographiques.
Et le rythme ? Car les poètes, entre eux, parlent du rythme, et quand ils vont aux champs, ils discutent de la "Technique".
Mais rythmez... Qui donc vous empêche de rythmer ? Il n'est pas nécessaire de dessiner typographiquement votre rythme. Nous le découvrirons tous s'il existe. Le poète est un musicien barnum, qui nous dit à chaque phrase le nom des instruments dont use son orchestre. Et le plus souvent, il ne donne que l'image typographique de son rythme : le poète est un faux monnayeur. Il compte sur ses doigts, pour que ses vers soient réguliers. Il compte aussi sur ses doigts, pour être bien sûr qu'ils ne le sont pas.
Il y a aussi la musique, la pure musique des mots, la divine sonorité pure. J'ai connu, dans un village, un vrai poète. C'était un vieillard gâteux qu'on portait jusqu'à sa fenêtre, si le temps était beau. Et il faisait : "ba... ba... ba... la... la... la... ga... ga... ga..." Quand je passais sur la route, je l'entendais qui geignait son éternel refrain syllabique... Il eut une période de rémission et redevint à peu près normal. Il se souvenait très bien de sa crise. Et il me confia :
— Je suis atrocement malheureux...
Je voulais éviter ses confidences. J'étais gêné. Je ne sais rien de douloureux comme un fou qui reconnaît et déplore sa folie. On ne peut que lui distribuer de vagues et sottes consolations. On lui parle d'un ami qui a été enfermé trois ans... — Et trois ans... vous n'avez pas été malade trois ans... vous... ! — et qui depuis a construit des lignes de chemins de fer, bâti les Pyramides, écrit la Bible et Roméo et Juliette, fondé une famille de grands poètes et de grands ingénieurs.
Mais le vieillard guéri s'obstinait à ses confidences :
— Je suis malheureux.
Je l'interrompis :
— Il ne faut pas y penser... C'est fini... c'est bien fini.
Il continua :
— C'est ce qui me désespère... ! Tenez... Je vous vois... je sais qui vous êtes... Je vois passer des hommes et des femmes sur la route. Je les connais par leur nom. Mes enfants... je les aime mes enfants. Évidemment c'est agréable de n'être pas gâteux. Mais comme c'est fatigant ! Si vous saviez le plaisir, l'inexprimable plaisir que j'éprouvais auparavant, quand, des heures entières, sans rien voir et sans penser à rien, je faisais : "la... la... la... ba... ba... ga... ga... ga..." C'est si joli : la... la... la... Ça sonne si bien : ga... ga... ga... Ça remplit la chambre : la... la... la... Ça donne du bonheur : la... la... la... ga... ga... ga... Ça se chante... Que dis-je... ça chante tout seul. C'est beau par la sonorité pure : ba... ba... ba... la... la... la... ga... ga... ga...
Et Baudelaire ? Et Verlaine ? Et Verhaeren ? Et Laforgue ? Et plus récemment Spire ou Vildrac ?
Ce ne sont pas des poètes. Les poètes, ce sont les autres.
Eux, ils usent de certaines commodités oratoires ou rythmiques. Ils y trouvent leurs avantages et nous notre compte. Le verset leur est un moyen de contracter leur pensée ou de rassembler leurs images. Ils manient la langue comme un bon ouvrier son outil. Ce sont des écrivains et voilà tout. Ils remuent le monde avec les mots, comme on bêche avec une pelle. Mais les autres, les poètes avec un grand P ramassent les raclures de la pelle.
Ce n'est pas difficile : il suffit d'aller à la ligne. L'alinéa est le signe même du génie poétique. La poésie est un fruit que la nature produit par tranches distinctes. Là est le mystère. Prenez n'importe quelle phrase. Disposez-la en tronçons : par la magie de l'alinéa, chaque tronçon, isolé dans le blanc de la page, éclatera comme un oracle inattendu. Le vers est comme un mot nouveau créé par le poète, pensait Stéphane Mallarmé. Le vers a cette vertu de guillemeter les mots, tous les mots dont il est fait. Et j'ai tort de dire : le vers.. N'importe quel mot, n'importe quelle syllabe devient — par la sorcellerie de l’alinéa — poétique. Claudel, qui a du génie, sait rendre poétique la syllabe car, en passant à la ligne. Essayez avec le plus simple fait divers, et si vous ne réussissez pas, c'est que vous n'avez pas de génie :

 

 

Se sentant le plus faible
Il tira son couteau
Et l'en frappa au cœur

 

 

Je copie maintenant le texte d'une carte postale écrite par un soldat à sa mère :

 

 

Je t'envoie de mes nouvelles
Qui pour le moment sont bonnes.
J'espère que la présence de cette carte
Te trouvera de même.

 

 

Je copie au hasard dans l'Indicateur de l’Ouest-État :

 

 

Le train 3853
Ne circule entre Saint-Mariens et Coutras
Que les jours de foire à Maransin
(Habituellement le premier samedi
De chaque mois),
Les jours de foire à Guitres,
Les jours de foire à Coutras
Et le jour de la grande foire de Lapougade...

 

 

Je copie le bulletin de "l'Œuvre de saint François de Sales pour la défense et la conservation de la foi, pour le soutien des écoles chrétiennes, des œuvres de persévérance, la diffusion des bons livres et des objets de piété ". Je n'en fais pas ma lecture habituelle. Mais je suis en Bretagne :

 

 

Nous continuerons à prier pour nos Écoles
Où la Maçonnerie triomphante
Veut consolider et étendre toujours plus le règne de Satan
Son inspirateur et son chef.
Immense est le mal déjà fait
Et plus grand encore celui qui nous menace.

 


Imaginez tous ces "vers" — ceux de l'Indicateur de l’Ouest-État et ceux du "Bulletin de l'Œuvre de saint François de Sales" et ceux du fait divers et ceux de la lettre du soldat — sur vergé d'Arches, au beau milieu d'une page blanche, en une élégante plaquette à tirage restreint. Ils portent la marque d'une inspiration toute biblique. Je conseille cette formule aux jeunes gens qui se destinent à la carrière du génie. Les possibilités de combinaisons verbales y sont innombrables. Le poème sur Phryné, sur Psyché ou sur le cocktail, est devenu un jeu de patience dont les combinaisons favorables sont un peu trop usées. De plus il sent son journaliste ou son joueur de tennis. Je ne parle que pour mémoire du vers fantaisiste pour levers de rideau :

 

 

Comme j'étais assis sur le vieux banc moussu
Les paysans passaient, disant : Bonjour Moussu...

 

 

Les chiffonniers ne les ramassent même plus dans les poubelles de la place de l'Odéon.
Je n'ose d'ailleurs parler du vers régulier qui semble aujourd'hui réservé aux fournitures de théâtre. Quelques dames persistent aussi à s'en servir. Mais elles prennent avec lui quelques libertés, de peur de trop se vieillir. A peine osent elles en disposer les rimes symétriquement, comme deux candélabres aux coins d'une cheminée.

 

 


Le poète fut chevelu et voulut conduire les foules. C'était une illusion, peut-être puérile, mais généreuse. La poésie n'était pas encore un des rites — le plus bête — de la vie de certains salons.
Dans un vers, il y a les mots de la prose, plus la poésie, qui, par définition, est sous-entendue. Quelquefois le poète a de la culture : ce qui a été inventé par un écrivain véritable, le poète le reprend et le morcelle. Les mots entraînent nos souvenirs livresques. Nous sommes complices. La poésie est alors un exercice un peu vain, un sport que pratiquent ensemble un auteur qui a lu et des lecteurs qui ont lu. Le poète emmène Ophélie sur le bord des étangs. Bien qu'un peu opéra-comique, le balcon de Juliette rend de grands services encore pour des escalades de tout repos. Le poète n'est souvent qu'un critique littéraire honteux.
C'est aussi un chef d'accessoires. Il a la lampe, la clef, la guirlande. Il prend où il peut. Car il lui est interdit de "donner un sens plus pur aux mots de la tribu". Cela, c'est métier d'ouvrier, c'est œuvre de prosateur. L'art du poète n'existe que par le prestige de ce qu'un mot évoque, avant que lui même l'ait employé. Son rôle est de présenter avec adresse les coupons en solde des grandes pièces  écoulées. Le poète a le geste avantageux. C'est le calicot de la littérature. J'ai connu d'autres poètes que le gâteux du village. J'en ai connu d'ingénieux qui, hors leur manie, semblaient des hommes comme les autres. Mais c'était pure illusion.
Henri Wallon m'a expliqué ce que les aliénistes entendent par le mentisme. C'est un fonctionnement à vide du cerveau fatigué, qui continue automatiquement son travail, qui répète, sans effort d'attention et sans évocation d'un objet, les opérations qui lui sont habituelles. La poésie est une forme de mentisme. Elle est le mentisme de la littérature.
Je ne songe qu'au poète tel que me le donne la vie présente. Et je sais bien toutes les commodités oratoires du vers classique et du vers romantique. Je songe au poète d'aujourd'hui usant de vieux rythmes ou plagiant tout à la fois Whitman, Franc-Nohain et Paul Claudel.
Ce n'est pas qu'à sa versification que sa tare se manifeste. Elle est plus grave. Ce poète là, c'est l'artiste, tel que s'apparaît à lui-même le bourgeois, qui écrit, sût-il écrire.
— Je suis un artiste... dit-il
Et par là il se croit de très bonne foi supérieur aux autres hommes. Ce sentiment lui crée une âme d'esclave et de parasite. Comme il veut avant tout avoir les pieds au chaud pour évoquer ses Ophélie de bazar, de légende ou même, s'il en est capable, de Shakespeare, il se fait bien vite un cerveau de petit mercier. Il va tout droit à l'ordre qui lui garantit une paire de pantoufles. Il tremble pour la culture comme un petit rentier tremble pour son bas de laine. Il hurle d'enthousiasme, si les soldats passent devant sa fenêtre, parce que le soldat est le défenseur de l'ordre de Krupp et de Racine contre les  barbares et les primaires et parce que le soldat est une image d'Epinal vivante. Il ne comprend d'ailleurs, ni Racine, ni l'image d’Épinal, puisqu'il croit qu'à les recommencer, on les égalerait. Cet être frileux, ce gardien de musée est féroce.
Il est féroce, parce qu'il est bête ou du moins parce qu'il n'a qu'une culture de pion. Il possède, avec un peu de mallarméisme ou de whitmanisme surajouté, les notions que pouvait avoir au XVIIIe siècle un bon élève des Jésuites. Ah ! il est protégé contre les orateurs de cabaret ! Sous prétexte qu'un instituteur de hameau a des idées trop simples sur l'origine du monde, il accepte toute idée simple, pourvu qu'elle ait une patine. Un politicien de cabaret l'indigne. Mais un politicien d'église, il le respecte, parce qu'il aime les idées légendaires, incapable qu'il est de créer des légendes, et parce qu'il a le respect du châtelain, en troubadour qu'on nourrit au château.
Je ne crois pas à l'idéologie. Mais le bon poète, le pur artiste se trompe s'il croit qu'on se libère de l'idéologie, à la façon de l'autruche qui met sa tête dans le sable. L'artiste, bon dandy, ignore tous ceux qui ont affronté sans bassesse, les problèmes irrésolus. Il ne connaît que des manuels d'instruction laïque ; je ne sais s'il a tort ou raison de leur préférer les jeux du cirque des religions révélées. Il aime le boniment forain. C'est sa philosophie. Il a lu un manuel de bachot. Il est semblable à l'enfant qui ne veut pas apprendre à nager parce qu'on ne traverse pas la mer. Il ne sait pas la joie de s'en aller à la vague. Il ne sait pas que pour cette joie-là des hommes sont morts. Il regarde la mer, ce poète, à la façon des dames, qui, sur la plage, ont apporté leur pliant. La belle et tâtonnante ivresse critique, — tant pis s'il n'y a pas d'autre mot — il ne la connaît pas. Il distingue le dévot du Tartuffe. Mais il ne connaît que M. Homais. Et déjà Renan lui apparaît comme une sorte de Homais. Quand Maeterlinck publia la Mort, ils hurlèrent tous comme des chiens qui voient passer un chemineau. Ils lui reprochèrent d'anéantir le mystère, parce qu'il allait au mystère, pas à pas, le plus loin qu'il pouvait et puis revenait à nous, sans plus. Leur mystère, c'est la patine accumulée sur une idée commode. Leur mystère, c'est de la crasse.
 J'accepte que le poète ignore les innombrables inquiétudes, qui, par la recherche des savants, tendent à se multiplier plus encore qu'à se satisfaire. Un artiste n'a nul besoin de méditer et l'atome et l'éther. Mais que cet artiste, qui aboie au primaire, soit le plus incurable des primaires, cela n'est pas sans comique. Il tient Edison pour le plus grand savant du XIXe siècle. Il est prêt à énumérer les grandes découvertes de la science. Et il se moque des chromos, de Rostand et de Richepin ! Il se moque des orateurs de cabaret ! Mais il n'a que des notions de lycée et de café littéraire. Pauvre petit poète qui n'ose plus parler de sa tour d'ivoire, mais qui y croit encore. Sa tour d'ivoire est un coquillage. Il vit accroché au banc de la poésie. S'il m'arrive de causer avec le pur poète d'un problème présent, je m'aperçois qu'il n'a pour la résoudre que sa lampe, sa clef et sa guirlande. Il n'en éprouve aucun embarras. D'autres ont pensé pour lui. Lesquels ? Je constate, avec une sorte de terreur que le poète raisonne comme une concierge qui lit le Petit Parisien. Et s'il a besoin, en plus d'une dialectique, il lit l'Action Française. Le poète pense en petit mercier. Il se méfie des agitateurs. Et au fond de sa doctrine, il y a l'Argent le Père que seul lui garantit Dieu le Fils. Le poète, quand il est bête, est parfois désintéressé. L'argent des riches est alors nécessaire pour qu'Ophélie s'achète une robe blanche.

 

 

 

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Guillemeter les alinéas

Rédigé par Grégory Haleux - 21 juillet 2014 19:07

 

 

Lues dans le Petit Journal du 9 mars 1868, ces lignes de Jules Claretie :

 

 

Une de ces coquilles, des plus gaies qu'imprimeur ait laissé passer, figure à la fin d'un livre sur la folie. L'auteur, un médecin bien connu, terminait son ouvrage par une assez longue citation du docteur Pinel, l'aliéniste de génie. On lui envoie des épreuves sur lesquelles la citation figurait sans guillemets et comme si elle eût fait partie du texte même. Notre docteur prend la plume et écrit en large :
« Pour finir, il faut guillemeter tous les alinéas. »
Puis, confiant, il donne son bon à tirer...
On tire en effet le volume, on le broche, on le met en vente, et l'auteur, ouvrant son livre à la dernière page, pousse un cri et tombe écrasé en voyant que les compositeurs avaient, non pas guillemeté les alinéas de Pinel, mais imprimé tout net l'observation qu'il avait, lui, écrite en marge. Encore, comment l'avaient-ils imprimée ? C'était féroce.
On peut lire cette phrase abracadabrante dans l'édition première de ce traité sur la folie du docteur X... :
« Pour finir, il faut guillotiner tous les aliénés. »

 

 

Selon les sources la coquille se trouvait dans une thèse de médecine, un article d'un savant anthropologiste, une brochure « philanthropique » sur l'aliénation mentale, un ouvrage de médecine légale, un article du journaliste Emile de Girardin...

Alexis Bouvier reprit l'anecdote dans son roman Mademoiselle Olympe (ancienne maison Palmyre), Jules Rouff, 1880 :

 

 

 

 

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Poésie losangiste

Rédigé par Grégory Haleux - 18 juillet 2014 17:07

 

 

Un dimanche de mars 1913, le Poète inventait la poésie losangiste.

 

 

L'Humanité, 14 mars 1913

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Rimbaud à l'épreuve de la biométrique de similarité

Rédigé par Grégory Haleux - 24 mai 2014 19:26

En date du 15 avril, ici même, je me moquais, en parodiant, du dernier rebondissement concernant la fameuse photographie supposée d'Arthur Rimbaud, découverte en 2008 par deux libraires, photographie qui suscita une polémique dans le petit monde de la Rimbaldie. Si vous n'avez pas suivi en leur temps les interventions des uns et des autres, je vous conseille la consultation du blog d'un certain Circeto, qui relate avec beaucoup d'humour cette frénésie : Rimbaud était un autre ! Vous y apprécierez l'entourloupe intellectuelle (à la hauteur - c'est-à-dire aussi la bassesse - de l'enjeu financier) menée par deux libraires et un éminent biographe, Jean-Jacques Lefrère, habitué de ce genre de manoeuvres. C'est très instructif.

 

[Je précise que je me fous pas mal de connaître le visage de Rimbaud et que c'est la malhonnêteté - et la paresse des media, ainsi que la triste complaisance de plusieurs - qui me fait réagir]

 

Ce dernier rebondissement, donc. Il s'agit d'une « expertise en biométrique de similarité » réalisée, sur la photographie, par le chercheur-enseignant Brice Poreau, de l'Université de Lyon. C'est une technique, nous dit-on, « qui a fait ses preuves lors d'expertises judiciaires d'identité faciale ». Ironisons tout de suite : si elle est utilisée de cette manière par la Justice, je plains les innocents qui en ont fait les frais. Le rapport d'expertise est consultable.

 

Une drôle de méthode

 

Comment s'y prend le chercheur Brice Poreau ? Il compare la nouvelle photographie - dite du Coin de table à Aden - avec cinq portraits du poète : quatre photographies (les deux ultra-connues de Carjat, une en communiant et une présumée le représenter adulte) et une peinture. Pour cela, il place sur le visage des points faciométriques (repères anatomiques), mesure certaines distances et calcule des indices (proportions).
Il y a dans ce premier calcul quelque chose de très gênant. Reprenons l'excellent exemple d'un commentateur du blog susmentionné : supposons deux portraits, l'un d'une personne présentant de grands yeux, l'autre d'une personne aux petits yeux ; les mesures sont, pour le premier, de 30 de largeur et 20 de hauteur, et, pour le second, de 15 et 10 ; nous aurons ainsi, pour chacun des portraits, le même indice puisque 30/20 et 15/10 donnent également 1,5. Imaginons, pour les autres mesures (nez, bouche, front, etc.) des rapports semblables et nous aurions un beau pourcentage dont nous pourrions déduire que les deux personnes n'en font qu'une bien qu'elles soient, de toute évidence, différentes.

 

Une autre bizarrerie qui fait sérieusement douter de la valeur de l'expertise est très bien relevée par Circeto. Tentons de l'expliquer à notre manière. Elle tient au traitement des indices pour la comparaison de deux photographies. Le premier indice (il y en a à chaque fois 35) correspond aux mesures de la longueur et de la hauteur de l'oeil droit. Pour le calculer, il faut diviser la hauteur par la longueur. Ce qui donne, pour la photographie du Coin de table à Aden, 68,44 et, pour la première photographie de Carjat, 81,92. On calcule ensuite la différence entre ces deux indices : elle est de 13,48. Bien. Voyons maintenant le dix-huitième indice, qui correspond aux mesures de la hauteur de l'oreille droite et de celle de l'oreille gauche. Il faut diviser la première mesure par la seconde, ce qui donne, pour le Coin de table à Aden, 100,09 et, pour Carjat 1, 94,15. La différence entre ces deux indices est de - 5,94. Notez bien que cette différence est négative. Or, pour calculer le taux de similarité, entre les deux photographies, Brice Poreau additionne toutes ces différences, des nombres positifs et négatifs. Plus nous nous approchons de zéro, plus le taux de similarité sera proche de 100%. Ainsi, la grande différence entre les yeux est-elle relativisée en lui additionnant celle des oreilles : 13,48 + (-5,94) = 7,54. Ajoutons la différence correspondant au rapport longueur du nez/distance entre points sourcilières inférieurs, qui est de - 7,78 et nous aurons un résultat très proche de 0 permettant d'affirmer, sur ces trois seules différences, que le taux de similarité est de 100%... Le fait que les indices, pour chaque comparaison, de photographies, soient au nombre de 35 ne donne pas plus de valeur à cet étrange calcul : de grosses différences s'annulent par le jeu entre négatif et positif... Ainsi peut-on ignorer tout détail montrant avec évidence que le petit moustachu n'est pas le même être que le jeune homme de dix-sept ans.

 

Les taux de similarité trouvés par Brice Poreau sont les suivants :

 

Coin de table à Aden / Carjat 1 : 88%
Coin de table à Aden / Carjat 2 : 89-90%
Coin de table à Aden / Rimbaud communiant : 84%
Coin de table à Aden / peinture de Fantin Latour : 85%
Coin de table à Aden / Rimbaud présumé en 1883 : 92%

 

Un calcul supplémentaire permet au chercheur de prouver la validité de la méthode : le taux de similarité entre Carjat 1 et Carjat 2 est de 98% ! « Ce résultat permet d'affirmer formellement que les deux portraits représentent la même personne, en l'occurence Arthur Rimbaud » (nous verrons plus loin que cette phrase, pourtant claire à cet endroit du rapport, servira à dire toute autre chose).

 

Quelles conclusions tire-t-il de ces résultats ? Pour les similitudes de 88-90%, que « la probabilité que les deux portraits représentent le même personnage, en l’occurrence Arthur Rimbaud, est relativement forte » ; pour celles de 84-85%, qu'elles rendent « plausible l'hypothèse que la photographie à expertiser représente bien Arthur Rimbaud » ; pour celle de 92%, qu'elle « atteste la forte probabilité que les deux clichés représentent la même personne ». La conclusion finale : « Les cinq comparaisons sont en faveur d’une très forte probabilité que l’homme assis tout à droite de la photographie à expertiser soit bien Arthur Rimbaud »
Probabilité donc...
Et non, comme tous les media l'ont rapporté, authentification...

 

Les réactions de la presse

 

Les titres de la presse sont à cet égard éloquents :

 

- L'Express : « Sur la photo, c'était bien Rimbaud ! »
- Francetv.info : « Une nouvelle photo d'Arthur Rimbaud finalement authentifiée »
- ActuaLitté : « Authentification d'une photographie supposée de Rimbaud au Yémen »
- Le Figaro : « La photo de Rimbaud à Aden authentifiée par un chercheur »
- Libération : « Rimbaud dans son jardin d'Aden »
- Le Nouvel Observateur : « Les Experts ont identifié Rimbaud »
- Le Point : « Le cliché d'Arthur Rimbaud adulte finalement authentifié »
- Livres-Hebdo : « Une étude biométrique confirme une photographie avec Rimbaud »
- Sciences et Avenir : « La police scientifique vient d'identifier formellement... Arthur Rimbaud »

 

Il semble qu'aucun de ces journalistes - nommons-les pour la popo, la postérité : Jérôme Dupuis, Julien Helmlinger, Blandine Le Cain, Dominique Poiret, Vincent Leconte, Grégoire Leménager, Nina Bontemps-Terry, Vincy Thomas, Carole Chatelain - n'ait vraiment consulté la source.

Autre chose étonnante, qui explique en partie ces titres, tous ces articles répètent une même erreur d'interprétation, à croire que le premier à avoir dégainé (L'Express, qui n'est pas neutre puisqu'il fut également le premier à publier le cliché et s'en vante encore) a ensuite été copié par tous les autres, sans souci de vérification. Tous parlent du score de 98% comme correspondant à la comparaison Coin de table à Aden/Carjat alors qu'il concerne les seules deux photographies de Carjat :

 

- L'Express : « La comparaison avec la photo Carjat révèle même un "pourcentage d'assimilation supérieur à 98%. Conclusion du chercheur : "Ce résultat permet d'affirmer formellement que les deux portraits représentent la même personne, en l'occurence Arthur Rimbaud" »
- Francetv.info : « Résultat : il existe un "pourcentage d'assimilation supérieur à 98%" entre l'homme de cette photo et l'adolescent immortalisé par Etienne Carjat en 1871. »
- ActuaLitté : « Grâce à la science, et une étude biométrique plus précisément, la photographie datant du début des années 1880 a finalement été authentifiée à 98 %. » ; « Selon lui, il serait fortement vraisemblable qu'il s'agisse bien d'Arthur Rimbaud sur la photographie. Il en est assuré à hauteur de 98 %. » ; « Et chiffre qui monterait même au-dessus de la barre des 98 % lorsque le cliché est comparé avec la photo Carjat. Son verdict : « Ce résultat permet d'affirmer formellement que les deux portraits représentent la même personne, en l'occurrence Arthur Rimbaud. » »
- Le Figaro : « Une similarité proche de 100 % » ; « Dans le cas de la photo dite «Carjat», la plus répandue, la concordance atteindrait même les 98%. »
- Libération : « Pour l’ensemble des comparaisons les chercheurs ont obtenu une moyenne de 88% de similitude, et jusqu'à 98% pour la photo prise par Carjat. »
- Le Nouvel Observateur : « Un chiffre extrêmement élevé pour ce type d’étude - et qui atteint même 98% avec la photo de Carjat. »
- Livres-Hebdo : « Le score atteint même 98 % lorsqu'on compare le cliché d'Aden avec la photo la plus connue de Rimbaud âgé de 17 ans, les cheveux en bataille et la cravate de travers, immortalisée par Etienne Carjat en 1871. »

 

Seul le journaliste de L'Express, parmi ceux à qui je signalai l'erreur, corrigea... tout en maintenant les termes d'authentification, notamment dans le titre et le chapeau glorieux, et ce genre de désinformation : « Depuis [la première publication du cliché], les innombrables éléments découverts sur les autres personnages figurant sur la photo ne laissaient guère de doute : il s'agissait bien du poète des Illuminations. »

 

Mais revenons-en à la conclusion du rapport qui n'authentifie rien, sinon une probabilité... Il est même précisé : « Des études physiques de la photographie, ainsi que des études historiques pourraient utilement corroborées [sic] le présent rapport ». Or, aucune étude physique de la photographie n'a été faite et, loin de corroborer, les études historiques réalisées jusque maintenant infirment la présence de Rimbaud sur la photographie retrouvée.

 

Des incohérences

 

Un examen plus attentif du rapport révèle d'autres incohérences.
Les pourcentages d'assimilation sont compris entre 84 et 92. Mais le score de 92% correspond à la comparaison entre la photographie du Coin de table à Aden avec celle d'un Arthur Rimbaud présumé, à Sheik-Othman (datée de 1883, découverte en 1999) : quel est l'intérêt de comparer deux photographies présumées ? Cela pourrait aller dans le sens d'une probabilité qu'elles représentent la même personne, mais pas nécessairement Arthur Rimbaud... D'autre part, cette photographie de 1883 - Brice Poreau l'admet - est d'une « piètre qualité », le visage, noirci, révèle très peu de détails et l'on se demande comment le chercheur a réussi à y trouver tout de même 22 paramètres (au lieu de 36 habituellement). Pire, Brice Poreau n'arrive à en déduire que 12 indices (au lieu de 35 habituellement ; et nous verrons que M. Poreau oublie étrangement de compter quelques indices) ! Il admet d'ailleurs que c'est bien peu : « Néanmoins, le faible nombre de ces derniers ne permet pas de conclure de manière définitive que la photographie à expertiser représente bien Arthur Rimbaud ! » Le raisonnement est absurde puisqu'il laisse entendre que si le nombre d'indices était suffisant, nous pourrions authentifier Rimbaud sur la photographie du Coin de table à Aden, même si le score n'est que de 92% et même s'il n'y a aucune certitude que ce soit bien le poète sur la photographie de Sheik-Othman... Il est vraiment étonnant que cette photographie si calcinée et présumée ait été retenue pour la démonstration et dans la conclusion...

 

Les photographies de Carjat ont été retouchées (notamment pour les yeux et les oreilles), Brice Poreau le sait et le dit à un endroit de son rapport. Mais il n'en a tenu aucun compte.

 

Une autre belle incohérence concerne ce qui est dit des écarts importants constatés dans chaque comparaison.
Ainsi, pour la première comparaison Coin de table/Carjat 1, Brice Poreau évoque 6 écarts importants, qu'on pourrait dire plutôt très importants : la différence est comprise entre 14 et 22 points, ce qui paraît non négligeable. Or, non seulement ces très grosses différences sont négligées par cette étrange méthode de « biométrique de similarité » (elles s'annulent par le jeu des + et des -), mais Brice Poreau les relativise de manière bien légère : « Ces différences peuvent s’expliquer par la légère rotation du visage à expertiser. Les autres indices sont concordants. » Si elles peuvent s'expliquer par une légère rotation, il nous semble qu'elles pourraient tout aussi bien s'expliquer par de vraies différences anatomiques... Il y a plus inquiétant encore quant au sérieux de ce travail scientifique. « Les autres indices sont concordants », nous dit-on... mais ce n'est pas vrai : nous trouvons 4 autres écarts très importants (+ de 10 points de différence), que Brice Poreau ne mentionne pas. Pourquoi ? D'autre part, nous voyons dans une autre étude du même chercheur qu'un écart de 4,4 points est dit « important ». Nous pouvons alors intégrer à cette catégorie des « écarts importants », 5 autres différences entre indices, ce qui nous amène à constater que près de la moitié des 35 écarts sont importants ou très importants...
Nous pouvons faire la même analyse sur les autres comparaisons de photographies :
- avec Carjat 2 : Brice Poreau évoque 4 écarts très importants (avec le même relativisme quant à la question de la rotation) mais nous en relevons 5 de plus, et nous trouvons 4 autres écarts importants ;
- avec la photo de communion : Brice Poreau évoque 4 écarts très importants (toujours même relativisme) mais nous en relevons 4 de plus, et nous trouvons 12 autres écarts importants !

 

Autre bizarrerie : aller chercher une ressemblance au centième de millimètre (on le précise pour vanter la méthode) dans une peinture... Quel que soit le talent d'un peintre, ou sa volonté de réalisme, il peut difficilement avoir le regard et le pinceau photographiques, atteindre cette précision du centième de millimètre... Pourquoi pas s'amuser à comparer, mais il nous semble que ça ne peut être probant : une peinture n'est décidément pas une photographie... (et encore faut-il que la photographie n'ait pas de défauts majeurs, nous l'avons vu).

 

Des erreurs en pagaille

 

Nous avons gardé le meilleur pour la fin.
Un examen supplémentaire des jolis tableaux du rapport et, comme Circeto, nous découvrons... des erreurs de division... Pas deux ou trois sur l'ensemble du rapport... mais entre 5 et 10 par tableau ! Une quarantaine d'erreurs de division ! Et pas des moindres ! Plutôt du genre à fausser complètement les résultats, dont on doutait déjà sans cela.

 

Voici par exemple un extrait du tableau de la deuxième comparaison - Coin de table à Aden/Carjat 2. J'y ai reporté, en rouge, les résultats corrigés des opérations. On voit que le score final en est singulièrement changé...

 

 

 

 

Vous pouvez vérifier à votre tour, c'est très simple : par exemple, pour l'indice 22, est indiqué le type de calcul à faire : L28 divisé par L27 ; il suffit de se reporter à la partie gauche du tableau où sont indiquées les mesures : pour Carjat 2, L28 = 40,8 et L27 = 54,76 ; ce qui donne 40,8 divisé par 54,76 multiplié par 100 = 74,5 et non 37,98...

 

Autre exemple, le tableau de la dernière comparaison - Coin de table à Aden/photo de Sheik-Othman - où, en plus des corrections des opérations, j'ai ajouté les indices qui pouvaient être calculés mais qui, par un étrange oubli de Brice Poreau, ne l'on pas été... Encore une fois, le score change beaucoup !

 

 

 

Sur son blog, Circeto a tout recalculé en corrigeant les erreurs, mais aussi en changeant la méthode d'addition - très critiquable - de toutes les différences : il ne tient pas compte, avec logique, des signes négatifs et positifs. Le résultat est très intéressant.

J'ai, pour ma part, refait les calculs, avec les corrections, mais en gardant la méthode d'addition, afin de voir quel rapport aurait dû rendre Brice Poreau s'il n'avait pas commis ces tristes erreurs de calcul... Le résultat est également très intéressant.
Tous les scores de similarité sont alors supérieurs, sauf pour celui censé valider la fiabilité de la biométrique de similarité. Voyez plutôt :

 

- comparaison Coin de table à Aden/Carjat 1 : 92,5 % au lieu de 88% ;
- comparaison Coin de table à Aden/Carjat 2 : 100% au lieu de 90% !!!

 

Il est important, ici, de commenter. Le score de 100% est normalement, selon Brice Poreau lui-même, impossible à atteindre. Surtout dans la comparaison de la photo d'un adulte et de celle d'un enfant... : « la différence d'âge induit des modifications morphologiques plus importantes ». Mais ce score est même impossible à atteindre pour deux photos prises le même jour : ainsi Brice Poreau n'arrive-t-il pour la comparaison Carjat 1/Carjat 2 qu'à 98%.

 

- comparaison Coin de table à Aden/communion : 98% au lieu de 84%

 

La remarque précédente est valable là aussi : 98% semble un score trop élevé pour la comparaison entre un adulte et un enfant...

 

- comparaison Coin de table à Aden/peinture de Fantin Latour : même score de 85%
- comparaison Coin de table à Aden/photo de Sheik-Othman : 97-98% au lieu de 92 %

 

Les tenants de la thèse Rimbaud sur la photo de l'Hôtel de l'Univers à Aden pourraient bêtement se réjouir de ces résultats corrigés.
Mais il en manque un :

 

- comparaison Carjat 1/Carjat 2 : 92% au lieu de 98% !!!



Cette comparaison qui permettait, avec les calculs erronés, de prouver la fiabilité de la biométrique de similarité, invalide, s'il en était besoin, la valeur d'une telle étude.

 

Reste une interrogation. Comment justifier des erreurs aussi grossières dans les calculs ? Je ne vois que deux explications :

 

- Brice Poreau n'est pas familier avec l'informatique, il préfère réaliser ses opérations à la main ; or, pas de chance, il est nul en maths et commet bourde sur bourde... Une telle maladresse implique un autre soupçon : et si Brice Poreau était aussi nul pour placer les points anatomiques sur les visages ?

- tout est bidouillé, les erreurs sont volontaires, pour arriver à des résultats choisis d'avance.
Et pourquoi pas ?

 

Imaginons ce qui s'est passé :
On a d'abord pensé à un score de 100% entre Coin de table à Aden et Carjat 2, dans le but de valider une certaine thèse. Les mesures - invérifiables - ont été bidouillées dans ce sens. On a fait à peu près la même chose entre Coin de table à Aden et la photo de Sheik-Othman. Puis on s'est dit que, tout de même, des résultats de 100% et 98% paraîtraient on ne peut plus louches ! Et qu'il faudrait sans doute glisser quelques erreurs dans les calculs, afin de rendre les scores plus probables. C'est devenu carrément nécessaire quand on s'est aperçu que la comparaison censée valider la méthode n'atteignait que le médiocre score de 92% !

Je dis ça, je dis rien...

Classé dans : Lectures - Mots clés : Arthur Rimbaud, Jean-Jacques Lefrère, photographie, Libraires associés, presse, Brice Poreau - 3 commentaires

étroite intime 23 : Milli

Rédigé par Grégory Haleux - 17 mai 2014 19:27

 

 

étroite intime 23 : Milli
Aquarelle et encre de Chine. 29 x 21 cm.

Classé dans : Dessins - Mots clés : étroite intime, aquarelle - aucun commentaire

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